OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Mars 2021 > Vivre sans smartphone, Whatsapp, Facebook… : ces Sénégalais qui résistent (…)

Vivre sans smartphone, Whatsapp, Facebook… : ces Sénégalais qui résistent encore à la tentation des réseaux sociaux

dimanche 28 mars 2021

Usages et comportements

Malgré la forte pénétration de l’Internet ces dernières années et la réduction du coût des smartphones sur le marché, certains Sénégalais refusent toujours de laisser entrer dans leur vie ce dispositif quasi incontournable de la civilisation numérique. Partagés entre un conservatisme béant et une quête permanente de liberté, de sécurité et de tranquillité, ils résistent tant bien que mal à la tentation de Google et des réseaux sociaux.

L’utilisation déchaînée des réseaux sociaux ne relève plus d’un simple « bandwagon effect » ou effet de mode. C’est une habitude quotidienne dont il est désormais impossible de s’en priver. Dans cet univers à la fois clos et ouvert, le smartphone est devenu un fidèle compagnon, un connecteur virtuel permettant à chaque utilisateur de partager sa joie et ses peines.

Quand il y a un mois, Anta a brisé l’écran de son portable, elle est brusquement coupée d’un monde dont elle avait fini de prendre goût grâce notamment à sa communauté d’« amis ». Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sont à l’image de cette jeune dame. Leur dépendance des réseaux sociaux est telle qu’il est impossible de se passer du terminal mobile ne serait-ce qu’une petite journée. « Je ne peux pas sortir et aller à l’école sans mon portable. 24 heures sans celui-ci, c’est inadmissible et inconcevable. Je serai déconnectée, perdue. Sans cet appareil, je sens un manque, un vide inexplicable. On a volé deux fois mes deux portables. Mais, je jure que j’avais l’impression de ne pas porter d’habits. L’ordinateur et le téléphone sont devenus notre opium quand-même », explique Moussa Diallo, jeune enseignant au collège. Diplômée en journalisme et communication, Oumou Sow estime ressentir une certaine anxiété, un désespoir à l’idée de rester seule, pendant des heures, sans son smartphone.

Rester sur son quant-à-soi malgré tout

À l’inverse, l’on retrouve des Sénégalais qui résistent encore tant bien que mal à l’invasion de ces nouveaux outils que la modernité essaie d’imposer à tout prix aux citoyens du monde. Pourtant, ce n’est plus un secret, les smartphones ont considérablement allégé notre quotidien. Tout ou presque se fait, aujourd’hui, à l’aide de ce téléphone : commander un plat chaud, acheter des baskets en ligne, payer une facture d’eau ou d’électricité, suivre en première un film qui vient de sortir quelque part dans le monde, consulter un médecin… Cette technologie a complètement changé les gestes et comportements de la vie de tous les jours. Malgré tout, certains n’en n’ont cure. Mbaye Gaye, 57 ans, a fait le choix de ne pas s’inscrire sur les réseaux sociaux et de traîner avec un téléphone bas de gamme. Ce qui ne manque pas de susciter l’hilarité moqueuse de son entourage et d’une partie de ses collègues. Ces derniers s’interrogent sur le mystère de ce soldat à la retraite qui ne sait toujours pas comment éteindre l’écran d’un smartphone allumé, envoyer un audio ou des photos. « Quand il veut s’informer d’une situation soulevée dans une discussion sur WhatsApp, il demande qu’on lui montre le message en question. Si l’écran s’éteint pendant qu’il lit, il est obligé de faire appel au propriétaire du portable pour le tirer d’affaire », nous souffle un de ses camarades, sourire aux lèvres.

Seulement, Mbaye, lui, reste sur son quant-à-soi. Il a choisi de se passer de cette commodité des temps modernes. « Ce sont des choses qui ne m’intéressent pas. L’idée d’être sur les réseaux sociaux ne m’a jamais traversé l’esprit. Et j’avoue que je ne me plains pas », argue-t-il. Selon lui, depuis l’avènement de ces messageries instantanées ultra-modernes, les gens n’ont plus « le temps de travailler normalement ». Dans les bureaux, les transports ou à la maison, poursuit-il, tout le monde semble être occupé par son téléphone. « Personne n’a plus le temps ainsi que toute l’attention qui caractérisait chacun d’entre nous avant l’arrivée de ces outils de communication. Les gens abusent vraiment de leur temps dans WhatsApp, Facebook ou autre », dénonce M. Gaye. L’option de ce dernier de se passer de ces technologies se justifie par son besoin de liberté, son attachement sans faille à sa tranquillité et sa vie privée. Notre interlocuteur se dit « très » suspicieux à l’idée qu’un jour, les discussions privées sur ces plateformes numériques se retrouvent dans l’espace public. Même s’il reconnaît les avantages de WhatsApp et de Facebook, Mbaye Gaye est « très » sceptique en ce qui concerne la fiabilité de ces systèmes par rapport à la vie privée et la sécurité des utilisateurs.

La peur de l’addiction

À l’image de Fadel Diop, la trentaine bien sonnée, certains ont l’appréhension de se retrouver trop dépendants des réseaux sociaux. Et c’est ce qui explique leur décision de ne pas s’intéresser à ces outils de communication. L’addiction aux réseaux sociaux est une réalité sociale de notre époque, avec plus de deux milliards d’utilisateurs actifs à travers le monde. Depuis bientôt trois ans, ce pharmacien de profession a tourné le dos aux médias sociaux. Il a tout simplement décidé de vivre loin d’un milieu connu parfois pour les multiples dérives et déboires. « J’ai arrêté depuis plus de deux ans de peur d’être accro à une chose qui ne me sert pas beaucoup. Je ne veux pas que les réseaux sociaux me dicte ma vie, la conduite à adopter ou changent quoique que ce soit dans ma manière de voir les choses », soutient-il. M. Diop reconnaît avoir mis plus d’ordre dans sa vie depuis qu’il s’est déconnecté du virtuel pour vivre dans le réel, profitant de ce qu’il y a autour de lui. Même s’il n’exclut pas de revenir un jour sur Facebook et WhatsApp pour des raisons professionnelles, Fadel pense qu’à un certain niveau de responsabilité, il vaut mieux éviter d’être trop présent sur la toile par mesure de précaution. De son point de vue, il y va de la sécurité et de l’harmonie de la famille. Car, poursuit- il, « tout ce que l’on laisse sur Internet y est pour l’éternité et ceci doit pousser les gens à la prudence et à la sagesse ». Aziz Ndiaye, lui, justifie ce manque d’intérêt par le poids de son âge. « Je préfère les téléphones simples, car je suis un peu feignant. Les autres appareils sont compliqués pour moi. Tout ce qui m’intéresse, c’est d’appuyer sur un bouton et de passer un appel », nous apprend ce monsieur à la retraite.

L’option des téléphones basiques

Pour ne céder à la tentation du Net et à la commodité des applications, les récalcitrants optent tous pour des téléphones basiques qui se résument très souvent aux options Appel et Sms. Mbaye Gaye a eu son premier mobile en 2002 alors qu’il était en mission en République démocratique du Congo. D’un coût de 25 dollars, à l’époque, il l’avait payé en deux mensualités. Depuis, le téléphone le plus cher qu’il a eu à acheter lui est revenu à 15 000 FCfa. D’ailleurs, c’est un mobile qui fait maintenant tout son bonheur. De son côté, Fadel Diop brandit fièrement son portable au prix d’achat de 10.000 FCfa. Solide, l’appareil à bas coût a résisté au temps. Ces portables, aujourd’hui, disponibles à toutes les bourses, sont le symbole d’une résistance face à la l’addiction et l’hyper-connexion que provoquent les réseaux sociaux.

Samba Ba, commerçant « Je suis trop vieux pour suivre le rythme… »

La sobriété du septuagénaire Samba Bâ, prospère commerçant, est connue de tous. La vieille sonnerie de son portable, qui se propage à tous les échos, suscite les moqueries de ses petits-fils. Son appareil cellulaire n’en est pas moins passé de mode. Les smartphones, ce n’est pas son affaire. Et Facebook, Twitter, Whatsapp…sont, chez ce vieil homme, pourtant instruit, des excentricités d’un monde qui va trop vite à son goût.

« Je suis trop vieux pour suivre le rythme. Mes petits-fils se sont vainement employés à m’apprendre comment envoyer un message mais ont fini par se résigner. Mon téléphone sert juste à émettre et recevoir des appels. Ce qui me prend déjà beaucoup de temps », plaisante cet originaire du Fouta Toro. Il dit n’avoir jamais dépensé plus de 10.000 FCfa pour l’achat d’un téléphone portable, sans pour autant formuler des griefs contre ceux qui flambent quelques francs pour suivre le train de la modernité. « J’ai un fils qui vit en Angleterre. Il me coûtait beaucoup d’argent de prendre ses nouvelles. Mais, grâce au portable d’une de mes filles et aux avancées technologiques (Ndlr : il fait allusion à WhatsApp qu’il n’arrive pas à prononcer), je ne dépense plus rien », savoure-t-il, toutefois convaincu de finir ses vieux jours avec son téléphone Nokia, s’il ne le lâche pas en cours de route. « Il me comble de bonheur », ironise Samba Bâ.

Madame et les enfants pourtant bien servis

Dans cet univers d’indociles, un paradoxe frappant attire pourtant l’attention. Si papa a choisi de vivre en marge de ce train de modernité qu’imposent les réseaux sociaux, madame et les enfants traînent avec des smartphones dernier cri. « Ma femme est fréquemment connectée, les enfants aussi », reconnaît Fadel Diop dont les propos sont parfois interrompus par le ballet de clients de la pharmacie.

Mbaye Gaye, lui, a acheté pour les membres de sa famille, tous les portables de grande marque High-Tech. Le dernier mobile qu’il a payé à sa fille est un iPhone. Sa voix laisse entrevoir un tantinet de fierté d’avoir satisfait le désir ardent de sa chère demoiselle. Madame Gaye a également reçu récemment un nouveau smartphone pour se coller au rythme déchaîné des technologies de l’information et de la communication.

Ibrahima Ba

(Source : Le Soleil, 28 mars 2021)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4725/5547 Régulation des télécoms
  • 376/5547 Télécentres/Cybercentres
  • 3670/5547 Economie numérique
  • 2034/5547 Politique nationale
  • 5547/5547 Fintech
  • 546/5547 Noms de domaine
  • 2192/5547 Produits et services
  • 1532/5547 Faits divers/Contentieux
  • 782/5547 Nouveau site web
  • 5318/5547 Infrastructures
  • 1989/5547 TIC pour l’éducation
  • 201/5547 Recherche
  • 252/5547 Projet
  • 4244/5547 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2240/5547 Sonatel/Orange
  • 1722/5547 Licences de télécommunications
  • 287/5547 Sudatel/Expresso
  • 1291/5547 Régulation des médias
  • 1436/5547 Applications
  • 1116/5547 Mouvements sociaux
  • 2028/5547 Données personnelles
  • 133/5547 Big Data/Données ouvertes
  • 632/5547 Mouvement consumériste
  • 385/5547 Médias
  • 683/5547 Appels internationaux entrants
  • 1979/5547 Formation
  • 98/5547 Logiciel libre
  • 2336/5547 Politiques africaines
  • 1039/5547 Fiscalité
  • 173/5547 Art et culture
  • 632/5547 Genre
  • 1958/5547 Point de vue
  • 1163/5547 Commerce électronique
  • 1629/5547 Manifestation
  • 341/5547 Presse en ligne
  • 132/5547 Piratage
  • 226/5547 Téléservices
  • 1008/5547 Biométrie/Identité numérique
  • 379/5547 Environnement/Santé
  • 363/5547 Législation/Réglementation
  • 378/5547 Gouvernance
  • 1845/5547 Portrait/Entretien
  • 157/5547 Radio
  • 793/5547 TIC pour la santé
  • 302/5547 Propriété intellectuelle
  • 59/5547 Langues/Localisation
  • 1115/5547 Médias/Réseaux sociaux
  • 2126/5547 Téléphonie
  • 200/5547 Désengagement de l’Etat
  • 1083/5547 Internet
  • 119/5547 Collectivités locales
  • 426/5547 Dédouanement électronique
  • 1169/5547 Usages et comportements
  • 1145/5547 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 586/5547 Audiovisuel
  • 3525/5547 Transformation digitale
  • 410/5547 Affaire Global Voice
  • 167/5547 Géomatique/Géolocalisation
  • 348/5547 Service universel
  • 689/5547 Sentel/Tigo
  • 181/5547 Vie politique
  • 1641/5547 Distinction/Nomination
  • 39/5547 Handicapés
  • 725/5547 Enseignement à distance
  • 721/5547 Contenus numériques
  • 622/5547 Gestion de l’ARTP
  • 186/5547 Radios communautaires
  • 1951/5547 Qualité de service
  • 477/5547 Privatisation/Libéralisation
  • 137/5547 SMSI
  • 512/5547 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2970/5547 Innovation/Entreprenariat
  • 1499/5547 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5547 Internet des objets
  • 174/5547 Free Sénégal
  • 1083/5547 Intelligence artificielle
  • 209/5547 Editorial
  • 59/5547 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5547 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous