OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2008 > Mai > L’Etat veut vendre ses bijoux de famille : Les (in)quiétudes des cadres de (…)

L’Etat veut vendre ses bijoux de famille : Les (in)quiétudes des cadres de la Sonatel

vendredi 30 mai 2008

Désengagement de l’Etat

Si l’Etat du Sénégal n’avait plus d’influence sur les décisions du Conseil d’administration de la Sonatel, les conséquences ne se limiteraient pas à une perte de 30 milliards de francs Cfa de dividendes par an. Elles seraient beaucoup plus étendues, et s’étendraient sur le long terme. L’Amicale des cadres de l’entreprise veut inviter à une réflexion profonde sur l’intérêt du pays en la matière.

La volonté exprimée par les autorités sénégalaises de se défaire des actions de l’Etat dans la Société nationale des télécommunications (Sonatel), si elle venait à se réaliser, ferait rater au pays une belle occasion de se placer dans le rang de grandes puissances africaines, dans le domaine des Technologies de l’information et du multimédia. La Sonatel est depuis quelques années, sortie des frontières du pays, pour prendre des parts de marché dans les pays voisins. Si cette politique d’expansion se poursuit, et il n’y a pas de raison objective pour qu’elle s’arrête, l’opérateur traditionnel des télécoms au Sénégal, atteindra bientôt une taille qui pourrait lui permettre de concurrencer demain, les grandes compagnies africaines comme Maroc Telecom, Mtn ou d’autres. Comme le dit justement la secrétaire générale de l’Amicale des cadres de la Sonatel (Ascon), Mlle Solange Bakhoum, « les concurrents de la Sonatel aujourd’hui, ce n’est pas Tigo ou Sudatel quand elle sera là. Non, nos véritables concurrents se trouvent hors du Sénégal ; ce sont ces compagnies qui prennent des parts de marché dans les pays voisins, et essayent de nous confiner dans notre espace, pour nous empêcher de croître ».

Si la Sonatel n’avait pas investi au Mali ou dans les deux Guinées, indique le président de la même structure, M. Gaïdy Ndaw, elle aurait perdu le tiers de ses revenus actuels, et environ la moitié de la croissance de la compagnie. Elle aurait donc été dans l’incapacité de reverser à l’Etat, l’un de ses actionnaires minoritaires, les 30 milliards de francs Cfa de dividendes qu’elle lui a versé pour l’exercice écoulé. Les représentants des cadres de la Sonatel s’interrogeaient, il y a deux jours, sur la pertinence d’un éventuel retrait de l’Etat du capital de la Sonatel. Pour eux, cette décision, si elle devait intervenir, entraînerait plein d’inconvénients et aucun avantage pour le Sénégal. Une absence de l’Etat du tour de table de l’entreprise, leader dans le secteur des télécoms, dont la contribution à l’économie du pays est multiforme, pourrait remettre en question la stabilité du pays, celle de la compagnie, et influer de façon négative sur l’avenir des employés de l’entreprise.

Atout stratégique national

Le président des cadres de rappeler que, sur le plan financier, les chiffres indiquent l’importance de la Sonatel dans l’économie actuelle. Dans le Mémorandum qu’ils ont produit pour appuyer leurs déclarations, les cadres rappellent quelques chiffres. La contribution de la Sonatel au Pib a été, pour l’année dernière, de 6%. L’entreprise a généré près de 12% des recettes fiscales et contribué pour plus de 12% au budget de l’Etat. Plus important encore, au-delà des dividendes reversées aux actionnaires, dont l’Etat, la Sonatel contribue pour plus de 60 milliards de francs Cfa au chiffre d’affaires de près d’un millier de Pme sénégalaises, leur permettant de cette manière de lutter contre la pauvreté et le sous-emploi. Il y a, également, les actions sociales que la compagnie mène à travers la Fondation.

Les lecteurs du journal Le Quotidien se rappellent que c’est le 4 février de cette année que le ministère de l’Economie et des Finances a fait publier dans le journal Le Soleil, un avis d’appel d’offres pour des cabinets de consultance susceptibles d’assister le gouvernement dans le processus de privatisation de certaines sociétés nationales (Voir Le Quotidien n°1525 du mercredi 6 février 2008). Dans la foulée, l’avis annonçait l’intention de l’Etat de vendre ses actions dans la Sonatel. Hormis cette annonce, le personnel de la Sonatel déclare n’avoir jamais été informé d’une manière officielle de la volonté de l’Etat de se défaire de ces « bijoux de famille », comme appellent la Sonatel tous les connaisseurs.

Tous font remarquer qu’en voulant sortir de la Sonatel, l’Etat se prive des moyens d’exercer cette dynamique gouvernance d’entreprise qui lui donne la possibilité d’influer sur les décisions d’investissements de l’entreprise. Le mémo des cadres souhaite : « L’Etat doit garder son influence décisionnelle dans la gouvernance de l’entreprise, afin de promouvoir son efficacité en tant qu’atout stratégique national pour les investissements directs étrangers en ce qui concerne les avantages comparatifs ». L’autre intérêt est celui de la pérennisation de l’essaimage des Pme sénégalaises grâce aux contrats qu’elles gagnent avec la société. Les cadres pensent qu’« une interruption de cette chaîne de valeur vertueuse les ferait brutalement tomber en faillite avec des milliers de pertes d’emplois à la clef, et surtout, peu d’alternatives réelles pour elles de rebondir dans d’autres secteurs ».

En termes de comparaison, les cadres de la Sonatel font valoir que l’Etat français est toujours actionnaire dans le capital de France Télécom. Les rappels à l’ordre de la Commission européenne n’y ont encore rien pu y faire à ce jour. « Le gouvernement français, qui a favorisé l’ouverture du secteur des télécoms à la concurrence dans son pays, préfère payer des amendes à la Commission européenne et garder ses actions dans France Télécom, plutôt que se retirer totalement. Cela n’est certainement pas pour rien », rappelle M. Ndaw. Qui ne comprend pas pourquoi le Sénégal voudrait de son côté, se priver de son atout-maître qu’est la Sonatel.

Mohamed Guèye

(Source : Le Quotidien, 30 mai 2008)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6686/7915 Régulation des télécoms
  • 535/7915 Télécentres/Cybercentres
  • 5171/7915 Economie numérique
  • 2661/7915 Politique nationale
  • 7654/7915 Fintech
  • 793/7915 Noms de domaine
  • 2982/7915 Produits et services
  • 2273/7915 Faits divers/Contentieux
  • 1248/7915 Nouveau site web
  • 7915/7915 Infrastructures
  • 2539/7915 TIC pour l’éducation
  • 290/7915 Recherche
  • 372/7915 Projet
  • 5240/7915 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2725/7915 Sonatel/Orange
  • 2583/7915 Licences de télécommunications
  • 507/7915 Sudatel/Expresso
  • 1504/7915 Régulation des médias
  • 2203/7915 Applications
  • 1669/7915 Mouvements sociaux
  • 2510/7915 Données personnelles
  • 217/7915 Big Data/Données ouvertes
  • 932/7915 Mouvement consumériste
  • 565/7915 Médias
  • 1068/7915 Appels internationaux entrants
  • 2567/7915 Formation
  • 148/7915 Logiciel libre
  • 3333/7915 Politiques africaines
  • 1726/7915 Fiscalité
  • 266/7915 Art et culture
  • 896/7915 Genre
  • 2596/7915 Point de vue
  • 1511/7915 Commerce électronique
  • 2391/7915 Manifestation
  • 584/7915 Presse en ligne
  • 199/7915 Piratage
  • 326/7915 Téléservices
  • 1480/7915 Biométrie/Identité numérique
  • 470/7915 Environnement/Santé
  • 516/7915 Législation/Réglementation
  • 596/7915 Gouvernance
  • 2673/7915 Portrait/Entretien
  • 220/7915 Radio
  • 1196/7915 TIC pour la santé
  • 484/7915 Propriété intellectuelle
  • 90/7915 Langues/Localisation
  • 1653/7915 Médias/Réseaux sociaux
  • 2941/7915 Téléphonie
  • 286/7915 Désengagement de l’Etat
  • 1612/7915 Internet
  • 177/7915 Collectivités locales
  • 612/7915 Dédouanement électronique
  • 2109/7915 Usages et comportements
  • 1608/7915 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 864/7915 Audiovisuel
  • 4883/7915 Transformation digitale
  • 600/7915 Affaire Global Voice
  • 251/7915 Géomatique/Géolocalisation
  • 479/7915 Service universel
  • 1051/7915 Sentel/Tigo
  • 268/7915 Vie politique
  • 2345/7915 Distinction/Nomination
  • 60/7915 Handicapés
  • 1091/7915 Enseignement à distance
  • 1034/7915 Contenus numériques
  • 924/7915 Gestion de l’ARTP
  • 310/7915 Radios communautaires
  • 2800/7915 Qualité de service
  • 673/7915 Privatisation/Libéralisation
  • 216/7915 SMSI
  • 701/7915 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4171/7915 Innovation/Entreprenariat
  • 2271/7915 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7915 Internet des objets
  • 282/7915 Free Sénégal
  • 1189/7915 Intelligence artificielle
  • 311/7915 Editorial
  • 94/7915 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous