OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2021 > La responsabilité de l’intellectuel africain à l’ère de l’internet : Pour (…)

La responsabilité de l’intellectuel africain à l’ère de l’internet : Pour une éthique de notre présence en ligne

jeudi 3 juin 2021

Point de vue

En surfant sur la toile, en interagissant avec d’autres internautes, l’on devrait prendre conscience du pouvoir complexe du monde numérique et tâcher de rentabiliser les opportunités qu’il offre, en réduisant ses effets destructeurs sur la construction des sociétés multiethniques et multiraciales dont l’humanité fait de plus en plus l’expérience.

Le Négro-africain a le devoir impérieux de ne pas perdre de vue sa situation. Pour ce faire, il ne peut manquer de s’interroger : quel est le poids économique, politique, scientifique, artistique et littéraire de l’Afrique dans le monde, aujourd’hui ?

Plus qu’un questionnement théorique, cette interrogation devrait être le motif principal de notre engagement quotidien en vue de contrer les tentatives impérialistes d’effacement de notre présence dans le concert des nations.

Les enjeux de notre écriture sur la toile

De toute évidence, le poids du notre continent dans le volume global des acteurs et produits en ligne est négligeable. Elle est, à l’image de la connectivité générale d’internet (le taux d’utilisation d’internet) de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et de la part de l’Afrique dans le commerce mondial, de moins de 5%. L’absence d’équipements technologiques et la misère rampante d’une Afrique pillée par les États artificiellement opulents amplifie un double gap, le gap des savoirs et de la circulation classique des informations, et le gap numérique. C’est ce défi de la production et de la circulation des avoirs, des savoirs et des savoir-faire que l’intelligentsia africaine et les industriels du continent de notre temps doivent relever,
prioritairement. Nous ne saurions nous contenter d’une simple lapalissade, en reprenant, à notre compte, lemot de Joseph Ki-Zerbo : « l’Afrique a une science ».

En effet, par leurs travaux scientifiques, nos plus grands esprits ont montré que la science, les lettres, les arts et l’histoire de l’Afrique en général, ne sont pas à évaluer à partir de la question raciale, surannée, de l’aptitude de l’Africain à penser (lui-aussi !) et à produire le beau.

Ce qui doit être analysé, ce sont la nature, la validité méthodologique, la transférabilité des contenus et la portée des innovations que conduisent les artistes, les écrivains et les scientifiques africains dans leurs bureaux et dans les laboratoires des universités et centres de recherche.

La crise des fondamentaux de la science, des lettres et des arts africains doit être le prétexte d’un travail de développement d’une écriture de soi des Africains qui se renouvelle et s’enrichit à travers des générations successives d’intellectuels, chacune d’elles établissant la solidité et la permanence des bases théoriques et des outils technos-scientifiques autour desquelles devrait se construire l’Afrique de demain.

Écrire, surfer, c’est manifester sa présence ; c’est défendre son humanité ; c’est se produire comme liberté à la face de tous les autres « Moi ». Rappelons-nous : au sortir de la seconde Guerre mondiale, lorsqu’il a fallu défendre les libertés et l’identité africaines, alors que l’édition papier était à son apogée, des intellectuels africains et leurs confrères des autres continents, « penseurs du Monde noir », à l’initiative d’Alioune Diop et de quelques figures tutélaires de notre émancipation, ont créé la revue Présence africaine.

Ce faisant, cette écriture de soi rendait compte des évolutions de nos élaborations dans la structuration de la pensée africaine des siècles passés, la pensée étant, comme le dit très remarquablement Marcien Towa, l’aiguillon de tout projet historiographique pérenne.

Le problème qui se pose à nous, maintenant, est de savoir comment se produire intellectuellement, socialement et économiquement, dans nos temps dits « postmodernes », lorsqu’on est en permanence happé par des flux d’informations qui nous traversent de part en part et nous ignorent tout à la fois.

Le voyage vers notre esprit

L’Internet, en tant que produit de la puissance militaire occidentale, ne vise pas nécessairement à élargir le champ du possible en nous disposant à exiger l’impossible, au sens où on entend cette expression chez le Che, c’est-à-dire, l’accomplissement pratique de l’Homme ou la victoire des sous-hommes sur les dictatures tropicales et l’impérialisme transnational.

Il induit plutôt une triple révolution : elle est artistique, scientifique et humaine. Au niveau artistique, technique et scientifique, nous assistons à une transformation radicale des usages qui se traduit par la célérité, l’efficacité dans la recherche et les avantages divers que l’interdisciplinarité de l’Internet induit (les nouvelles formes d’éditorialisation, l’usage des tablettes tactiles par les orchestres philarmoniques, etc.) ; au niveau humain, le Web a transformé nos habitudes et nos modes de penser. Surtout, il requalifie et redimensionne les relations interhumaines et interraciales.

À l’aurore du 21e siècle, il faut maintenir une tension entre une habitude développé depuis des millénaires – l’usage de l’écriture depuis l’Ancienne Egypte – et les récentes modalités d’expression qu’actualise le numérique. C’est à partir de ce clair-obscur qu’il nous échoit la responsabilité de poursuivre l’écriture des pages de l’histoire de notre littérature, de nos arts et de nos sciences, aujourd’hui.

Les modalités de cette écriture peuvent se rapporter, dans certains cas, à l’édition papier ; mais elles doivent, prioritairement, s’adapter aux nouvelles formes d’éditoralisation qu’actualisent les technologies de l’information et de la communication.

À cet égard, il faut observer que, quoique l’ingénierie numérique ait poussé les limites de la mémoire humaine en décuplant les capacités de stockage et de recyclage des métadonnées, l’homme n’est pas à l’abri d’un cataclysme qui paralyserait les centrales informatiques de gestion du Big Data.

Aussi recommandons-nous, outre la maîtrise de la technologie du hardware et le management des métadonnées, le perfectionnement des techniques millénaires de la sculpture sur pierres. Depuis l’Égypte pharaonique, des inscriptions gravées sur des parois des monuments rocheux ont permis à l’être humain de traverser le temps, en laissant des traces indélébiles de son histoire, pour le bonheur de ses descendants.

Au final, une entreprise aussi critique que celle que nous amorçons sur la toile, qui traduit le refus radical de coïncider avec soi, la quête inlassable du sens et de la matière des choses existantes, le regard sans concession devant le cours de notre histoire, etc. mobilise toutes les facultés, aussi bien l’entendement que l’affectivité.

Le Négro-africain doit penser, au sens cartésien du terme, c’est-à-dire douter, concevoir, affirmer, nier, vouloir, ne pas vouloir, imaginer, sentir, car il lui revient de pister le bien, le beau ou l’authentique, et de le problématiser, à travers un effort d’analyse très ciblé et complexe. Cela engage, non seulement ses intuitions propres, mais aussi le contenu subtil des intentions autres et la matière pâteuse des affects dont rendent compte les faits et les évènements dont il fait l’expérience.

D’où l’intérêt de l’interdisciplinarité dans l’analyse des expériences historiques fondatrices et le besoin de vulgariser de celles-ci. Nous devons mobiliser tous les savoirs et savoir-faire, les sciences humaines et sociales dans le projet d’éditorialisation de notre vécu : sciences humaines et sociales, littérature, arts, esthétique, philosophique, informatique, et autres.

L’enjeu de ce voyage vers notre esprit, et dans notre, peau est d’inscrire le travail de communication interculturelle dans le temps, afin que les citoyens et les peuples se découvrent réciproquement et apprennent à se comprendre au moyen de l’exorcisation de leur imaginaire et de leur oubli respectifs.

Fridolin NKE [1]

(Source : Digital Business Africa, 3 juin 2021)


[1] Expert en discernement

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2174/2513 Régulation des télécoms
  • 173/2513 Télécentres/Cybercentres
  • 1701/2513 Economie numérique
  • 870/2513 Politique nationale
  • 2513/2513 Fintech
  • 256/2513 Noms de domaine
  • 950/2513 Produits et services
  • 726/2513 Faits divers/Contentieux
  • 368/2513 Nouveau site web
  • 2436/2513 Infrastructures
  • 863/2513 TIC pour l’éducation
  • 93/2513 Recherche
  • 121/2513 Projet
  • 1690/2513 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 926/2513 Sonatel/Orange
  • 792/2513 Licences de télécommunications
  • 137/2513 Sudatel/Expresso
  • 505/2513 Régulation des médias
  • 642/2513 Applications
  • 524/2513 Mouvements sociaux
  • 813/2513 Données personnelles
  • 63/2513 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2513 Mouvement consumériste
  • 180/2513 Médias
  • 321/2513 Appels internationaux entrants
  • 818/2513 Formation
  • 47/2513 Logiciel libre
  • 1028/2513 Politiques africaines
  • 489/2513 Fiscalité
  • 83/2513 Art et culture
  • 290/2513 Genre
  • 852/2513 Point de vue
  • 526/2513 Commerce électronique
  • 731/2513 Manifestation
  • 159/2513 Presse en ligne
  • 62/2513 Piratage
  • 102/2513 Téléservices
  • 456/2513 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2513 Environnement/Santé
  • 168/2513 Législation/Réglementation
  • 176/2513 Gouvernance
  • 876/2513 Portrait/Entretien
  • 72/2513 Radio
  • 384/2513 TIC pour la santé
  • 138/2513 Propriété intellectuelle
  • 29/2513 Langues/Localisation
  • 532/2513 Médias/Réseaux sociaux
  • 974/2513 Téléphonie
  • 95/2513 Désengagement de l’Etat
  • 505/2513 Internet
  • 57/2513 Collectivités locales
  • 204/2513 Dédouanement électronique
  • 565/2513 Usages et comportements
  • 514/2513 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2513 Audiovisuel
  • 1564/2513 Transformation digitale
  • 191/2513 Affaire Global Voice
  • 78/2513 Géomatique/Géolocalisation
  • 168/2513 Service universel
  • 330/2513 Sentel/Tigo
  • 87/2513 Vie politique
  • 766/2513 Distinction/Nomination
  • 17/2513 Handicapés
  • 355/2513 Enseignement à distance
  • 341/2513 Contenus numériques
  • 292/2513 Gestion de l’ARTP
  • 89/2513 Radios communautaires
  • 887/2513 Qualité de service
  • 222/2513 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2513 SMSI
  • 236/2513 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1450/2513 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2513 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2513 Internet des objets
  • 85/2513 Free Sénégal
  • 294/2513 Intelligence artificielle
  • 97/2513 Editorial
  • 2/2513 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2513 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous