Trésor public et digitalisation : le choc entre modernisation et intérêts corporatistes
vendredi 29 mai 2026
I. LE RETARD ALARMANT FACE À LA FINANCE DIGITALE MONDIALE
Pendant que les puissances économiques mondiales adoptent le digital finance management pour automatiser la collecte des ressources, le sénégal stagne dans des procédures bureaucratiques lourdes. ce décalage technologique freine l’émergence économique du pays, car l’absence de systèmes intégrés empêche une visibilité réelle sur les flux financiers publics tout en alourdissant inutilement les délais de traitement des dossiers fiscaux. cette lenteur structurelle maintient une opacité nuisible à la confiance des investisseurs internationaux qui exigent désormais une traçabilité numérique instantanée.
II. LE PARADOXE DES SYNDICATS FACE À LA MODERNISATION
Il est contradictoire de voir le syndicat des travailleurs du Trésor s’opposer au transfert du recouvrement des impôts locaux vers une gestion plus centralisée ou numérique. alors que l’intérêt général commande une simplification des procédures pour le citoyen, les revendications syndicales semblent davantage portées sur la préservation de chasses gardées administratives que sur l’efficacité du service public au 21ème siècle. cette posture défensive ignore que la modernisation est inévitable pour garantir la survie des institutions et la satisfaction des usagers qui réclament plus de simplicité.
III. LA PRÉSERVATION DES AVANTAGES AU DÉTRIMENT DE L’INNOVATION
La véritable bataille ne se joue pas sur l’efficacité technique, mais sur la conservation des primes et des fonds communs liés aux actes de recouvrement manuels. cette focalisation sur les avantages corporatistes crée un blocage structurel : les agents craignent qu’une digitalisation totale et une réorganisation des compétences ne rendent leurs privilèges obsolètes, ralentissant ainsi la transformation numérique de l’état. en s’accrochant à des méthodes de gestion archaïques, ils sacrifient la compétitivité du pays sur l’autel de gains financiers personnels et immédiats.
IV. L’URGENCE D’UNE VOLONTÉ POLITIQUE DE RUPTURE
Pour que le Sénégal rejoigne la marche du monde, l’état doit imposer une vision commune qui dépasse les querelles entre la DGID et le Trésor. la digitalisation ne peut être effective que si elle brise les silos administratifs ; sans une autorité ferme pour faire primer l’intérêt national sur les intérêts de groupe, le pays restera spectateur d’une révolution financière qui se joue sans lui. la souveraineté économique de demain dépend de la capacité du gouvernement actuel à transformer ces résistances internes en un moteur de changement radical.
Dr Seydou Bocoum
Economiste hétérodoxe
(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 29 mai 2026)
OSIRIS