La 4G et la 5G gagnent du terrain en Afrique au détriment des générations précédentes. Ces dernières restent pourtant indispensables dans certaines zones. Au Zimbabwe, par exemple, près de 40 % de la population n’est pas encore couverte par la 4G, contre environ 80 % pour la 5G.
Econet Wireless, le plus grand opérateur télécoms zimbabwéen en nombre d’abonnés, a récemment annoncé son intention de retirer la 3G d’ici fin 2027, avant de procéder progressivement à l’extinction de la 2G, au profit de la 4G et de la 5G. Si aucune décision gouvernementale n’a encore été prise dans ce sens, cette annonce soulève une question : les Zimbabwéens sont‑ils prêts pour cette transition ?
Le passage à la 4G et à la 5G suppose déjà une évolution du parc de terminaux. Les utilisateurs encore équipés de téléphones limités à la 2G ou à la 3G devront en effet acquérir des appareils compatibles avec les réseaux de nouvelle génération. La capacité des ménages à financer ce renouvellement constitue donc un premier facteur à prendre en compte. Selon la Banque mondiale, 49,7 % de la population zimbabwéenne âgée de plus de 15 ans possédait un smartphone en 2024, sans que la donnée précise la technologie compatible avec ces appareils.
Par ailleurs, un rapport de la GSMA publié en décembre 2025 indique que le prix médian d’un smartphone d’entrée de gamme en Afrique subsaharienne s’élevait à 39 dollars en 2024. Ce coût représentait 26 % du revenu moyen de la population. Il atteignait 64 % pour les 40 % les plus pauvres et 87 % pour les 20 % les plus pauvres. En matière de genre, le coût représentait 32 % du revenu moyen des femmes, contre 23 % pour les hommes.
Le coût du service constitue un autre facteur déterminant. La disponibilité de réseaux plus performants ne garantit pas leur adoption si les forfaits de données restent hors de portée d’une partie de la population. Le passage à des technologies plus récentes pourrait en outre accroître les besoins en données, avec des usages plus intensifs de la vidéo, des réseaux sociaux et des services en ligne.
Les compétences numériques constituent un autre élément de cette transition. Au‑delà de la possession d’un appareil compatible et de l’accès à Internet, les utilisateurs doivent pouvoir exploiter les services et applications rendus accessibles par les réseaux de nouvelle génération. Enfin, la question de la couverture télécoms reste déterminante. Pour que la migration vers la 4G et la 5G ne laisse pas une partie de la population à l’écart, ces technologies doivent être suffisamment disponibles sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les zones rurales.
Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 4G/LTE atteignait 58,8 % de la population zimbabwéenne en 2025, contre 90,5 % pour la 3G et 94 % pour la 2G. La 5G, encore en phase de déploiement, ne couvrait que 18,9 % de la population. En termes d’adoption, le taux de pénétration d’Internet était de 41,6 %, contre 81,6 % pour la téléphonie mobile.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 17 septembre 2026)
OSIRIS
Zimbabwe : les consommateurs face à la fin de la 2G et de la 3G