Télécoms & transformation numérique - Dakar s’impose comme centre névralgique des réseaux africains
vendredi 8 mai 2026
Dix ans après son lancement, le Global Network Operations Center (GNOC) de Sonatel-Orange s’est imposé comme l’un des piliers de l’infrastructure numérique africaine. Depuis Dakar et Abidjan, ce centre stratégique supervise désormais les réseaux de 12 pays et plus de 100 millions de clients, illustrant la montée en puissance du Sénégal dans l’économie numérique continentale.
Loin des projecteurs, mais au cœur de la connectivité africaine, le Global Network Operations Center (GNOC) de Sonatel célèbre cette année une décennie d’activité. Mis en service en 2016 grâce à un partenariat stratégique entre Sonatel-Orange et le groupe chinois Huawei, ce dispositif technologique est progressivement devenu l’épine dorsale opérationnelle des réseaux d’Orange en Afrique et au Moyen-Orient.
Réparti entre Dakar et Abidjan, le centre assure une supervision continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des infrastructures télécoms de l’opérateur dans douze pays africains. En dix ans, le GNOC a considérablement étendu son périmètre d’action, au point de devenir un outil central de pilotage de la performance réseau pour plus de 100 millions d’abonnés.
Au-delà des volumes traités, le projet illustre surtout l’évolution du Sénégal dans la chaîne de valeur numérique régionale. Initialement conçu comme un centre de supervision technique, le GNOC s’est progressivement transformé en plateforme avancée d’innovation technologique, intégrant désormais le big data, l’automatisation intelligente et les outils d’intelligence artificielle appliqués à l’exploitation des réseaux.
Cette modernisation permet aujourd’hui d’anticiper certains incidents techniques, de réduire les délais de résolution des pannes et d’améliorer la continuité des services numériques, qu’il s’agisse de téléphonie mobile, d’internet haut débit, de streaming ou encore de services financiers mobiles, dont la croissance reste particulièrement soutenue en Afrique subsaharienne.
Un levier de souveraineté technologique
À travers cette infrastructure, Orange poursuit également une logique de mutualisation régionale de ses opérations techniques. En centralisant depuis Dakar une partie importante de la gestion de ses réseaux africains, le groupe optimise ses coûts d’exploitation tout en harmonisant les standards de qualité sur des marchés aux niveaux d’infrastructures très disparates.
Le modèle contribue par ailleurs à renforcer l’ancrage technologique du Sénégal dans l’économie numérique continentale. Selon Sonatel, plus de 230 emplois qualifiés ont été créés localement autour du GNOC dans des domaines à forte valeur ajoutée : ingénierie réseau, cybersécurité, automatisation des systèmes et intelligence artificielle.
Lors des célébrations marquant les dix ans du centre, Brelotte Bâ a souligné les ambitions futures du dispositif, notamment dans les domaines de la 5G et de l’intelligence artificielle appliquée aux télécommunications. Pour le dirigeant, le GNOC devra accompagner la prochaine phase de transformation numérique du continent et consolider le leadership d’Orange sur les marchés africains. Même tonalité du côté de Ben Cheick Haidara, qui a insisté sur l’importance du développement des compétences locales et de la création de valeur durable à travers les infrastructures numériques stratégiques.
Huawei consolide son ancrage technologique
Partenaire historique du projet, Huawei a également renforcé sa coopération avec Sonatel autour des technologies d’automatisation et d’intelligence artificielle destinées à la gestion prédictive des réseaux. Pour Danwill Duan, l’objectif est désormais de bâtir des réseaux « intelligents, performants et résilients », capables d’accompagner l’explosion des usages numériques en Afrique.
À moyen terme, le GNOC pourrait ainsi jouer un rôle décisif dans le déploiement de la 5G sur le continent, mais aussi dans l’intégration de solutions d’intelligence artificielle avancée au sein des infrastructures télécoms africaines. Un enjeu majeur pour la compétitivité numérique régionale, alors que les télécommunications deviennent un levier central de souveraineté économique et technologique.
Jean Pierre Malou
(Source : Sud Quotidien, 8 mai 2026)
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