OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Juillet 2024 > Taxer les Gafam, un pari risqué pour les pays africains ?

Taxer les Gafam, un pari risqué pour les pays africains ?

lundi 1er juillet 2024

Fiscalité

Le Sénégal est désormais le 22e pays d’Afrique à appliquer la TVA sur les services numériques. Une décision censée réguler l’activité des géants mondiaux de la Tech, mais qui risque de pénaliser les consommateurs.

À partir de ce lundi 1er juillet, un nouvel impôt voit le jour dans le pays de la Teranga. La Direction générale des impôts et des domaines (DGID) du Sénégal a en effet annoncé qu’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) s’appliquera désormais sur les prestations de services numériques réalisées par des plateformes numériques et fournisseurs en ligne étrangers.

Son introduction s’inscrit dans un contexte de transformation numérique, qui permet aux sociétés et plateformes numériques étrangères d’être actives dans les pays africains sans être présentes physiquement. Or, dans les pays où elles ne sont pas résidentes, ces entreprises n’ont pas l’obligation directe de payer des impôts. Cette situation de déperdition fiscale représente un défi majeur pour les économies africaines. Le Sénégal a donc adopté une taxe afin de fiscaliser les revenus des multinationales actives sur son territoire, telles que Google, Amazon, Meta ou Microsoft.

Selon le Bureau d’information gouvernementale sénégalais (BIG), ce nouvel impôt doit s’appliquer aux plateformes et places de marché en ligne qui facilitent les transactions entre clients et fournisseurs, aux plateformes de téléchargement et de diffusion de films, musique, jeux en ligne, et aux services de cloud et de gestion de bases de données. La mesure vise également les plateformes d’enseignement et d’apprentissage en ligne et d’hébergement de divers contenus (sites web, textes et images).

La base imposable sera déterminée en fonction du chiffre d’affaires des plateformes numériques étrangères ou des fournisseurs non résidents. Pour rappel, le taux normal de TVA en vigueur au Sénégal est de 18 %.

Un fardeau pour les consommateurs ?

Grâce à cette nouvelle taxe, Dakar espère dégager des recettes fiscales supplémentaires et s’assure que les entreprises numériques étrangères paient leur juste part et contribuent de manière équitable à l’économie sénégalaise.

Onica Makwakwa, spécialiste de l’inclusion et de l’égalité numérique et codirectrice générale de Global Digital Inclusion Partnership, n’est pas de cet avis. Pour elle, la TVA appliquée aux services numériques sera à la charge des consommateurs sénégalais. Elle considère d’ailleurs que la TVA devrait plus justement s’appeler « taxe imposée aux consommateurs », au titre que c’est un impôt indirect sur la consommation, collecté par les entreprises sur les consommateurs avant d’être reversé à l’État.

À cause de la TVA qui se généralise aux services numériques dans les pays africains, « l’accessibilité financière [de ces services] devient un défi encore plus grand et la fracture numérique s’accentue, car nous savons très bien que l’une des principales raisons, pour lesquelles les gens, en particulier les femmes, ne sont pas connectés à Internet, est l’accessibilité financière », souligne l’experte.

Une taxe aux services numériques présente dans 21 pays en Afrique
Et le Sénégal n’est pas le seul pays du continent à se mobiliser pour encadrer l’activité des plateformes numériques. Depuis fin 2023, les commissions perçues par les plateformes étrangères de mise en relations et de commerce en ligne en Côte d’Ivoire sont également assujetties à un taux de TVA de 18 %.

D’après le rapport 2024 de PwC, relatif à la TVA sur les services électroniques en Afrique, 21 pays appliquent la taxe aux services numériques, mais jusqu’à présent seuls trois d’entre eux, le Nigeria, le Kenya et le Zimbabwe, imposent directement les opérations des entreprises numériques non résidentes.

Une fiscalisation des recettes des entreprises numériques qui a été impulsée par le Zimbabwe. Dès 2019, le gouvernement a étendu sa TVA, fixée à un taux de 15 %, aux services numériques proposés par des sociétés non résidentes et a instauré une taxe de 5 % sur le revenu brut annuel des services de diffusion d’émissions de télévision ou de radio, ainsi que des opérateurs d’e-commerce étrangers fournissant des biens ou des services à des personnes résidant au Zimbabwe, s’il dépasse les 500 000 dollars (468 000 euros).

La même année, le gouvernement nigérian a annoncé l’introduction d’un impôt à hauteur de 30 % du revenu imposable des sociétés proposant divers services numériques, auxquels s’applique également la TVA avec un taux en vigueur de 7,5 %. Ces services incluent l’e-commerce, le stockage de données, les publicités, ou encore les paiements en ligne. Cette taxe s’applique uniquement aux entreprises étrangères qui réalisent plus de 25 millions de nairas (15 000 euros) de chiffre d’affaires, avec une présence économique importante dans le pays. Une mesure très similaire à la taxe SEP adoptée depuis peu par le Kenya.

Deux types de taxation au Kenya

En effet, en 2021, le Kenya a mis en place une taxe fixée à 1,5 % de la valeur brute des revenus générés par les opérations numériques : la « Digital Service Tax » (DST). Toutefois, Nairobi vient de faire marche arrière, comme en témoigne son projet de loi de finances 2024, qui prévoit de remplacer la DST par la taxe « Significant Economic Presence » (SEP).

Le Kenya a ainsi abandonné sa taxe unilatérale et a approuvé l’impôt proposé par l’OCDE : le prélever sur le revenu des entreprises numériques non résidentes. Le taux d’imposition SEP est fixé à 30 % du bénéfice imposable, estimé à 20 % du chiffre d’affaires. En englobant davantage d’activités numériques et en introduisant un taux d’imposition plus élevé par rapport à la DST, il génère ainsi un revenu plus important pour Nairobi. En revanche, au Kenya, la TVA à un taux de 16 % continuera de s’appliquer aux services numériques.

On distingue donc deux taxes : la TVA d’un côté, et de l’autre, la taxe prélevée directement sur les recettes brutes d’une société étrangère. Pour Onica Makwakwa, « le secteur numérique est en pleine expansion et contribue à la croissance des économies africaines. Trop de taxes ne feront que ralentir et nuire à la croissance de ce secteur, d’autant que moins de 50 % de la population africaine est aujourd’hui connectée, il y a donc encore beaucoup à faire. Nous devons promouvoir l’accès universel aux services numériques et cela n’arrivera pas s’ils ne sont pas abordables. »

Ainsi, elle n’est pas non plus favorable à la taxation directe des revenus bruts des sociétés du numérique, même si elle reconnaît qu’un « impôt sur les sociétés est préférable à un impôt sur les consommateurs ».

(Source : Jeune Afrique, 1er juillet 2024)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 5596/6137 Régulation des télécoms
  • 412/6137 Télécentres/Cybercentres
  • 4237/6137 Economie numérique
  • 2215/6137 Politique nationale
  • 6134/6137 Fintech
  • 655/6137 Noms de domaine
  • 2366/6137 Produits et services
  • 1792/6137 Faits divers/Contentieux
  • 907/6137 Nouveau site web
  • 6137/6137 Infrastructures
  • 2122/6137 TIC pour l’éducation
  • 232/6137 Recherche
  • 296/6137 Projet
  • 4475/6137 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2264/6137 Sonatel/Orange
  • 1982/6137 Licences de télécommunications
  • 331/6137 Sudatel/Expresso
  • 1302/6137 Régulation des médias
  • 1522/6137 Applications
  • 1284/6137 Mouvements sociaux
  • 1972/6137 Données personnelles
  • 337/6137 Big Data/Données ouvertes
  • 719/6137 Mouvement consumériste
  • 442/6137 Médias
  • 780/6137 Appels internationaux entrants
  • 2162/6137 Formation
  • 122/6137 Logiciel libre
  • 2828/6137 Politiques africaines
  • 1254/6137 Fiscalité
  • 213/6137 Art et culture
  • 698/6137 Genre
  • 2133/6137 Point de vue
  • 1312/6137 Commerce électronique
  • 1762/6137 Manifestation
  • 390/6137 Presse en ligne
  • 156/6137 Piratage
  • 252/6137 Téléservices
  • 1379/6137 Biométrie/Identité numérique
  • 374/6137 Environnement/Santé
  • 429/6137 Législation/Réglementation
  • 522/6137 Gouvernance
  • 2150/6137 Portrait/Entretien
  • 178/6137 Radio
  • 1156/6137 TIC pour la santé
  • 342/6137 Propriété intellectuelle
  • 76/6137 Langues/Localisation
  • 1297/6137 Médias/Réseaux sociaux
  • 2503/6137 Téléphonie
  • 236/6137 Désengagement de l’Etat
  • 1362/6137 Internet
  • 137/6137 Collectivités locales
  • 503/6137 Dédouanement électronique
  • 1614/6137 Usages et comportements
  • 1273/6137 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 673/6137 Audiovisuel
  • 4055/6137 Transformation digitale
  • 490/6137 Affaire Global Voice
  • 186/6137 Géomatique/Géolocalisation
  • 453/6137 Service universel
  • 772/6137 Sentel/Tigo
  • 219/6137 Vie politique
  • 1924/6137 Distinction/Nomination
  • 50/6137 Handicapés
  • 846/6137 Enseignement à distance
  • 884/6137 Contenus numériques
  • 717/6137 Gestion de l’ARTP
  • 224/6137 Radios communautaires
  • 2407/6137 Qualité de service
  • 682/6137 Privatisation/Libéralisation
  • 156/6137 SMSI
  • 562/6137 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 3392/6137 Innovation/Entreprenariat
  • 1605/6137 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 53/6137 Internet des objets
  • 201/6137 Free Sénégal
  • 1151/6137 Intelligence artificielle
  • 235/6137 Editorial
  • 22/6137 Gaming/Jeux vidéos
  • 31/6137 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous