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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Février 2026 > ZLECAf : Onafriq et PAPSS simplifient les paiements entre le Nigeria et le Ghana

ZLECAf : Onafriq et PAPSS simplifient les paiements entre le Nigeria et le Ghana

vendredi 6 février 2026

Fintech

En juin 2025, Onafriq avait déjà annoncé un partenariat avec PAPSS pour lancer un service de paiement transfrontalier, d’abord testé sur les transactions sortantes vers le Ghana. L’entreprise déploie désormais un nouveau pilote pour les paiements quittant le Nigeria à destination du Ghana.

Le lundi 2 février, Onafriq Nigeria Payments, fintech agréée par la Banque centrale nigériane, a annoncé un partenariat avec le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Ce partenariat vise à piloter un service qui permet d’envoyer de l’argent d’un portefeuille ou d’un compte au Nigeria vers un bénéficiaire au Ghana. L’enjeu est de faciliter les paiements entre les deux pays en monnaies locales, sans passer par le dollar, afin de soutenir le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

PAPSS, adopté comme plateforme de référence pour la mise en œuvre de la ZLECAf, fonctionne comme une infrastructure commune qui fait circuler et équilibre les paiements entre banques, fintechs et opérateurs de mobile money africains. Il offre une alternative aux circuits traditionnels de correspondants bancaires, souvent plus lents et plus coûteux pour les paiements entre pays. En s’appuyant sur cette plateforme, Onafriq transforme le portefeuille mobile et les comptes bancaires qu’elle connecte en portes d’entrée vers un réseau panafricain de paiements en temps réel.

Ce que cela change pour les petits acteurs du commerce

Aujourd’hui, une PME qui importe du Ghana vers le Nigeria ou inversement utilise le plus souvent des canaux bancaires internationaux, avec plusieurs niveaux de frais, des délais de traitement de plusieurs jours et un passage quasi systématique par le dollar ou l’euro. Ces contraintes pèsent davantage sur les petites entreprises, qui ont moins de marge pour absorber les coûts de change et les retards de paiement.

Le pilote Onafriq–PAPSS propose des paiements quasi instantanés en monnaie locale entre le Nigeria et le Ghana, via des interfaces de portefeuille ou d’application bancaire déjà connues des utilisateurs. Mxolisi Msutwana, directeur général d’Onafriq pour l’Afrique occidentale anglophone, explique : « c’est ainsi que nous ouvrons des couloirs commerciaux bidirectionnels, que nous réduisons les coûts pour les entreprises et que nous donnons aux entreprises africaines les moyens dont elles ont besoin pour commercer en toute confiance dans leur propre devise. La vision est continentale, mais elle commence par des mesures concrètes comme celle-ci ».

Ositadimma Ugwu, directeur des systèmes d’information chez PAPSS, ajoute : « avec cette mesure, nous remettons en question cette mentalité, en donnant aux Nigérians la possibilité d’envoyer de l’argent à leurs voisins aussi facilement qu’ils envoient un SMS ».

Une pièce clé dans la mise en œuvre de la ZLECAf

Selon le rapport « Africa Trade Report 2025 » d’Afreximbank, le commerce intra-africain a atteint 220,3 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 12,4 % par rapport à 2023, mais il reste inférieur au potentiel estimé à 296,3 milliards de dollars. Les auteurs estiment que la ZLECAf peut aider à combler cet écart, à condition d’améliorer aussi les infrastructures financières. Dans ce contexte, des solutions comme PAPSS, associées à des réseaux privés de paiement de masse, sont présentées comme des outils concrets pour transformer les accords commerciaux en échanges réels, soutenant ainsi la mise en œuvre du mandat de la ZLECAf.

« Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) réduit la dépendance aux devises étrangères et améliore l’efficacité du commerce intra-africain, tandis que les écosystèmes nationaux de paiement numérique connaissent une expansion rapide, générant des milliards de dollars de revenus annuels », révèle Afreximbank dans son rapport.

Melchior Koba

(Source : Agence Ecofin, 6 février 2026)

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