OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2003 > Octobre > Sommet de l’information : La solidarité numérique divise

Sommet de l’information : La solidarité numérique divise

mardi 7 octobre 2003

Fracture numérique/Solidarité numérique

Le Sénégal propose la création d’un fonds alimenté par des contributions volontaires de l’industrie, des Etats et des consommateurs du Nord pour inclure pleinement les pays du Sud dans la communication mondialisée. Les modalités d’application sont encore floues mais l’idée permet au Sud de dénoncer la multiplication d’objectifs ambitieux sans argent pour les financer.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade est connu pour son sens poussé de la formule… sans que les actes suivent, ajoutent ses détracteurs. Pourtant, le fonds de solidarité numérique proposé en février par le chef d’Etat africain a refait puissamment surface en septembre à Genève, lors du troisième comité de préparation au Sommet mondial sur la société de l’information (Smsi) qui se tiendra en décembre en Suisse. Une manière de riposter aux projets mirifiques que les gouvernements alignent actuellement pour combler le « fossé numérique », entre 2005 et 2015. Sans préciser nulle part d’où viendront les milliards de dollars nécessaires à la constitution d’un réseau hertzien desservant 100 % de la population du globe et à la connexion de tous les villages, hôpitaux, centres de santé, universités, écoles secondaires et primaires du monde.

Pour l’instant, les poids lourds du Nord et les géants de l’industrie informatique et des télécommunications se contentent de hausser les épaules devant le projet sénégalais : ce nouveau fonds est inutile et impossible à mettre en œuvre selon eux. Mais beaucoup de pays du Sud ont déjà adopté l’idée, dont le premier mérite est de susciter le ralliement du Sud en vue d’un Sommet de l’information qui risque de tourner en rond.

Abdoulaye Wade, chantre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), n’a certainement pas apprécié l’accueil poli mais discret réservé en février à son initiative. La délégation sénégalaise a donc mis le paquet en septembre à Genève. « Ils sont déchaînés. Ils doivent absolument ramener des résultats à Dakar », relevaient quelques observateurs goguenards dans les couloirs de la conférence. Conférences de presse, interventions en plénière, présentation aux Ong de la société civile, rencontres biltatérales avec les représentants des Etats-Unis, de l’Union européenne, du Japon, de la Suisse comme pays hôte : les Sénégalais ont défendu leur projet bec et ongles. Et les résultats ont suivi : « Le principe de solidarité numérique a été accepté et sauf revirement spectaculaire, il va figurer en très bonne place au cœur de la Déclaration de principe du Smsi », annonçait le 19 septembre Mamadou Diop Decroix, ministre sénégalais de la Communication.

Pas d’accord

Toutefois, pour l’heure, tout ce qui évoque un agenda de la solidarité économique, sans parler précisément du fonds, est placé entre parenthèses dans les textes du Sommet, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’accord définitif.

Les adversaires d’un nouveau fonds ont tout de suite parlé d’une taxe Tobin sur les télécommunications. Cet impôt infinitésimal sur chaque transaction financière sert régulièrement d’épouvantail depuis trois décennies dans les débats sur le financement du développement. L’ensemble des pays riches y voit une utopie tiers-mondiste inapplicable techniquement. La comparaison entre les deux projets s’arrête cependant à leur ambition car les contributions au fonds numérique sont, elles, volontaires : elles pourraient venir des fabricants d’ordinateurs, des concepteurs de logiciels, des opérateurs télécoms (1 centime par communication) ou simplement des consommateurs individuels prêts à verser 1 dollar supplémentaire lors de l’achat de leur équipement. Il est encore difficile de préciser comment organiser et contrôler cette grande récolte. Le ministre sénégalais de la Communication a promis que son gouvernement allait rapidement demander une vaste étude de faisabilité pour y voir plus clair.

L’industrie informatique et des télécoms ne veut pas en entendre parler. L’Union européenne et le Japon y sont également opposés : ils estiment qu’une réorganisation des mécanismes de financement du développement suffira mais tout le monde peine à les croire. La Suisse a fait une contre-proposition : elle souhaite la mise en place de stratégies nationales cohérentes du Sud en matière de communication, à même d’attirer les investissements privés et la bienveillance de donateurs étrangers.

Qui gère les fonds ?

Quant aux Etats-Unis, ils feraient preuve d’une « neutralité positive » selon Mamadou Diop Decroix. Ils butent principalement sur la gestion de ce fonds par une fondation. Les Sénégalais ont imaginé un dispositif avec trois représentants par continent - un d’un gouvernement, un du secteur privé, un autre de la société civile - agréés par le secrétaire général de l’Onu. Solutions de repli : une gestion directe par l’Union internationale des télécommunications ou par le groupe de travail de l’Onu sur les technologies de l’information et de la communication (ICT Taskforce).
Beaucoup d’observateurs se demandent quels seront les critères géographiques d’attribution des recettes. Ils craignent d’avance une incontrôlable foire d’empoigne. Quant aux nombreuses Ong très actives autour du Sommet, elles soutiennent totalement cette approche de solidarité, tout en demandant une gestion transparente et des coûts d’administration aussi bas que possibles. Elles souhaitent également que l’argent n’aille pas seulement aux infrastructures et aux nouvelles technologies, mais qu’il appuie aussi les efforts dans l’éducation de base.

L’initiative sénégalaise a par contre reçu un soutien unanime sur le continent africain, et important dans le monde arabe, en Amérique latine et dans quelques pays d’Asie. Au moment où la diplomatie multilatérale est au plus bas, après le ras-le-bol de Cancun où le Sud a fait bloc, le fonds de solidarité numérique pourrait bien être le symbole de ralliement des pays du Sud lors du Smsi.

Fabrice Boulé

(Source : SYFIA Octobre 2003)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6757/7719 Régulation des télécoms
  • 525/7719 Télécentres/Cybercentres
  • 5137/7719 Economie numérique
  • 2684/7719 Politique nationale
  • 7450/7719 Fintech
  • 787/7719 Noms de domaine
  • 2930/7719 Produits et services
  • 2303/7719 Faits divers/Contentieux
  • 1142/7719 Nouveau site web
  • 7719/7719 Infrastructures
  • 2714/7719 TIC pour l’éducation
  • 282/7719 Recherche
  • 368/7719 Projet
  • 5263/7719 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2893/7719 Sonatel/Orange
  • 2471/7719 Licences de télécommunications
  • 433/7719 Sudatel/Expresso
  • 1506/7719 Régulation des médias
  • 2002/7719 Applications
  • 1625/7719 Mouvements sociaux
  • 2520/7719 Données personnelles
  • 214/7719 Big Data/Données ouvertes
  • 899/7719 Mouvement consumériste
  • 546/7719 Médias
  • 992/7719 Appels internationaux entrants
  • 2500/7719 Formation
  • 141/7719 Logiciel libre
  • 3245/7719 Politiques africaines
  • 1503/7719 Fiscalité
  • 254/7719 Art et culture
  • 904/7719 Genre
  • 2841/7719 Point de vue
  • 1563/7719 Commerce électronique
  • 2239/7719 Manifestation
  • 477/7719 Presse en ligne
  • 186/7719 Piratage
  • 309/7719 Téléservices
  • 1444/7719 Biométrie/Identité numérique
  • 483/7719 Environnement/Santé
  • 534/7719 Législation/Réglementation
  • 543/7719 Gouvernance
  • 2709/7719 Portrait/Entretien
  • 218/7719 Radio
  • 1154/7719 TIC pour la santé
  • 425/7719 Propriété intellectuelle
  • 87/7719 Langues/Localisation
  • 1659/7719 Médias/Réseaux sociaux
  • 3123/7719 Téléphonie
  • 293/7719 Désengagement de l’Etat
  • 1578/7719 Internet
  • 174/7719 Collectivités locales
  • 627/7719 Dédouanement électronique
  • 1762/7719 Usages et comportements
  • 1572/7719 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 839/7719 Audiovisuel
  • 4951/7719 Transformation digitale
  • 579/7719 Affaire Global Voice
  • 261/7719 Géomatique/Géolocalisation
  • 489/7719 Service universel
  • 994/7719 Sentel/Tigo
  • 261/7719 Vie politique
  • 2431/7719 Distinction/Nomination
  • 51/7719 Handicapés
  • 1062/7719 Enseignement à distance
  • 1156/7719 Contenus numériques
  • 882/7719 Gestion de l’ARTP
  • 269/7719 Radios communautaires
  • 2739/7719 Qualité de service
  • 695/7719 Privatisation/Libéralisation
  • 200/7719 SMSI
  • 728/7719 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4091/7719 Innovation/Entreprenariat
  • 2043/7719 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7719 Internet des objets
  • 256/7719 Free Sénégal
  • 1270/7719 Intelligence artificielle
  • 292/7719 Editorial
  • 15/7719 Gaming/Jeux vidéos
  • 40/7719 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous