Télécoms Congo–Cameroun : moins d’interférences pour une meilleure qualité de service aux frontières
mercredi 22 avril 2026
A l’issue de trois journées d’intenses travaux techniques, tenus du 6 au 11 avril 2026 à Mintom (République du Cameroun), les Régulateurs des communications électroniques de la République du Cameroun et de la République du Congo ont franchi une étape décisive dans leur coopération bilatérale. L’adoption d’un projet de protocole d’accord de coordination des fréquences radioélectriques aux frontières communes longues de 523 kilomètres marque ainsi une avancée majeure pour la qualité des services de communications mobiles dans les zones frontalières des deux États, au bénéfice des populations riveraines.
Il sied de noter que cet accord répond à une problématique concrète et persistante. En effet, dans les zones frontalières des deux pays, les populations subissent régulièrement des coupures de communication, des interférences et une couverture réseau instable, conséquences directes de l’absence de coordination entre les réseaux mobiles entre Etats.
Les travaux tenus à Mintom ont réuni, aux côtés des délégations des deux régulateurs, les opérateurs MTN Cameroun, Orange Cameroun et CAMTEL pour la partie camerounaise, ainsi que MTN Congo et Airtel Congo pour la partie congolaise.
Sur le plan technique, sept bandes de fréquences de 700 MHz à 3 800 MHz ont été couvertes par les paramètres de coordination arrêtés. L’accord introduit des zones de coordination géographiquement délimitées, assorties de limites strictes de couverture transfrontalière : 500 mètres, 1 000 mètres et 2 000 mètres selon la zone concernée. Ces dispositions, bien que contraignantes pour les opérateurs des deux pays, leur seront notifiées dans un délai de 30 jours suivant la signature du protocole. Ces derniers disposeront ensuite de 60 jours pour mettre en œuvre les ajustements techniques requis.
Sur le plan institutionnel, le protocole, validé techniquement par les experts des deux pays, sera formellement signé dans les prochaines semaines par M. Philemon ZO’O ZAME, Directeur Général de l’ART, et M. Louis Marc SAKALA, Directeur Général de l’ARPCE. Cette signature conférera à l’accord sa pleine force juridique et déclenchera le processus de mise en conformité des opérateurs.
Quatrième accord bilatéral de coordination spectrale conclu par l’ARPCE Congo dans la sous-région, après la RDC (2021), le Gabon (2023) et l’Angola, dont les prescriptions techniques ont été validées en 2025. Ces différents instruments renforcent le positionnement de l’ARPCE comme acteur clé de la gestion harmonisée du spectre de fréquences dans la sous-région, en conformité avec les recommandations de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). Dans la même lancée, des négociations sont déjà engagées avec la République Centrafricaine en vue d’un cinquième accord bilatéral.
(Source : Agence Ecofin, 22 avril 2026)
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