Tchad : N’Djamena lance la numérisation de son état civil
jeudi 24 septembre 2026
Au Tchad, la gestion de l’état civil reste confrontée à des archives importantes et à des procédures encore largement physiques. N’Djamena mise désormais sur le numérique pour sécuriser les registres et faciliter l’accès des citoyens aux documents.
La commune de la ville de N’Djamena a lancé mercredi 23 septembre un projet de numérisation de son état civil, en parallèle de la signature d’un mémorandum d’entente avec l’Agence nationale des titres sécurisés (ANATS). Appuyée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’initiative vise à numériser les registres, sécuriser les informations et moderniser les démarches liées aux actes d’état civil.
L’accord avec l’ANATS prévoit notamment la modernisation des procédures, le développement de solutions numériques et l’interconnexion des systèmes. La formation des agents et la sensibilisation des populations sont également prévues. L’objectif est de faciliter l’accès aux documents tout en améliorant la fiabilité des informations enregistrées.
Cette transformation intervient alors que la gestion de l’état civil reste confrontée à d’importantes difficultés au Tchad. L’ANATS avait recensé en 2023 plus de 623 000 enfants en âge scolaire dépourvus d’acte de naissance. Avec l’appui de l’OIF, un précédent projet mené en 2024 et 2025 avait permis de régulariser la situation de 53 000 enfants dans les provinces de la Tandjilé et de l’Ennedi Est.
À N’Djamena, la mairie évoque notamment le volume des archives, le recours encore important aux procédures physiques et les risques de perte ou de détérioration des documents. Le projet soutenu par l’OIF prévoit ainsi la numérisation et la sauvegarde des registres existants, ainsi que la mise en place d’une plateforme intégrée de gestion et de dispositifs de sécurisation des données.
L’un des objectifs est également de mieux relier l’état civil au système national d’identification. L’ANATS exploite déjà le Système intégré de gestion des populations et des titres sécurisés (SIGPTS), qui permet notamment, après enrôlement et déduplication, d’attribuer un Numéro national d’identification unique aux personnes enregistrées. Le rapprochement prévu avec les systèmes de la mairie doit donc faciliter la circulation et la fiabilité des informations utilisées pour délivrer les documents d’état civil.
L’initiative prolonge enfin l’action menée par l’OIF au Tchad sur l’enregistrement des naissances et l’accès à l’identité juridique. L’organisation indique avoir accompagné depuis 2020 dix États membres sur ces questions, avec plus de 600 000 personnes enregistrées et plus de 10 000 acteurs des systèmes d’état civil formés.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 24 septembre 2026)
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