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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2015 > Décembre 2015 > Maguette Pathé Guèye, Co-fondateur & Directeur général de KIWI

Maguette Pathé Guèye, Co-fondateur & Directeur général de KIWI

jeudi 3 décembre 2015

Portrait/Entretien

Pouvez-vous vous présenter ?

Maguette Pathé GUEYE, du groupe 2SI où je dirige la filiale Kiwi SARL.
De formation ingénieur en Informatique, je suis diplômé de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar (ESP) puis de l’Ecole Supérieure en Sciences Informatiques (ESSI, aujourd’hui Polytech Nice Sophia) de Sophia Antipolis en France où j’ai obtenu un diplôme de spécialisation en Génie Logiciel.

Après ma formation, j’ai acquis une bonne expérience en revenue management puis surtout dans les services transactionnels, notamment dans la monétique dans le où pendant près de dix (10) ans j’ai été successivement ingénieur études, chef de projets puis chef de produits monétiques.

D’où est venue cette envie d’entreprendre ?

Surtout d’une grande envie de liberté ! Pour moi c’est d’abord une grande opportunité de pouvoir vivre pleinement ma passion qui est de concevoir et d’implémenter des services et des solutions informatiques. Une grande liberté aussi parce qu’en prenant l’option de l’entrepreneuriat, on prend l’option d’avoir en mains son destin avec tout ce que cela comporte comme choix d’investissement ou d’innovation, comme risques et opportunités.
C’est toujours avec une grande fierté que nous mettons en production des solutions …

En rejoignant le groupe 2SI enfin, j’ai eu l’occasion d’allier mon expérience à celle d’un groupe qui connait bien le marché local et ouest africain pour développer des solutions adaptées à notre environnement.

Parlez-nous de votre entreprise ? Secteur d’activité ? Solution ? A quel besoin/problème répondez-vous ?

Nous avons créé Kiwi en janvier 2013. Elle est la deuxième filiale du Groupe 2SI après ProSE spécialisée dans les outils et solutions de suivi évaluation.
L’idée est simple : filialiser permet de rendre autonomes certaines activités dont nous croyons au potentiel en les dotant de moyens d’adresser correctement leur marché.

Kiwi n’a pas été en reste. Dès nos débuts nous avons repris les activités de services à valeur ajoutée autour du SMS du groupe avec la plateforme 2SMOBILE sur laquelle nous travaillons en partenariat avec Orange depuis 2007.

Nous avons ainsi travaillé à la refonte des applications de cette plateforme qui existait depuis 2007 et renforcé l’équipe qui travaille dessus pour mieux répondre aux besoins d’innovation du marché. Les clients de cette plateforme peuvent échanger toutes sortes d’informations avec leurs partenaires. Cela va des notifications de soldes ou d’opérations pour les banques clientes, des notifications sur des événements de la vie scolaire de leurs établissements pour les écoles, des systèmes de voting, la monétisation de flux d’informations, etc. En somme toute possibilité d’échange que nous permettent le SMS et les numéros courts.

De plus, nous avons diversifié les moyens d’accéder à ces services. Aujourd’hui, le client peut faire par exemple ses envois de sms depuis son interface web, à la façon d’un webmail, mais aussi directement de son application ou de son système d’information par FTP, XML, JSON, HTTP pour ne citer que ceux là.

Nous investissons aussi beaucoup d’efforts dans la conception et l’implémentation de solutions et services pour le monde de l’éducation.
L’expérience acquise dans ce domaine nous a permis d’accompagner le Ministère de l’Education Nationale dans la réalisation et l’exploitation d’une application de gestion d’établissements de l’enseignement moyen secondaire général. Il s’agissait de mettre en place une solution standard et de référence pour la gestion de ces établissements. Nous avons aidé le Ministère de l’éducation nationale à enrôler près de 400 établissements sur cette plateforme en deux années scolaires.

Depuis mi-juin, nous refaisons un focus particulier sur nos propres initiatives à travers la plateforme Univers Edu, une suite d’applications de gestion de parcours étudiant et vie scolaire, de gestion financière pour les établissements privés.

Nous avons lancé un pilote depuis la rentrée 2015-2016 avec une cinquantaine d’établissements privés.

En êtes-vous l’unique promoteur ?

Non, comme évoqué plus tôt, nous sommes une filiale du groupe 2SI avec sept associés autour de Kiwi.

Qui sont vos co-fondateurs ?

Les mêmes que le groupe 2SI…. Des promotionnaires de l’ESP qui ont tous une grande vocation d’entrepreneur.

Combien d’emplois avez-vous créé ?

Nous sommes une petite équipe d’une grande qualité chez Kiwi. Huit (8) ingénieurs composent notre équipe technique et nous profitons des ressources du groupe dans les phases de projet qui requièrent beaucoup plus de ressources.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Ou rencontrez-vous au quotidien ?

Nos principaux challenges sont d’avoir un time to market très court, des ressources de qualité et des partenaires de qualité dans la distribution de nos services.

Nous arrivons tant bien que mal à relever les deux premiers grâce à la standardisation de nos processus de développement, de la conception à la mise en service, en passant par les tests d’intégration et de performances sur nos applications.

Cependant ce qui est moins évident c’est de nouer des collaborations franches ou nous faire accompagner par des partenaires de qualité qui ont souvent leur propre stratégie… et qui nous trouvent souvent trop petit.

Un produit phare ?

Nous pouvons citer ceux qu’on à déjà évoqués ci-dessus… 2smobile, plateforme de services à valeur ajoutée autour du SMS et Univers Edu, suite d’applications pour les établissements scolaires.

Quel est votre regard sur le marché local ?

Dans notre domaine d’activité, le marché local est très concurrentiel … mais avec beaucoup d’opportunités… ici tout est à faire !

Si l’on ne s’en rend pas compte, l’arrivée de grandes SSII et de grands investisseurs est là pour nous le rappeler.

Ceci dit, la relation client est faite de beaucoup de pédagogie.
La clé reste quand même le time to market, il faut pouvoir tester rapidement ses idées.

Que pensez-vous du marché des TIC au Sénégal ?

Le marché des TIC au Sénégal est de plus en plus prometteur. Comme je vous disais plus tôt, il y a beaucoup de projets à mener dans les administrations, pour le service public, dans les domaines comme l’éducation, la santé et l’agriculture.

De plus, les initiatives qui promeuvent les idées de projets sont de plus en plus nombreuses. Tous les ans de nombreux concours et challenges permettent de faire éclore beaucoup de jeunes entreprises.

Il ne reste plus qu’à espérer que toute cette dynamique soit bien perçue par nos gouvernements qui peuvent nous permettre d’aller encore plus loin en mettant en place l’environnement qui renforcera et pérennisera tout cela.

Pensez-vous que le numérique puisse être un accélérateur de croissance au Sénégal ?

Il va s’en dire, à mon avis. Gain de temps, bonne gouvernance, accompagnement des grands projets de l’Etat … Le numérique ne peut être qu’un accélérateur de croissance pour nos pays.

Depuis combien de temps êtes vous incubés chez CTIC Dakar ? Votre ressenti ? Des attentes ?

Nous sommes incubés au CTIC depuis un an et c’est un lieu d’échanges favorisant l’innovation et d’excellentes idées pour développer nos entreprises. Il urge pour le bien du secteur que des incubateurs comme le CTIC soient eux aussi accompagnés et dotés de moyens à la hauteur des ambitions portées sur le développement des TIC dans notre pays.

Quel rôle peuvent jouer des entreprises comme la votre dans l’éclosion d’un secteur économique à fort potentiel ?

Que dire ? Je pense que nous avons tous les mêmes objectifs : faire en sorte que nos produits et services en plus de nous faire grandir, soient de qualité et contribuent à la qualité de la « destination Sénégal » en termes de savoir-faire.

Il faudrait aussi renforcer les axes de collaboration entre nos différentes entreprises et faire en sorte de devenir, pour nos plus jeunes frères, les modèles qui nous ont permis de rêver de grandes entreprises.

(Source : Social Net Link, 3 décembre 2015)

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