OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Une attaque ransomware au cœur de la Dgid, après le vol des ordinateurs au (…)

Une attaque ransomware au cœur de la Dgid, après le vol des ordinateurs au niveau du Trésor

samedi 4 octobre 2025

Point de vue

Une cyberattaque sans précédent

Le Sénégal traverse une crise numérique majeure. La Direction générale des Impôts et domaines (Dgid), institution centrale dans la gestion fiscale du pays, est frappée de plein fouet par une attaque informatique d’une ampleur inédite. Depuis plus d’une semaine, ses logiciels de gestion fiscale et de recouvrement sont totalement paralysés.

Les pirates à l’origine de l’opération, se présentant sous le nom de Black Shrantac, affirment avoir volé 1 Téraoctet (To) de données sensibles et exigent le paiement d’une rançon astronomique de 10 millions d’euros, soit environ 6, 5 milliards de francs Cfa, pour libérer les systèmes et restituer les informations.

Cet épisode survient après le vol d’ordinateurs au niveau du Trésor public il y a quelques mois. Deux événements rapprochés qui posent une question inquiétante : sommes-nous face à une offensive coordonnée contre les finances publiques sénégalaises ?

La cybersécurité : une obligation nationale

Il est urgent de reconnaître que la cybersécurité doit devenir une priorité absolue pour l’Etat et ses agents. Trop souvent perçue comme une contrainte technique réservée aux informaticiens, elle doit être considérée comme une obligation pour tous les fonctionnaires manipulant des données sensibles.

La réalité est simple : la faille humaine est aujourd’hui la première porte d’entrée des cybercriminels. Un mot de passe trop faible, un clic sur un lien piégé, une connexion à un site non sécurisé… il suffit d’une erreur pour exposer tout un réseau. Dans une administration comme la Dgid, cela revient à mettre en péril les finances de l’Etat et la confiance des citoyens.

Qu’est-ce qu’un ransomware ?

Pour comprendre la situation, il faut d’abord expliquer ce qu’est un ransomware. Il s’agit d’un logiciel malveillant conçu pour chiffrer les données d’un système informatique et les rendre inaccessibles. Les cybercriminels exigent ensuite le paiement d’une rançon, généralement en cryptomonnaie, en échange de la clé de déchiffrement.

Mais les attaques modernes ne s’arrêtent plus là. Les pirates copient aussi les données avant de les verrouiller, puis menacent de les divulguer publiquement en cas de refus de paiement. C’est exactement ce qui est en train de se produire à la Dgid : les pirates affirment détenir 1 To de fichiers fiscaux et administratifs, et menacent de les publier si leurs conditions ne sont pas remplies.

Le groupe Black Shrantac : un acteur du cybercrime organisé

Le groupe Black Shrantac n’est pas un novice. Comme d’autres collectifs spécialisés dans le chantage numérique, il cible en priorité les institutions financières et administratives, là où la pression est maximale et où l’impact d’une paralysie est immédiat.

Selon les premiers éléments, ce groupe serait basé en Europe, ce qui complique l’enquête, et nécessitera une coopération internationale. Leur mode opératoire est classique, mais redoutable :

1. Infiltration d’un réseau via un phishing, une faille ou une connexion non sécurisée.
2. Exfiltration des données sensibles.
3. Chiffrement massif des serveurs pour bloquer toute activité.
4. Publication de preuves de vol sur leurs canaux de communication pour mettre la victime sous pression.
5. Négociation d’une rançon, assortie de menaces de divulgation.

Les conséquences pour le Sénégal

L’attaque contre la Dgid a des répercussions multiples :

• Economiques : la paralysie du recouvrement fiscal retarde la rentrée de recettes essentielles pour l’Etat, avec un impact direct sur le budget public.
• Administratives : les contribuables, particuliers comme entreprises, se retrouvent bloqués dans leurs démarches.
• Sociales : la confiance des citoyens dans la capacité de l’Etat à protéger leurs données est sérieusement ébranlée.
• Sécuritaires : la publication éventuelle des données pourrait exposer les Sénégalais à des fraudes, des usurpations d’identité et des escroqueries ciblées.

La vigilance des fonctionnaires en première ligne

La cybersécurité ne dépend pas uniquement des outils et des firewalls. Elle repose aussi -et surtout- sur la discipline des utilisateurs. Dans ce contexte, il est indispensable de rappeler quelques règles simples que chaque agent de la Fonction publique doit appliquer :

• Ne jamais utiliser son ordinateur professionnel pour se connecter aux réseaux sociaux.
• Ne pas cliquer sur des liens ou pièces jointes suspects.
• N’installer aucun logiciel non autorisé par l’administration.
• Respecter les consignes des administrateurs système.

De leur côté, les responsables informatiques doivent :

• Bloquer l’accès aux sites non professionnels.
• Mettre régulièrement à jour les systèmes de sécurité.
• Utiliser des solutions avancées de détection d’intrusion, capables d’identifier les attaques même quand elles sont camouflées par des faux négatifs.

Une menace qui ne peut plus être ignorée

Trop de Sénégalais pensent encore que la cybersécurité est un problème lointain, réservé aux grandes puissances. Or, la réalité s’impose :

• Hier, le Trésor public a été touché.
• Aujourd’hui, c’est la Dgid.

Si ces attaques sont liées, les criminels pourraient viser d’autres institutions et provoquer un véritable black-out numérique. Avec la montée en puissance de l’Intelligence artificielle, les cyberattaques deviennent de plus en plus sophistiquées et destructrices. Comme l’ont montré les conflits récents dans le monde, les guerres modernes se mènent aussi dans le cyberespace.

Ne pas céder au chantage et nettoyer en profondeur

Face à cette situation, certains pourraient être tentés de payer la rançon pour rétablir rapidement les services. Mais il faut être clair : payer ne garantit rien. Même après avoir reçu l’argent, les pirates peuvent :

• Revendre les données sensibles à d’autres criminels.
• Publier une partie des fichiers pour faire pression à nouveau.
• Ou pire : garder un accès secret dans le système, grâce à une porte dérobée (backdoor), pour revenir plus tard et relancer une nouvelle attaque.

C’est pourquoi la seule stratégie viable est de refuser le paiement, de nettoyer en profondeur les systèmes infectés et de renforcer durablement la sécurité numérique de toutes les administrations. Cela implique :

• Des audits complets de cybersécurité.
• La modernisation des infrastructures informatiques.
• La formation continue des agents publics.
• Une coopération étroite avec les partenaires internationaux.

Conclusion : un signal d’alarme pour tout le pays

L’attaque contre la Dgid doit être vue comme un signal d’alarme. Elle montre que le Sénégal est désormais dans la ligne de mire des cybercriminels, et que ses institutions doivent se préparer à un environnement numérique hostile.
Il ne s’agit pas seulement d’un problème technique, mais d’un enjeu de souveraineté nationale. Si l’Etat ne prend pas des mesures radicales dès maintenant, les prochaines attaques pourraient viser d’autres secteurs stratégiques : l’énergie, les télécommunications, ou même la santé.

Mountaga SALL, Ingénieur réseaux et télécommunications, et Doctorant en cybersécurité

(Source : Le Quotidien, 4 octobre 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2206/2503 Régulation des télécoms
  • 174/2503 Télécentres/Cybercentres
  • 1719/2503 Economie numérique
  • 876/2503 Politique nationale
  • 2462/2503 Fintech
  • 260/2503 Noms de domaine
  • 994/2503 Produits et services
  • 728/2503 Faits divers/Contentieux
  • 368/2503 Nouveau site web
  • 2503/2503 Infrastructures
  • 903/2503 TIC pour l’éducation
  • 94/2503 Recherche
  • 121/2503 Projet
  • 1737/2503 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 935/2503 Sonatel/Orange
  • 812/2503 Licences de télécommunications
  • 140/2503 Sudatel/Expresso
  • 506/2503 Régulation des médias
  • 631/2503 Applications
  • 525/2503 Mouvements sociaux
  • 809/2503 Données personnelles
  • 70/2503 Big Data/Données ouvertes
  • 313/2503 Mouvement consumériste
  • 180/2503 Médias
  • 321/2503 Appels internationaux entrants
  • 962/2503 Formation
  • 47/2503 Logiciel libre
  • 1079/2503 Politiques africaines
  • 518/2503 Fiscalité
  • 84/2503 Art et culture
  • 290/2503 Genre
  • 906/2503 Point de vue
  • 510/2503 Commerce électronique
  • 731/2503 Manifestation
  • 159/2503 Presse en ligne
  • 62/2503 Piratage
  • 102/2503 Téléservices
  • 491/2503 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2503 Environnement/Santé
  • 177/2503 Législation/Réglementation
  • 196/2503 Gouvernance
  • 893/2503 Portrait/Entretien
  • 72/2503 Radio
  • 400/2503 TIC pour la santé
  • 139/2503 Propriété intellectuelle
  • 29/2503 Langues/Localisation
  • 551/2503 Médias/Réseaux sociaux
  • 986/2503 Téléphonie
  • 95/2503 Désengagement de l’Etat
  • 509/2503 Internet
  • 57/2503 Collectivités locales
  • 204/2503 Dédouanement électronique
  • 608/2503 Usages et comportements
  • 515/2503 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2503 Audiovisuel
  • 1668/2503 Transformation digitale
  • 191/2503 Affaire Global Voice
  • 80/2503 Géomatique/Géolocalisation
  • 161/2503 Service universel
  • 340/2503 Sentel/Tigo
  • 87/2503 Vie politique
  • 782/2503 Distinction/Nomination
  • 17/2503 Handicapés
  • 361/2503 Enseignement à distance
  • 381/2503 Contenus numériques
  • 293/2503 Gestion de l’ARTP
  • 89/2503 Radios communautaires
  • 945/2503 Qualité de service
  • 284/2503 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2503 SMSI
  • 238/2503 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1366/2503 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2503 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2503 Internet des objets
  • 85/2503 Free Sénégal
  • 470/2503 Intelligence artificielle
  • 98/2503 Editorial
  • 34/2503 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2503 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous