OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Septembre 2026 > Starlink suspendu au Sénégal : Ceux qui risquent vraiment de perdre leur (…)

Starlink suspendu au Sénégal : Ceux qui risquent vraiment de perdre leur accès à Internet

mercredi 9 septembre 2026

Faits divers/Contentieux

Des dizaines de milliers de Sénégalais, notamment dans des villages reculés, pourraient perdre l’accès à Internet suite à la suspension de la licence de Starlink, un service censé renforcer la connectivité dans les zones où la fibre n’est pas disponible.

La Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension provisoire de la licence accordée à Starlink, filiale de SpaceX spécialisée dans l’internet par satellite. La décision, rendue en référé dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir contestant la légalité de l’autorisation délivrée à l’opérateur, ne tranche pas le fond du dossier : elle gèle seulement, à titre conservatoire, les effets juridiques de la licence en attendant que la haute juridiction se prononce sur sa validité. Mais derrière cette bataille de procédure administrative, ce sont des dizaines de milliers d’usagers, et parfois des villages entiers, qui se retrouvent en première ligne.

Un déploiement pensé pour les zones que la fibre n’atteint pas

Starlink est arrivé officiellement au Sénégal en février 2026, présenté par les autorités comme la pièce maîtresse d’une stratégie de « New Deal technologique » destinée à combler la fracture numérique du pays. Les chiffres de l’enquête ENTICS 2024, publiée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), donnent la mesure de cette fracture : l’accès à Internet à domicile atteint 43,8 % à Dakar, mais plafonne à seulement 3 % dans les zones rurales.

C’est précisément ce public que le déploiement de Starlink visait à raccrocher au réseau. Les régions du Sénégal oriental (Tambacounda, Kédougou), les étendues du Ferlo à Matam, les villages insulaires et enclavés de la Casamance, de Kolda, du Walo et de Sédhiou figuraient parmi les zones ciblées en priorité, là où la fibre optique et les réseaux mobiles terrestres restent absents ou saturés. L’État avait même négocié l’achat de 5 000 kits Starlink à tarif préférentiel, avec l’ambition de connecter gratuitement un million de Sénégalais dès le premier semestre 2026, en complément des infrastructures existantes. Les usages ciblés par ce programme public dépassaient la seule connexion résidentielle : Wi-Fi communautaire, écoles, universités, centres de formation professionnelle, collectivités territoriales, zones frontalières, et le plan Diomaye pour la Casamance.

Qui perd concrètement, si la suspension se confirme

Les foyers ruraux et enclavés sans alternative terrestre. Pour un ménage de Kédougou, du Ferlo ou de Sédhiou qui n’a jamais eu accès à la fibre ni à une 4G stable, Starlink n’était pas une option parmi d’autres : c’était, dans bien des cas, la seule voie d’accès à Internet haut débit. Une suspension prolongée de la licence les priverait purement et simplement de connexion, sans solution de repli équivalente à court terme.

Les bénéficiaires du programme public de connexion gratuite. Le dispositif des 5 000 kits, censé toucher un million de personnes via le Wi-Fi communautaire, les écoles et les collectivités locales, repose entièrement sur l’existence d’une licence en cours de validité. Sa suspension bloque de fait ce volet de la politique publique de désenclavement numérique, même si l’État n’a pas encore communiqué sur le sort réservé aux kits déjà distribués ou en cours d’acheminement.

Les abonnés individuels déjà équipés. Selon les données du secteur arrêtées à fin juin 2026, Starlink comptait, aux côtés de Spectranet et FibreOne, parmi les trois opérateurs qui concentraient près de 70 % des quelque 421 000 abonnés actifs à Internet fixe au Sénégal. Des milliers de foyers, d’entreprises, de chantiers et de sites professionnels ayant investi dans un kit — entre 117 000 et 146 000 FCFA, plus les frais de livraison — et payant un abonnement mensuel de l’ordre de 22 000 à 30 000 FCFA, se retrouvent avec un service dont la légalité d’exploitation est désormais incertaine.

Les acteurs économiques dépendants d’une connectivité fiable en zone isolée. Chantiers, exploitations agricoles, sites miniers ou touristiques situés hors de la couverture des réseaux terrestres avaient fait de Starlink une solution de connectivité professionnelle à part entière, notamment via des offres dédiées aux PME et aux professionnels nomades. Une interruption du service fragiliserait directement leur activité.

Les revendeurs et partenaires locaux. Plusieurs distributeurs sénégalais s’étaient positionnés comme partenaires officiels, assurant l’installation et la commercialisation des kits. Une suspension durable de la licence remettrait en cause leur modèle économique, construit sur la revente et l’installation d’un service désormais en zone d’incertitude réglementaire.

Ce qui reste à trancher

La suspension prononcée en référé ne signifie pas l’arrêt immédiat et automatique du service, ni l’annulation définitive de la licence : elle gèle la situation juridique en attendant que la Cour suprême examine le recours au fond. C’est cet examen à venir qui déterminera si Starlink peut continuer à opérer légalement au Sénégal ou si son autorisation doit être retirée. Le dossier s’inscrit par ailleurs dans un climat de tension plus ancien : dès 2023, avant même l’obtention de sa licence, l’entreprise avait fait l’objet d’une répression de la commercialisation informelle de ses terminaux, et en février 2026 le syndicat des travailleurs de la Sonatel avait publiquement réclamé davantage de transparence sur les conditions de l’accord conclu avec l’opérateur américain, évoquant des enjeux de souveraineté numérique.

En attendant l’issue de la procédure, ce sont les usagers les plus dépendants de la technologie satellitaire — ceux pour qui elle représentait la seule alternative à l’absence totale de réseau — qui ont le plus à perdre d’un blocage prolongé.

(Source : Seenews, 9 septembre 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2261/2640 Régulation des télécoms
  • 182/2640 Télécentres/Cybercentres
  • 1719/2640 Economie numérique
  • 926/2640 Politique nationale
  • 2516/2640 Fintech
  • 275/2640 Noms de domaine
  • 995/2640 Produits et services
  • 931/2640 Faits divers/Contentieux
  • 381/2640 Nouveau site web
  • 2640/2640 Infrastructures
  • 909/2640 TIC pour l’éducation
  • 99/2640 Recherche
  • 129/2640 Projet
  • 1791/2640 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 964/2640 Sonatel/Orange
  • 838/2640 Licences de télécommunications
  • 145/2640 Sudatel/Expresso
  • 512/2640 Régulation des médias
  • 651/2640 Applications
  • 546/2640 Mouvements sociaux
  • 893/2640 Données personnelles
  • 73/2640 Big Data/Données ouvertes
  • 314/2640 Mouvement consumériste
  • 184/2640 Médias
  • 328/2640 Appels internationaux entrants
  • 823/2640 Formation
  • 47/2640 Logiciel libre
  • 1083/2640 Politiques africaines
  • 510/2640 Fiscalité
  • 89/2640 Art et culture
  • 316/2640 Genre
  • 959/2640 Point de vue
  • 526/2640 Commerce électronique
  • 763/2640 Manifestation
  • 165/2640 Presse en ligne
  • 63/2640 Piratage
  • 111/2640 Téléservices
  • 487/2640 Biométrie/Identité numérique
  • 166/2640 Environnement/Santé
  • 180/2640 Législation/Réglementation
  • 181/2640 Gouvernance
  • 921/2640 Portrait/Entretien
  • 74/2640 Radio
  • 390/2640 TIC pour la santé
  • 149/2640 Propriété intellectuelle
  • 29/2640 Langues/Localisation
  • 567/2640 Médias/Réseaux sociaux
  • 1040/2640 Téléphonie
  • 100/2640 Désengagement de l’Etat
  • 545/2640 Internet
  • 62/2640 Collectivités locales
  • 208/2640 Dédouanement électronique
  • 593/2640 Usages et comportements
  • 530/2640 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 285/2640 Audiovisuel
  • 1710/2640 Transformation digitale
  • 197/2640 Affaire Global Voice
  • 111/2640 Géomatique/Géolocalisation
  • 166/2640 Service universel
  • 340/2640 Sentel/Tigo
  • 94/2640 Vie politique
  • 821/2640 Distinction/Nomination
  • 17/2640 Handicapés
  • 361/2640 Enseignement à distance
  • 361/2640 Contenus numériques
  • 300/2640 Gestion de l’ARTP
  • 92/2640 Radios communautaires
  • 927/2640 Qualité de service
  • 237/2640 Privatisation/Libéralisation
  • 75/2640 SMSI
  • 253/2640 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1376/2640 Innovation/Entreprenariat
  • 688/2640 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 24/2640 Internet des objets
  • 87/2640 Free Sénégal
  • 384/2640 Intelligence artificielle
  • 103/2640 Editorial
  • 5/2640 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2640 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous