Souveraineté numérique : Les pays ouest-africains connectent leurs stratégies
samedi 10 octobre 2026
Dakar a accueilli, ce jeudi 8 octobre 2026, la réunion interministérielle constitutive du Conseil interministériel du réseau ouest-africain des « Backbones » nationaux (Roa-Bn). Cette rencontre, qui a réuni dix pays membres, a pour objectif de renforcer la synergie régionale et de promouvoir le développement des infrastructures numériques.
L’avenir du numérique en Afrique de l’Ouest a été au cœur des échanges, hier, jeudi 8 octobre, lors de la réunion interministérielle constitutive du Conseil interministériel du réseau ouest-africain des « Backbones » nationaux (Roa-Bn).
À Dakar, les représentants des dix pays membres de cette instance régionale se sont penchés sur les enjeux économiques et sociaux liés au développement du numérique. Ils engagent leurs États respectifs à s’investir davantage dans la mise en œuvre et la valorisation des infrastructures numériques transfrontalières. Cela, pour garantir la connectivité entre les États et offrir aux communautés des opportunités économiques. Les « Backbones3 vont fluidifier la transmission de données et d’informations qui peuvent être utilisées dans la prise de décision publique. Pour le président du Roa-Bn, Cheikh Oumar Traoré, par ailleurs directeur général de la Société malienne de transmission et de diffusion, il s’agit de faire du numérique un levier de souveraineté, de compétitivité et de développement économique. À ses yeux, la région ouest-africaine dispose d’atouts considérables ; du fait qu’elle est reliée par des infrastructures stratégiques de plus en plus performantes.
Construire les autoroutes du numérique
Aussi, a-t-il souligné, la région bénéficie d’investissements majeurs dans les réseaux de fibre optique et l’accès international. « Elle dispose surtout d’une jeunesse dynamique, d’un marché en pleine croissance et d’une volonté affirmée de faire du numérique un moteur de développement. Toutefois, pour exploiter pleinement ce potentiel, nous devons aller plus loin. Nous devons mutualiser davantage nos capacités. Nous devons renforcer nos interconnexions régionales. Nous devons faciliter la circulation des données à l’échelle sous-régionale. Et surtout, nous devons construire un véritable marché régional des infrastructures numériques », a ajouté M. Traoré. Face aux évolutions technologiques, les pays membres du réseau ouest-africain des « Backbones » nationaux entendent renforcer leur coopération pour bâtir une intégration numérique. La matérialisation de cette vision commune nécessite l’adoption de textes fondateurs, la validation du Plan stratégique 2026-2030 et la mise en place des instances du réseau. Une fois cette étape franchie, les membres vont miser sur l’implantation d’infrastructures publiques robustes, avec des réseaux de fibres optiques de plusieurs milliers de kilomètres interconnectées, des datacenters de dernière génération et des points d’échanges. « Sur le plan technique, notre mission est claire et quantifiable : nous devons harmoniser nos cadres réglementaires pour optimiser les liaisons transfrontalières en fibre optique, mutualiser nos capacités redondantes et poser les jalons d’un corridor d’infrastructure qui garantira le transit de la donnée ouest-africaine sur le sol ouest-africain », a souligné Samba Diouf, le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique. « L’inclusion numérique, le développement des moyens de télécommunications et l’économie numérique demeurent nos objectifs principaux. Cela exige de notre part une synergie technique et financière sans précédent », a-t-il ajouté.
Diégane Diouf
(Source : Le Soleil, 10 octobre 2026)
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