OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Souveraineté numérique : le Sénégal proche du but, mais encore loin de (…)

Souveraineté numérique : le Sénégal proche du but, mais encore loin de l’impact !

jeudi 18 décembre 2025

Politique nationale

Chaque fin d’année agit comme un révélateur. Elle oblige à quitter le confort des intentions pour affronter la réalité des faits. Dans le paysage numérique sénégalais, l’année 2025 restera comme celle d’une inflation lexicale sans précédent autour d’un concept devenu central : la souveraineté numérique. Rarement une expression aura été aussi répétée, aussi mobilisée, aussi revendiquée. Elle est désormais le point d’entrée de presque tous les discours officiels et leur conclusion obligée, le socle affiché des stratégies publiques et le marqueur politique d’une ambition nationale.

Il serait intellectuellement malhonnête de nier ce que cette centralité révèle. Elle traduit une prise de conscience réelle, tardive mais nécessaire, des enjeux de dépendance technologique, de captation des données, de vulnérabilité des États face aux plateformes globales et de perte de maîtrise sur des infrastructures critiques. En ce sens, 2025 n’a pas été une année creuse. Des projets ont été annoncés, des initiatives engagées, des cadres stratégiques posés. Le Sénégal n’a sans doute jamais été aussi proche du but.

Mais dans le numérique, la proximité ne vaut rien sans rigueur. Ce secteur ne récompense ni l’intention ni la rhétorique. Il sanctionne l’imprécision, l’approximation et les retards. La souveraineté numérique n’est pas un récit. Elle est une construction lente, technique, parfois ingrate, faite d’architectures, de bases de données, de procédures, de maintenance et de continuité de service. Elle commence toujours par le bas, par ce que vit le citoyen, par ce que l’administration est réellement capable de délivrer sans friction.

Et c’est précisément là que le décalage apparaît. En 2025, malgré les annonces, malgré les stratégies, malgré les promesses, un citoyen sénégalais ne peut toujours pas, de manière simple, fluide et généralisée, obtenir en ligne les documents administratifs les plus élémentaires. L’extrait de naissance reste un parcours. Le casier judiciaire reste une file. Le passeport reste une attente. Ces réalités ne relèvent pas de l’anecdote : elles sont le thermomètre exact de la transformation numérique d’un État.

On peut parler d’intelligence artificielle, de cloud souverain, de cybersécurité avancée. Mais tant qu’un citoyen doit se déplacer physiquement pour prouver son existence administrative, la souveraineté numérique reste un concept bien formulé, pas une réalité vécue.

Ce constat est d’autant plus troublant que des pays de la sous-région avancent sur ces fondamentaux sans bruit excessif ni inflation sémantique. Le Bénin a fait de la modernisation de l’état civil et de l’identité numérique une priorité opérationnelle, avec des plateformes utilisées par les citoyens. La Mauritanie progresse sur des services numériques simples, accessibles, mais fonctionnels. Le Togo, en s’attaquant à la digitalisation de la gestion des retraites, montre qu’il est possible de traiter des sujets complexes et sensibles lorsque le numérique est pris au sérieux.

Il ne s’agit pas ici de comparer le Sénégal aux champions mondiaux que sont l’Estonie, Singapour, la Chine ou les États-Unis. À défaut de les rattraper, regardons déjà ce que font correctement nos voisins. Dans le numérique public, le fonctionnel vaut toujours mieux que le spectaculaire.

Le Sénégal, il faut le dire clairement, est un champion incontesté des projets, des stratégies et des ateliers. Peu de pays produisent autant de visions, de feuilles de route, de cadres de réflexion. Le problème n’est donc pas l’absence d’idées. Le problème est l’exécution. La souveraineté numérique ne se décrète pas dans un document stratégique. Elle se prouve dans la durée, dans la capacité à livrer, à maintenir, à corriger, à faire évoluer des systèmes.

À ce titre, certaines annonces majeures faites en 2025 appellent aujourd’hui des réponses claires. J’attends beaucoup de la dématérialisation intégrale des procédures de l’administration annoncée en grande pompe. J’attends tout autant des nouvelles concrètes sur la digitalisation intégrale du courrier administratif demandée par le Premier ministre, dont l’effectivité était attendue dès le mois d’octobre dernier. Dans un État qui se veut numérique, l’absence d’information est déjà un dysfonctionnement.

Car le numérique impose une autre exigence : la réactivité. Un ministère en charge du numérique ne peut pas fonctionner comme une administration classique. Il doit répondre à temps aux appels du secteur, partager l’information, expliquer ses choix, assumer ses retards, dialoguer avec les acteurs. La souveraineté numérique ne se construit pas derrière des portes closes.

C’est ici que la question de la gouvernance devient centrale. Choisir un Ministère pleinement numérique, qui, non seulement demeure à l’écoute du secteur, mais ouvre ses portes et joue le jeu. Le Sénégal se construit avec son secteur privé, qui, de tout temps, a fait presque l’essentiel des stratégies avant une appropriation par l’équipe gouvernementale en place. L’ignorer serait une faute stratégique.

Choisir un ministère pleinement orienté dans le numérique, séparé de la communication. Ce choix n’est pas symbolique. Il est structurant. Il s’agit de montrer enfin que le Sénégal a compris les enjeux, de bâtir un véritable État plateforme, capable d’interconnecter ses administrations, de capitaliser sur les initiatives existantes, de rationaliser les projets et surtout de ne pas ouvrir trop de chantiers en même temps.

Car la dispersion est l’ennemie de la souveraineté. Un État souverain numériquement est un État qui priorise, qui arbitre, qui livre peu mais bien, et qui améliore en continu. Il communique moins qu’il ne construit.

Si 2025 a été l’année où la souveraineté numérique a dominé les discours et les débats publics, alors 2026 devra être celle de la confrontation avec le réel. Le Sénégal n’a jamais été aussi proche du but. Mais dans le numérique, la proximité ne suffit pas. Seule la rigueur permet d’arriver.

(Source : Le Techobservateur, 25 décembre 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4627/5210 Régulation des télécoms
  • 365/5210 Télécentres/Cybercentres
  • 3661/5210 Economie numérique
  • 1928/5210 Politique nationale
  • 5015/5210 Fintech
  • 552/5210 Noms de domaine
  • 2889/5210 Produits et services
  • 1548/5210 Faits divers/Contentieux
  • 793/5210 Nouveau site web
  • 5210/5210 Infrastructures
  • 1730/5210 TIC pour l’éducation
  • 200/5210 Recherche
  • 257/5210 Projet
  • 4359/5210 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1843/5210 Sonatel/Orange
  • 1644/5210 Licences de télécommunications
  • 299/5210 Sudatel/Expresso
  • 1014/5210 Régulation des médias
  • 1356/5210 Applications
  • 1162/5210 Mouvements sociaux
  • 1758/5210 Données personnelles
  • 132/5210 Big Data/Données ouvertes
  • 618/5210 Mouvement consumériste
  • 387/5210 Médias
  • 679/5210 Appels internationaux entrants
  • 1961/5210 Formation
  • 99/5210 Logiciel libre
  • 2252/5210 Politiques africaines
  • 1049/5210 Fiscalité
  • 172/5210 Art et culture
  • 614/5210 Genre
  • 1924/5210 Point de vue
  • 1049/5210 Commerce électronique
  • 1544/5210 Manifestation
  • 343/5210 Presse en ligne
  • 138/5210 Piratage
  • 215/5210 Téléservices
  • 961/5210 Biométrie/Identité numérique
  • 314/5210 Environnement/Santé
  • 406/5210 Législation/Réglementation
  • 424/5210 Gouvernance
  • 2014/5210 Portrait/Entretien
  • 155/5210 Radio
  • 815/5210 TIC pour la santé
  • 309/5210 Propriété intellectuelle
  • 68/5210 Langues/Localisation
  • 1117/5210 Médias/Réseaux sociaux
  • 2110/5210 Téléphonie
  • 221/5210 Désengagement de l’Etat
  • 1055/5210 Internet
  • 133/5210 Collectivités locales
  • 502/5210 Dédouanement électronique
  • 1255/5210 Usages et comportements
  • 1084/5210 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 582/5210 Audiovisuel
  • 3292/5210 Transformation digitale
  • 402/5210 Affaire Global Voice
  • 165/5210 Géomatique/Géolocalisation
  • 327/5210 Service universel
  • 704/5210 Sentel/Tigo
  • 194/5210 Vie politique
  • 1647/5210 Distinction/Nomination
  • 37/5210 Handicapés
  • 720/5210 Enseignement à distance
  • 735/5210 Contenus numériques
  • 639/5210 Gestion de l’ARTP
  • 187/5210 Radios communautaires
  • 1954/5210 Qualité de service
  • 457/5210 Privatisation/Libéralisation
  • 139/5210 SMSI
  • 477/5210 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2817/5210 Innovation/Entreprenariat
  • 1392/5210 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5210 Internet des objets
  • 182/5210 Free Sénégal
  • 762/5210 Intelligence artificielle
  • 232/5210 Editorial
  • 24/5210 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous