La quatrième blessure est un ouvrage qui évoque l’urgence pour l’Afrique de concrétiser sa souveraineté technologique à travers une problématique : pourquoi l’Afrique doit gagner la guerre numérique ? Le débat autour de cette nouvelle parution signé par Mandiaye Diallo, a eu lieu ce samedi 17 janvier 2026 à la salle Amady Aly Dieng de l’Harmattan Sénégal.
« Si l’Afrique allie science, souveraineté technologique et maitrise du numérique, elle gagnera la guerre numérique. » Ces propos ont été tenus par Mandiaye Diallo lors de la cérémonie de présentation de son livre « La quatrième blessure : pourquoi l’Afrique doit gagner la guerre numérique ? », qui a eu lieu ce samedi 17 janvier 2026 à la salle Amady Aly Dieng de l’Harmattan Sénégal.
A cette occasion, Mandiaye Diallo a rappelé les blessures que traine l’Afrique depuis des années. « L’invention de l’arme à feu et la première révolution industrielle constituent la première blessure. Cette dernière a fait de nous des esclaves. Avant même qu’elle ne se cicatrise, la deuxième révolution industrielle est venue, faisant de nous des colonisés. La colonisation est la deuxième blessure », explique-t-il.
Mandiaye, d’ajouter que « la révolution numérique avec l’arrivée des GAFAM, L’Afrique subit une troisième blessure. Une blessure qui est plus risquée que les précédentes. Pire, on n’a même pas encore canalisé les dégâts de cette blessure que la quatrième vient gratter la plaie déjà ouverte : l’intelligence artificielle ». Quand on parle de technologie de haut niveau, rappelle l’auteur, l’Afrique n’existe pas. Et pourtant tout ce qui se dit concerne l’Afrique. Donc, le thème du livre est un sujet géopolitique majeur.
« Nous n’avons même pas nos propres réseaux sociaux alors qu’on les utilise tous les jours. Le numérique est puissant et sérieux. Il devrait être sous la tutelle de la Défense (l’Armée) » développe-t-il.
Toutefois, Mandiaye précise que la souveraineté ne saurait aller sans l’éducation et la formation. C’est la solution la plus urgente. « Beaucoup de jeunes dans un pays, c’est une richesse mais s’ils n’ont ni éducation ni travail, c’est une bombe à retardement », soutient-il.
Selon Ibrahima Hamidou Dème, intervenant dans la présentation du livre, l’auteur marie la culture du concret et l’immatérialité du numérique. « Il est un panafricaniste, un homme d’action et de construction. D’ailleurs son premier projet « xam xam mooy doole » est la première émission de science pour enfants en langues africaines. « Il a compris l’importance de l’éducation et de la souveraineté culturelle pour un pays qui cherche à bâtir une souveraineté technologique », affirme M.Dème.
Dans cette perspective, Mandiaye Gaye, le postfacier ajoute que « l’auteur appelle l’Afrique et ses dirigeants à ne pas subir cette quatrième blessure ». Ces propos sont partagés par Ibrahima Diallo, directeur de l’Harmattan Sénégal qui soutient que les dirigeants africains doivent s’engager dans le combat des infrastructures pour la conservation des données.
L’auteur conclut en expliquant que des briques seules ne suffisent pas à construire le continent africain. « Il faut la science, une souveraineté technologique, la maitrise du numérique. C’est cela définit le fonctionnement du monde », estime-t-il.
Fatou Ndiaye
(Source : Le Soleil, 19 janvier 2026)
OSIRIS
Un appel à une souveraineté numérique de l’Afrique