Télécoms : Vodafone mise davantage sur les satellites pour étendre ses réseaux en Afrique
lundi 2 mars 2026
Le modèle classique de déploiement des réseaux télécoms connaît une mutation rapide. Les opérateurs se tournent de plus en plus vers le satellite afin d’améliorer la qualité et la couverture de leurs services.
L’opérateur télécoms britannique Vodafone, présent dans 8 pays africains à travers sa filiale sud-africaine Vodacom, a annoncé ce lundi 2 mars le renforcement de son partenariat avec Amazon autour de sa constellation satellitaire en orbite basse, les satellites LEO (Low Earth Orbit).
Grâce à cet accord, les satellites d’Amazon serviront à connecter les stations de base mobiles, une fonction appelée « backhaul », en complément des réseaux terrestres traditionnels basés sur la fibre optique ou sur les liaisons micro-ondes.
« Vodafone se tourne vers l’espace pour connecter davantage de stations de base mobiles à notre réseau central et renforcer la résilience, même dans les environnements les plus difficiles. La nouvelle constellation de satellites Amazon LEO soutient notre ambition d’offrir à tous les clients Vodafone une connectivité fiable et haut débit, où qu’ils se trouvent », a indiqué Margherita Della Valle, directrice générale du groupe Vodafone.
Ce partenariat fait suite à celui signé en septembre 2023 entre les deux entités. Vodafone a multiplié les accords de ce type avec d’autres entreprises telles que AST SpaceMobile ou encore Nokia pour améliorer la qualité de services pour ses 220 millions d’abonnés en Egypte, en République démocratique du Congo, au Lesotho, en Tanzanie, au Mozambique, en Afrique du Sud, au Kenya et en Éthiopie (à travers des participations dans Safaricom).
Cette approche vise principalement les zones rurales, enclavées ou faiblement densifiées, où le déploiement d’infrastructures terrestres reste coûteux et parfois techniquement complexe. En utilisant les satellites pour relier les antennes mobiles au cœur du réseau, Vodafone pourra accélérer l’extension de la couverture 4G et 5G sans attendre la construction de nouvelles lignes de fibre.
Pour l’Afrique, où persistent encore d’importants écarts de connectivité entre zones urbaines et zones rurales, cette évolution marque un changement structurel. Les réseaux télécoms deviennent progressivement hybrides, combinant infrastructures terrestres et capacités spatiales afin d’améliorer la résilience et la portée des services numériques.
Airtel Africa, la filiale africaine de l’opérateur télécoms indien Bhati Airtel, s’est associé dès 2022 à l’européen Eutelsat-OneWeb qui dispose d’une constellation d’environ 650 satellites de télécommunications en orbite basse. Elle a aussi paraphé un accord avec l’américain Starlink en décembre 2025. L’opérateur télécoms sud-africain MTN s’est, de son côté, rapproché des entreprises telles que Lynk Global et Omnispace.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 2 mars 2026)
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