Zambie : 10 millions de smartphones supplémentaires pour faciliter l’accès au numérique
vendredi 6 novembre 2026
Les autorités zambiennes veulent généraliser l’accès à Internet dans le cadre de leurs efforts de transformation numérique. Cet objectif repose sur plusieurs facteurs, au-delà de l’extension des infrastructures télécoms.
La Zambie ambitionne de mettre 10 millions de smartphones supplémentaires à la disposition de ses citoyens au cours des cinq prochaines années. Cet objectif accompagne celui de porter l’accès au haut débit à 80 % de la population sur la même période. Les autorités entendent ainsi accélérer l’adoption d’Internet et favoriser une utilisation plus large des services numériques dans le pays.
L’objectif a été évoqué le jeudi 5 novembre par Felix C. Mutati (photo, à droite), ministre de la Technologie et des Sciences, lors d’une rencontre avec les responsables de l’opérateur télécoms Airtel Zambia. Ce dernier a réaffirmé son engagement à accompagner les autorités dans la réalisation de cette ambition.
Le smartphone, un complément indispensable aux infrastructures haut débit
Pour M. Mutati, le smartphone constitue un outil d’inclusion numérique et de participation à l’économie. Il permet notamment d’accéder aux services publics en ligne, aux plateformes de paiement et aux informations utiles aux activités économiques. Le ministre cite entre autres le paiement des taxes routières à travers les plateformes numériques gouvernementales.
La nécessité d’élargir l’accès à ces appareils ressort des chiffres présentés par Hussam Baday, directeur général d’Airtel Zambia. Selon le dernier rapport de l’Autorité zambienne des technologies de l’information et de la communication (ZICTA), le pays compte environ 27 millions de connexions télécoms, dont 12,4 millions associées à des smartphones. Ces derniers représentent ainsi près de 45 % des connexions recensées. Au rythme actuel de progression, estimé à trois points de pourcentage par an, cette proportion pourrait atteindre 60 % dans cinq ans, soit 20 points de moins que l’objectif de 80 % évoqué par les autorités.
Pour accélérer l’équipement des populations, Hussam Baday (photo, à gauche) préconise de rendre les smartphones d’entrée de gamme plus abordables, notamment à travers des mesures fiscales. Il propose aussi de développer des mécanismes de financement par les opérateurs et des programmes destinés aux ménages à faibles revenus, aux agriculteurs et aux femmes en milieu rural. Des partenariats avec les organisations non gouvernementales et d’autres institutions figurent également parmi les pistes avancées.
Au-delà des smartphones, les autres obstacles à l’adoption du haut débit
L’accès aux terminaux ne garantit toutefois pas une utilisation effective d’Internet. La couverture et la qualité des réseaux restent déterminantes. Cette question prend une importance particulière dans un contexte où les autorités zambiennes envisagent de privilégier les technologies 4G et 5G au détriment des anciennes générations comme la 2G. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 4G couvrait 91 % de la population en 2025, contre 27,4 % pour la 5G.
Le coût de la connexion constitue un autre obstacle majeur à l’adoption du haut débit. Les données du « GSMA Mobile Connectivity Index » mettent en évidence des difficultés d’accessibilité financière des données mobiles en Zambie, particulièrement pour les ménages les plus modestes. Sur une échelle de 100, le pays obtient un score de 31,2 pour l’accessibilité du panier de 1 Go parmi les 40 % les plus pauvres, contre 55,7 pour l’ensemble de la population. Pour un panier de 5 Go, les scores s’établissent respectivement à 26,9 et 51,4.
Les autres facteurs potentiels incluent le niveau de compétences numériques des populations, le niveau d’alphabétisation, la disponibilité de contenus et de services numériques locaux, la pertinence des services publics en ligne, la sensibilisation aux usages d’Internet, la confiance dans les services numériques, la protection des données personnelles, la cybersécurité ainsi que les disparités d’accès entre les zones urbaines et rurales.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 6 novembre 2026)
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