OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Mai > Télévisions sénégalaises : Défi de la concurrence

Télévisions sénégalaises : Défi de la concurrence

vendredi 22 mai 2009

Audiovisuel

Le spectacle est désolant, pathétique, lamentable, à la limite indigne et presque révoltant. Il est allègrement servi par les médias audiovisuels qui se livrent actuellement une lutte acharnée de positionnement. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’après une ouverture désordonnée des espaces télévisuels, une telle situation était prévisible.

Un bref retour en arrière nous permettra de mieux comprendre. Le processus de libéralisation a connu une ébauche dès janvier 2001, lorsque le ministre de la Communication de l’époque lança une procédure d’appel d’offres en direction des promoteurs privés. Mais il y eut un revirement spectaculaire de l’Etat qui décida, au dernier moment, de tout annuler. La libéralisation se fera quand bien même dans un ordre dispersé, sans aucune planification. Ainsi, la première chaîne privée fut 2STV qui bénéficiait depuis 2003 d’un projet pilote avec la RTS sous le nom de RTS2S. Ensuite, ce fut Canal info (juillet 2006) dont les propriétaires avaient racheté le canal hertzien de Canal+ qui émet par satellite depuis décembre 2005. Novembre 2006, apparaissait la Radio Dunyaa Vision (RDV) qui aurait obtenu son autorisation bien avant 2000. Quant au groupe Walfadjri, son responsable avait d’abord bousculé les conventions en lançant en décembre 2006 Walf-TV, une télévision à péage via satellite avant d’obtenir finalement une fréquence sur le réseau hertzien sénégalais en septembre 2007. La dernière venue est la SN2, née sur les flancs de la chaîne nationale (RTS). Comme pour les radios privées pionnières à leur naissance, ces chaînes de télévision ont une zone de diffusion se limitant essentiellement à la région dakaroise. Elles traversent également une période test propice aux doutes et aux maladresses dus à leur expérience encore limitée.

Cela se ressent particulièrement sur le plan technique avec un léger décalage entre l’image et le son, des interférences -sources de brouillages entre stations-, des interruptions inattendues et momentanées de programmes etc. Enfantées dans la douleur, leur simple existence ferait presque oublier ces petits couacs. Avec le temps, elles apprendront à se bonifier et ces difficultés vont sans doute s’amenuiser progressivement. Leur présence ne peut être que positive car grâce à leur réactivité et à une prise en compte effective des attentes des téléspectateurs, ces télévisions peuvent être pourvoyeuses d’avancées démocratiques, notamment sur le plan de la liberté d’expression.

Néanmoins, pour un meilleur cadre d’émission et de diffusion, il aurait fallu au préalable quelques mesures d’accompagnement. Aujourd’hui, c’est incontestablement sur le plan de la concurrence qu’il est urgent de faire quelque chose parce que chaque chaîne veut se positionner comme la chaîne leader. On se rappelle par exemple que les responsables de Canal Info et 2STV s’étaient plaints lorsque la RTS leur a refusé le signal pour la retransmission de la cérémonie de prestation de serment d’Abdoulaye WADE après sa victoire à la présidentielle de février 2007. La RTS avait imposé une règle que ses concurrents n’avaient pas accepté : « qui veut reprendre son signal, reprend son logo ». Il y a un peu plus d’un mois, la même chaîne a mis son véto à la retransmission du défilé du 4 avril que voulait diffuser Walf TV. Le Directeur de la télévision nationale parlait de risques d’interférence et de l’exclusivité dont sa chaîne serait détentrice pour la couverture de l’événement. Quant à celui de Walf TV, il n’a pas encore fini de crier au scandale parlant d’une concurrence déloyale.

Le dernier épisode en date est le différend ayant opposé RDV à Walf TV sur la diffusion, par les deux chaînes, de la très célèbre série américaine « Prison Break ». En première instance, le tribunal avait donné raison à RDV en sommant Walf TV d’arrêter une diffusion jugée illégale tout en l’ordonnant de verser à RDV 1 million de FCFA pour chaque épisode diffusé. Le groupe Walf avait naturellement fait appel que la justice a rejeté en ordonnant le paiement de 25 millions de francs à RDV ou la saisie du matériel de Walf TV. Les suites de cette affaire ont fait les titres des journaux la semaine dernière car un huissier accompagné des éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), et de techniciens avaient fait une descente musclée dans les locaux de Walf TV, le lundi 5 mai. A en croire les responsables de la chaîne ils auraient « complètement bousillé le matériel de la télévision ». Dans un communiqué, le groupe de presse parle d’un « acte de banditisme » informant que la somme due aurait été immédiatement payée.

Le paysage audiovisuel sénégalais est devenu le théâtre d’affrontements entre des acteurs qui s’entredéchirent parfois au mépris de toutes règles et certains profitent même des failles du système de régulation. Cette nouvelle configuration présente des défis qu’il faudrait prendre en compte. Le texte portant création du CNRA promulgué en janvier 2007 avait anticipé en intégrant les nouvelles chaînes dans le champ de compétence de l’instance de régulation. L’une des missions primordiales de la structure est de veiller à une concurrence saine dans un cadre libre. Mais la réalité, c’est que l’instance n’a pas de pouvoirs majeurs pour la surveillance d’un secteur dont elle semble ne peut pas avoir une totale maîtrise. Il y a un vide juridique et des zones d’ombre qui échappent à la réglementation de l’audiovisuel. Face au déchirement (lié à la course vers la concurrence) entre ces chaînes et aux écarts qui pourraient en découler, l’existence d’un organe efficace ayant une veille sur la programmation des émissions est plus qu’une nécessité. Le paysage audiovisuel sénégalais a besoin de cet arbitrage avant que cela ne devienne la jungle et l’anarchie.

Moussa Mbow

(Source : La Gazrtte, 22 mai 2009)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2304/2720 Régulation des télécoms
  • 174/2720 Télécentres/Cybercentres
  • 1761/2720 Economie numérique
  • 914/2720 Politique nationale
  • 2720/2720 Fintech
  • 259/2720 Noms de domaine
  • 1081/2720 Produits et services
  • 737/2720 Faits divers/Contentieux
  • 375/2720 Nouveau site web
  • 2668/2720 Infrastructures
  • 885/2720 TIC pour l’éducation
  • 95/2720 Recherche
  • 122/2720 Projet
  • 1721/2720 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1088/2720 Sonatel/Orange
  • 814/2720 Licences de télécommunications
  • 139/2720 Sudatel/Expresso
  • 505/2720 Régulation des médias
  • 763/2720 Applications
  • 532/2720 Mouvements sociaux
  • 842/2720 Données personnelles
  • 63/2720 Big Data/Données ouvertes
  • 303/2720 Mouvement consumériste
  • 181/2720 Médias
  • 323/2720 Appels internationaux entrants
  • 834/2720 Formation
  • 48/2720 Logiciel libre
  • 1220/2720 Politiques africaines
  • 496/2720 Fiscalité
  • 85/2720 Art et culture
  • 293/2720 Genre
  • 869/2720 Point de vue
  • 558/2720 Commerce électronique
  • 740/2720 Manifestation
  • 159/2720 Presse en ligne
  • 63/2720 Piratage
  • 116/2720 Téléservices
  • 482/2720 Biométrie/Identité numérique
  • 154/2720 Environnement/Santé
  • 171/2720 Législation/Réglementation
  • 183/2720 Gouvernance
  • 899/2720 Portrait/Entretien
  • 74/2720 Radio
  • 415/2720 TIC pour la santé
  • 139/2720 Propriété intellectuelle
  • 29/2720 Langues/Localisation
  • 548/2720 Médias/Réseaux sociaux
  • 1037/2720 Téléphonie
  • 97/2720 Désengagement de l’Etat
  • 547/2720 Internet
  • 57/2720 Collectivités locales
  • 217/2720 Dédouanement électronique
  • 554/2720 Usages et comportements
  • 522/2720 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 280/2720 Audiovisuel
  • 1739/2720 Transformation digitale
  • 194/2720 Affaire Global Voice
  • 79/2720 Géomatique/Géolocalisation
  • 159/2720 Service universel
  • 333/2720 Sentel/Tigo
  • 88/2720 Vie politique
  • 816/2720 Distinction/Nomination
  • 17/2720 Handicapés
  • 351/2720 Enseignement à distance
  • 346/2720 Contenus numériques
  • 292/2720 Gestion de l’ARTP
  • 89/2720 Radios communautaires
  • 917/2720 Qualité de service
  • 219/2720 Privatisation/Libéralisation
  • 76/2720 SMSI
  • 236/2720 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1353/2720 Innovation/Entreprenariat
  • 675/2720 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2720 Internet des objets
  • 86/2720 Free Sénégal
  • 364/2720 Intelligence artificielle
  • 97/2720 Editorial
  • 2/2720 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2720 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous