OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Octobre 2025 > Interopérabilité de la BCEAO : une innovation à double face aux défis (…)

Interopérabilité de la BCEAO : une innovation à double face aux défis révélateurs

mercredi 1er octobre 2025

Fintech

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient de franchir une étape très importante avec le lancement de sa Plateforme d’Interopérabilité des Systèmes de Paiement Instantané (PI-SPI). Présentée comme le chaînon manquant de l’inclusion financière dans l’UEMOA, cette infrastructure devait enfin permettre aux 209 millions de comptes de monnaie électronique de dialoguer entre eux, sans barrière ni intermédiaire.

Mais une ombre plane sur cette avancée majeure : l’absence criante de plusieurs mastodontes de la fintech et de grandes banques régionales. Une absence qui jette le doute sur la capacité de ce projet à tenir toutes ses promesses.

Un projet révolutionnaire sur le papier

Jusqu’ici, les écosystèmes financiers de l’UEMOA ressemblaient à des « îles isolées ». Transférer de l’argent d’un compte bancaire vers un portefeuille mobile, ou d’un opérateur de mobile money à un autre, relevait du parcours du combattant.

Avec la PI-SPI, les barrières devaient tomber. un commerçant ivoirien pourrait être payé directement par un client sénégalais, quel que soit leur prestataire. Un travailleur malien pourrait envoyer de l’argent instantanément à sa famille au Burkina Faso, sans passer par les circuits informels.

Les chiffres illustrent le potentiel : selon l’UEMOA, le nombre de comptes de monnaie électronique est passé de 157 millions en 2022 à 209 millions en 2023 (+33 %). La Côte d’Ivoire domine avec 81 millions de comptes (39 %), suivie du Sénégal (18 %) et du Bénin (15 %). Sur le papier, l’interopérabilité pouvait transformer ces chiffres en un véritable marché intégré.

Les grands absents : un paradoxe inquiétant

C’est là que le bât blesse. La liste des institutions accréditées par la BCEAO révèle des absences troublantes. Plusieurs acteurs majeurs, qui contrôlent pourtant des millions de comptes et traitent des milliards de francs CFA chaque jour, manquent à l’appel.

Pourquoi ? Les hypothèses abondent. Certains évoquent un problème de sécurités de la plateforme de la Banque centrale. D’autres pointent une logique économique stratégique pour bien se préparer avant l’intégration.

« Quand les principaux acteurs ne sont pas à bord, soit le navire a un problème, soit on leur a fermé autrement la porte », confie un spécialiste du secteur. « Dans les deux cas, c’est toute la mission qui est compromise. »

Des défis techniques, économiques et réglementaires

L’absence de ces poids lourds ne s’explique pas uniquement par des rivalités commerciales. Les défis liés à l’interopérabilité sont colossaux.

Le casse-tête de la cybersécurité

Chaque connexion entre systèmes financiers constitue une potentielle faille. Dans une région où la cybercriminalité explose, une brèche dans la plateforme pourrait compromettre des millions de données sensibles. Les API – ces passerelles informatiques censées faire dialoguer les systèmes – doivent être harmonisées et sécurisées, une tâche titanesque.

Une équation économique délicate

L’interopérabilité menace mécaniquement les marges des opérateurs dominants. Un géant du mobile money qui détient 70 % des transactions dans un pays n’a aucun intérêt à ouvrir son réseau à la concurrence. Trouver une grille tarifaire qui satisfasse à la fois banques, fintechs et télécoms relève donc de la quadrature du cercle.

Un labyrinthe réglementaire

Chaque institution devra assurer chiffrement, traçabilité et authentification des flux. À l’échelle régionale, l’harmonisation des règles reste un casse-tête, alors que les pays de l’UEMOA affichent encore de fortes disparités technologiques et législatives.

Un enjeu stratégique majeur

Au-delà des défis techniques, l’interopérabilité touche à des enjeux stratégiques.

Inclusion financière  : si les plateformes les plus utilisées par les populations rurales restent en dehors du système, l’objectif d’élargir l’accès aux services financiers restera lettre morte.

Souveraineté monétaire  : la BCEAO espère reprendre la main face aux géants technologiques et aux opérateurs privés qui dominent le marché. Mais sans adhésion universelle, le risque est de voir émerger un système dual – officiel mais sous-utilisé, face à des réseaux privés toujours plus puissants.

Compétitivité régionale  : l’UEMOA veut rivaliser avec l’Afrique de l’Est, pionnière avec M-Pesa et des solutions d’interopérabilité précoces. Mais sans cohésion, le rêve d’un marché digital ouest-africain intégré restera théorique.

Sortir de l’impasse : quelles solutions ?

Pour transformer ce pari risqué en succès, plusieurs pistes se dessinent :

– Organiser un dialogue inclusif avec tous les acteurs, y compris les absents, pour identifier blocages et solutions.

– Renforcer massivement la cybersécurité, avec audits réguliers et protocoles d’urgence.

– Mettre en place un modèle économique équitable, via des tarifs dégressifs ou un fonds de compensation.

– Déployer progressivement la plateforme, en intégrant les acteurs volontaires d’abord, puis les récalcitrants.

– Harmoniser le cadre juridique régional, notamment sur la protection des données et la responsabilité en cas de fraude.

– Lancer une campagne d’éducation financière pour convaincre les populations et bâtir la confiance.

Une marche forcée vers l’avenir

L’interopérabilité n’est pas un luxe, mais une nécessité stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. Elle pourrait libérer le potentiel de 209 millions de comptes, faciliter la vie des commerçants, des travailleurs migrants, des agriculteurs et consolider la souveraineté financière régionale.

Mais une innovation ne vaut que par l’adhésion de tous ses acteurs. La BCEAO se trouve face à un choix : imposer sa vision, au risque d’un rejet massif, ou co-construire un modèle plus inclusif.

Dans un écosystème aussi sensible que celui des paiements, l’histoire récente a prouvé que les succès les plus durables – comme M-Pesa au Kenya – sont nés d’une alliance entre régulateurs et acteurs privés. L’interopérabilité BCEAO mérite la même alchimie. Car dans ce pari à double face, l’avenir dira si la zone UEMOA a posé la première pierre d’une révolution financière, ou si elle a ouvert une brèche qui fragilise encore davantage son édifice monétaire.

(Source : Social Net Link, 1er octobre 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4291/5042 Régulation des télécoms
  • 346/5042 Télécentres/Cybercentres
  • 3761/5042 Economie numérique
  • 1907/5042 Politique nationale
  • 5042/5042 Fintech
  • 514/5042 Noms de domaine
  • 1991/5042 Produits et services
  • 1459/5042 Faits divers/Contentieux
  • 729/5042 Nouveau site web
  • 4915/5042 Infrastructures
  • 1693/5042 TIC pour l’éducation
  • 186/5042 Recherche
  • 243/5042 Projet
  • 3262/5042 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1762/5042 Sonatel/Orange
  • 1657/5042 Licences de télécommunications
  • 280/5042 Sudatel/Expresso
  • 1031/5042 Régulation des médias
  • 1294/5042 Applications
  • 1151/5042 Mouvements sociaux
  • 1660/5042 Données personnelles
  • 126/5042 Big Data/Données ouvertes
  • 596/5042 Mouvement consumériste
  • 361/5042 Médias
  • 645/5042 Appels internationaux entrants
  • 1857/5042 Formation
  • 92/5042 Logiciel libre
  • 2031/5042 Politiques africaines
  • 1161/5042 Fiscalité
  • 166/5042 Art et culture
  • 576/5042 Genre
  • 1692/5042 Point de vue
  • 1000/5042 Commerce électronique
  • 1453/5042 Manifestation
  • 321/5042 Presse en ligne
  • 124/5042 Piratage
  • 204/5042 Téléservices
  • 933/5042 Biométrie/Identité numérique
  • 302/5042 Environnement/Santé
  • 381/5042 Législation/Réglementation
  • 341/5042 Gouvernance
  • 1805/5042 Portrait/Entretien
  • 146/5042 Radio
  • 790/5042 TIC pour la santé
  • 307/5042 Propriété intellectuelle
  • 58/5042 Langues/Localisation
  • 1112/5042 Médias/Réseaux sociaux
  • 1954/5042 Téléphonie
  • 190/5042 Désengagement de l’Etat
  • 1002/5042 Internet
  • 115/5042 Collectivités locales
  • 394/5042 Dédouanement électronique
  • 1144/5042 Usages et comportements
  • 1033/5042 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 552/5042 Audiovisuel
  • 3364/5042 Transformation digitale
  • 383/5042 Affaire Global Voice
  • 170/5042 Géomatique/Géolocalisation
  • 311/5042 Service universel
  • 666/5042 Sentel/Tigo
  • 174/5042 Vie politique
  • 1515/5042 Distinction/Nomination
  • 34/5042 Handicapés
  • 687/5042 Enseignement à distance
  • 679/5042 Contenus numériques
  • 586/5042 Gestion de l’ARTP
  • 178/5042 Radios communautaires
  • 1707/5042 Qualité de service
  • 426/5042 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5042 SMSI
  • 460/5042 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2762/5042 Innovation/Entreprenariat
  • 1322/5042 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5042 Internet des objets
  • 172/5042 Free Sénégal
  • 651/5042 Intelligence artificielle
  • 195/5042 Editorial
  • 22/5042 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous