Starlink au Sénégal, une licence à 100 millions de FCFA qui fait grincer chez Sonatel
samedi 19 septembre 2026
Cent millions de francs CFA d’un côté, cent milliards de l’autre. Voilà l’écart que met en lumière l’article de Quentin Velluet publié par Jeune Afrique le 14 septembre 2026 sur les conditions faites à Starlink au Sénégal. La filiale de SpaceX s’est acquittée d’un peu plus de 152 000 euros pour une licence de cinq ans, avec une contribution annuelle de 1,5 % de son chiffre d’affaires hors taxes. Sonatel avait versé 100 milliards de FCFA en 2017 pour sa licence 4G et le renouvellement de sa licence pour dix-sept ans, et les fournisseurs d’accès locaux, comme WAW Télécom, ARC Telecom ou Africa Access, environ 316 millions chacun.
Ces informations sont apparues quand l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes a mis en ligne l’arrêté d’autorisation et le cahier des charges de Starlink, ce qui n’avait pas été fait jusque-là. Le ministère des Télécommunications et SpaceX n’ont pas répondu à Jeune Afrique.
Le document va, selon le journaliste, plus loin que la promesse de connecter les zones rurales avec 5 000 kits, mise en avant lors de l’arrivée de l’opérateur en février 2026. Il impose une couverture totale du territoire, y compris les zones rurales et frontalières. Mohamed Samba Diallo, directeur de la réglementation de Sonatel, y voit une atteinte aux intérêts de son entreprise. D’après des données qu’il a pu consulter, l’essentiel des clients de Starlink serait urbain. Il assure que Sonatel n’a aucun problème avec la technologie satellitaire, mais souhaite que l’État adapte la réglementation à ce nouveau type d’acteur.
Starlink doit néanmoins respecter plusieurs exigences de souveraineté : passerelle nationale pour les données, conservation locale des données personnelles, facturation locale et recours à des distributeurs locaux.
Sonatel affirme avoir sollicité le régulateur et le ministère avant de saisir la justice, sans réponse sur le fond, et un recours gracieux a été rejeté en mai. Le litige lui donne du temps pour avancer sur son offre d’internet par satellite, lancée en décembre 2025 avec Eutelsat, et pour équiper son téléport de Gandoul, dans la région de Thiès, de seize antennes supplémentaires connectées à la constellation OneWeb.
(Source : SenePlus, 19 septembre 2026)
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