OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2026 > Starlink au Sénégal : dépasser les postures, recentrer le débat sur (…)

Starlink au Sénégal : dépasser les postures, recentrer le débat sur l’intérêt général

jeudi 19 février 2026

Point de vue

Depuis plusieurs mois, le dossier Starlink s’est affirmé comme l’un des sujets les plus controversés au sein de l’écosystème des télécommunications au Sénégal. Les plateaux de télévision, les tribunes, les réseaux sociaux et les communiqués syndicaux témoignent d’une convergence exceptionnelle des opinions sur une question d’infrastructure numérique. Il est indéniable que ce débat est légitime, mais il apparaît pertinent de le reconsidérer dans le contexte actuel.

En réalité, la problématique fondamentale ne réside pas dans Starlink en tant qu’entité commerciale. La problématique fondamentale réside dans l’établissement d’une connectivité universelle au sein du Sénégal.

Depuis plus d’une décennie, l’État du Sénégal manifeste une ambition explicite visant à assurer l’accès universel au haut débit. Des avancées significatives ont été accomplies par les opérateurs et les fournisseurs d’accès à Internet, notamment le déploiement de la quatrième génération de réseaux mobiles (4G), l’extension du réseau de fibre optique et les investissements dans les infrastructures de réseau fédérateur.

Néanmoins, ces mesures s’avèrent insuffisantes compte tenu des disparités territoriales qui perdurent. L’inégalité en matière de connectivité persiste de manière structurelle entre Dakar et certaines régions de Kédougou, Tambacounda, ou Matam. Pour des milliers de localités, un accès stable à Internet reste soit limité, soit financièrement hors de portée. En d’autres termes, l’inclusion numérique intégrale n’est pas encore une réalité.

Dans ce contexte, l’émergence d’un acteur satellitaire tel que Starlink, apte à fournir une couverture aux zones isolées sans nécessiter d’infrastructures terrestres complexes, introduit une nouvelle variable technologique dans l’équation nationale. Or, le débat public a graduellement évolué vers une confrontation binaire : D’une part, l’État en tant qu’autorité de régulation. D’autre part, des opérateurs établis protègent leurs investissements et leurs effectifs.

ien que cette interprétation soit intelligible, elle présente un caractère simplificateur. En effet, elle convertit un impératif d’aménagement numérique du territoire en une confrontation d’intérêts sectoriels, voire corporatistes.

L’examen du dossier Starlink ne saurait se limiter à une négociation d’ordre « sectoriel » entre un nombre restreint d’acteurs économiques et institutionnels. Il s’agit d’un dossier qui relève de l’intérêt général, au même titre que des initiatives telles que l’électrification des zones rurales ou la facilitation de l’accès à l’eau.

En raison de discussions jugées « élevées » et de démonstrations d’expertise visant à monopoliser l’espace médiatique, le Sénégal constate actuellement que certains pays voisins progressent plus rapidement dans la mise en œuvre concrète de la numérisation.

Le Bénin, la Mauritanie et le Mali, disposant parfois de ressources limitées, ont intensifié leurs efforts dans divers aspects de l’administration numérique et des services publics en ligne. Simultanément, au Sénégal, des formalités administratives cruciales demeurent difficilement accessibles en ligne. L’accessibilité en ligne de certains documents reste complexe, voire impossible.

Néanmoins, des investissements considérables ont été réalisés. Des investissements se chiffrant à plusieurs milliards de francs CFA ont été alloués, au cours des dernières années, à des programmes de numérisation, incluant des plateformes administratives, l’administration électronique et la dématérialisation des services publics.Cependant, nombre de ces initiatives éprouvent des difficultés à atteindre une opérationnalité complète ou une adoption à grande échelle.

Un paradoxe se manifeste : bien que les infrastructures se développent et que des budgets soient alloués, l’expérience numérique du citoyen demeure restreinte.

L’un des arguments les plus fréquemment avancés depuis l’annonce du déploiement de Starlink concerne la souveraineté numérique. Le principe se révèle fondé. Il est impératif qu’un État assure la protection de ses infrastructures critiques. En effet, la problématique de l’hébergement des données, des flux et de la résilience des réseaux revêt un caractère stratégique.

Il est cependant impératif de veiller à ce que la souveraineté ne se transforme pas en un argument politique dépourvu d’ancrage dans les réalités opérationnelles. Aucun pays africain, même ceux affichant le plus fort degré de développement, ne dispose actuellement d’une souveraineté intégrale sur l’ensemble de la chaîne numérique, incluant les satellites, les câbles sous-marins, l’informatique en nuage et les équipements réseaux.

La souveraineté se développe graduellement, notamment par l’investissement dans les centres de données, la régulation des flux, le renforcement des compétences au niveau local, la diversification des partenariats technologiques. Dans cette trajectoire, l’ouverture maîtrisée à des acteurs d’envergure mondiale ne constitue pas une contradiction, mais représente fréquemment une étape.

Afin d’atténuer la controverse, la transparence se révèle indispensable. Il incombe à l’État de rendre publics certains points afin de les clarifier :

– Le cadre juridique régissant l’attribution de la licence.
– Le montant des redevances versées par Starlink
– Les obligations afférentes à la couverture ou au service universel.
– Les mécanismes potentiels de régulation des tarifs.

Cette approche pédagogique s’avère indispensable pour prévenir la désinformation et rétablir la confiance au moment du « Jub, Jubal, Jubanti »

L’objectif n’est pas de supplanter les opérateurs en place. Il convient de parachever l’architecture nationale. Dans un nombre significatif de pays, les constellations satellitaires exercent une fonction d’appoint : Connectivité des territoires ruraux, sauvegarde en cas d’interruption de la connexion par fibre optique, services essentiels (sécurité, santé, éducation).

Dans cette perspective, l’émergence de programmes publics pourrait être envisagée : Raccordement d’établissements scolaires isolés, assurer la dotation en personnel des postes de santé, accès à Internet pour les collectivités rurales.

L’hypothèse d’acquisitions groupées de kits, envisagée dans le cadre de programmes sociaux, s’inscrit dans une démarche politique d’inclusion numérique et non dans l’octroi d’un avantage spécifique à un acteur privé. Le risque actuel réside manifestement dans une technicisation excessive d’un débat qui concerne d’abord les pratiques.

Pour le citoyen sénégalais moyen, la question ne relève ni d’une problématique orbitale ni d’une considération réglementaire.

La méthode est élémentaire :

L’accès à Internet est-il disponible ? Sa stabilité est-elle avérée ? La question de son accessibilité financière se pose-t-elle ?

Les antagonismes résiduels entre experts, les controverses d’interprétation et les luttes pour le monopole de la vérité relèvent davantage du débat sectoriel que de la priorité citoyenne. Le Sénégal aborde une étape déterminante de sa mutation numérique. Dans cette perspective, il convient d’évaluer chaque technologie non pas en fonction des intérêts particuliers qu’elle perturbe, mais plutôt en considérant son impact global sur la collectivité.

Le dossier Starlink ne doit donc pas être considéré comme clos : Il faut éviter toute confrontation politique, toute revendication corporatiste et l’instrumentalisation d’un débat de souveraineté. Il convient de le considérer pour sa nature intrinsèque, à savoir un facteur susceptible d’intensifier la connectivité à l’échelle nationale.

Il convient d’assurer la connectivité du plus grand nombre de Sénégalais possible, d’atténuer les disparités spatiales, de rendre l’accès aux technologies numériques plus accessible.

C’est dans ce domaine, celui de l’intérêt général, que le débat doit dorénavant se dérouler.

Basile NIANE, Co-fondateur de Social Net Link

(Source : Social Net Link, 19 février 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2164/2470 Régulation des télécoms
  • 173/2470 Télécentres/Cybercentres
  • 1653/2470 Economie numérique
  • 870/2470 Politique nationale
  • 2470/2470 Fintech
  • 256/2470 Noms de domaine
  • 935/2470 Produits et services
  • 726/2470 Faits divers/Contentieux
  • 368/2470 Nouveau site web
  • 2409/2470 Infrastructures
  • 857/2470 TIC pour l’éducation
  • 93/2470 Recherche
  • 121/2470 Projet
  • 1644/2470 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 922/2470 Sonatel/Orange
  • 792/2470 Licences de télécommunications
  • 137/2470 Sudatel/Expresso
  • 500/2470 Régulation des médias
  • 639/2470 Applications
  • 524/2470 Mouvements sociaux
  • 811/2470 Données personnelles
  • 63/2470 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2470 Mouvement consumériste
  • 180/2470 Médias
  • 321/2470 Appels internationaux entrants
  • 808/2470 Formation
  • 47/2470 Logiciel libre
  • 1006/2470 Politiques africaines
  • 489/2470 Fiscalité
  • 83/2470 Art et culture
  • 290/2470 Genre
  • 843/2470 Point de vue
  • 519/2470 Commerce électronique
  • 731/2470 Manifestation
  • 159/2470 Presse en ligne
  • 62/2470 Piratage
  • 102/2470 Téléservices
  • 454/2470 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2470 Environnement/Santé
  • 168/2470 Législation/Réglementation
  • 176/2470 Gouvernance
  • 873/2470 Portrait/Entretien
  • 72/2470 Radio
  • 382/2470 TIC pour la santé
  • 138/2470 Propriété intellectuelle
  • 29/2470 Langues/Localisation
  • 532/2470 Médias/Réseaux sociaux
  • 970/2470 Téléphonie
  • 95/2470 Désengagement de l’Etat
  • 505/2470 Internet
  • 57/2470 Collectivités locales
  • 204/2470 Dédouanement électronique
  • 557/2470 Usages et comportements
  • 514/2470 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2470 Audiovisuel
  • 1553/2470 Transformation digitale
  • 191/2470 Affaire Global Voice
  • 78/2470 Géomatique/Géolocalisation
  • 160/2470 Service universel
  • 330/2470 Sentel/Tigo
  • 87/2470 Vie politique
  • 765/2470 Distinction/Nomination
  • 17/2470 Handicapés
  • 352/2470 Enseignement à distance
  • 341/2470 Contenus numériques
  • 292/2470 Gestion de l’ARTP
  • 89/2470 Radios communautaires
  • 877/2470 Qualité de service
  • 216/2470 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2470 SMSI
  • 236/2470 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1445/2470 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2470 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2470 Internet des objets
  • 85/2470 Free Sénégal
  • 294/2470 Intelligence artificielle
  • 97/2470 Editorial
  • 2/2470 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2470 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous