Starlink est officiellement disponible au Sénégal depuis le 4 février 2026. Le service d’Internet par satellite de SpaceX, propriété d’Elon Musk, est désormais commercialisé avec la promesse de connecter les zones rurales et mal desservies. Sur le papier, l’argument est séduisant. Dans les faits, cette décision pose de graves problèmes de souveraineté, de sécurité et de développement #local.
D’abord, il faut appeler les choses par leur nom : Starlink n’est pas une infrastructure neutre. C’est un réseau privé, contrôlé par une entreprise étrangère, dépendant directement des choix politiques et stratégiques de son propriétaire. L’exemple ukrainien l’a montré sans ambiguïté : l’accès peut être restreint, coupé ou modulé pour des raisons géopolitiques.
Confier une partie de notre connectivité nationale à un acteur extérieur, sans contrôle total de l’État, revient à accepter une vulnérabilité stratégique majeure.
Ensuite, l’argument de l’inclusion numérique mérite d’être déconstruit. Les coûts d’équipement et d’abonnement restent largement hors de portée de la majorité des ménages sénégalais. Starlink ne démocratise pas Internet, il crée un Internet à deux vitesses, réservé aux institutions, entreprises ou élites capables de payer. Pendant ce temps, les investissements qui auraient pu renforcer les opérateurs locaux, les infrastructures terrestres et l’emploi national sont fragilisés.
Enfin, il y a la question que trop peu osent poser : à qui profite réellement Starlink en Afrique ? Certainement pas à l’écosystème local. Peu d’emplois créés, peu de transfert de compétences, aucune maîtrise technologique. À l’inverse, l’Afrique du Sud a fait le choix de la #prudence en refusant, à ce stade, d’accorder une licence sans garanties claires sur la gouvernance, la conformité légale et l’intérêt national. Ce n’est pas un rejet idéologique mais une décision stratégique lucide.
Le Sénégal ne manque pas de solutions africaines. Il manque surtout de volonté politique pour investir dans ses propres capacités, protéger ses opérateurs, former sa jeunesse et bâtir une souveraineté numérique réelle.
Starlink n’est pas un progrès en soi ; c’est une dépendance de plus, emballée dans un discours technologique séduisant.
Rosalie Guèye
(Source : Facebook, 4 février 2026)
OSIRIS
Starlink au Sénégal : une mauvaise décision stratégique