Souveraineté numérique : comment Orange construit son réseau mondial entre mer, terre et espace
mercredi 15 juillet 2026
L’essor des services numériques, du cloud et de l’IA accroît les besoins en infrastructures de connectivité à l’échelle mondiale. Pour accompagner cette évolution, Orange investit dans des réseaux internationaux combinant câbles sous‑marins, fibre transfrontalière et connectivité satellitaire.
Historiquement associée aux réseaux mobiles et à la fibre, la stratégie d’Orange en Afrique s’étend désormais à des infrastructures moins visibles mais tout aussi essentielles : celles qui transportent les données à l’échelle internationale. Dans son rapport de responsabilité sociétale « Grandir ensemble », présenté le vendredi 10 juillet à Casablanca, Orange Moyen‑Orient et Afrique (OMEA) met en avant une architecture qui s’articule autour de trois piliers complémentaires : les câbles sous‑marins, les réseaux terrestres transfrontaliers et les communications satellitaires.
Présent dans 17 pays d’Afrique et du Moyen‑Orient, le groupe dispose aujourd’hui de 40 points de présence internationaux (PoP) qui assurent l’interconnexion de ses réseaux avec les principales infrastructures mondiales. Ce maillage constitue la base sur laquelle transitent les services de connectivité, le cloud, les plateformes numériques et les solutions financières développées par l’opérateur.
Les câbles sous‑marins au cœur de la connectivité internationale
La première composante de cette stratégie repose sur les infrastructures sous‑marines, par lesquelles transite l’immense majorité du trafic Internet mondial. Pour accompagner l’augmentation rapide des volumes de données échangés entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie, Orange participe au développement de plusieurs systèmes de nouvelle génération.
Le groupe est notamment impliqué dans 2Africa, devenu pleinement opérationnel en 2025. Avec près de 45 000 kilomètres de longueur et 46 stations d’atterrissement réparties sur trois continents, il figure parmi les plus vastes réseaux de câbles sous‑marins jamais déployés. Cette infrastructure accroît fortement les capacités de transmission et sécurise les échanges internationaux de données.
Orange poursuit également le déploiement de Medusa, un câble destiné à renforcer les liaisons numériques entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Après une première connexion en Tunisie, le réseau a récemment atteint le Maroc avec un point d’atterrissement à Nador. Doté d’une capacité de 20 térabits par seconde, Medusa contribue à diversifier les routes de connectivité en Méditerranée et à améliorer la résilience des réseaux régionaux.
Djoliba renforce l’interconnexion de l’Afrique de l’Ouest
La connectivité internationale ne repose toutefois pas uniquement sur les infrastructures maritimes. Pour acheminer les données à l’intérieur du continent, Orange s’appuie sur Djoliba, son backbone régional en fibre optique.
Ce réseau terrestre relie aujourd’hui huit pays d’Afrique de l’Ouest, permettant aux différentes filiales du groupe d’échanger directement leurs données sans dépendre systématiquement de liaisons internationales. Cette infrastructure contribue à améliorer la qualité de service, à réduire les risques de coupures et à fluidifier les échanges numériques au sein de la sous‑région, dans un contexte marqué par la progression du cloud, du streaming, du mobile money et des services publics numériques.
Le satellite pour connecter les territoires isolés
Le troisième pilier de cette stratégie concerne la connectivité spatiale. En mars 2025, Orange a conclu un partenariat avec Eutelsat pour proposer des services d’accès Internet par satellite en Afrique et au Moyen‑Orient.
L’objectif est de fournir une solution de connectivité dans les zones où le déploiement de la fibre ou des réseaux mobiles demeure difficile en raison des contraintes géographiques ou des coûts d’investissement. Cette technologie doit permettre de couvrir le « dernier kilomètre » et d’étendre l’accès aux services numériques dans les territoires ruraux ou faiblement desservis.
Une infrastructure au service des nouveaux usages
Ces investissements accompagnent l’évolution du modèle économique d’Orange. Avec la progression du cloud, du mobile money, des plateformes numériques, de l’intelligence artificielle et des services publics en ligne, les besoins en capacité, en rapidité et en sécurisation des échanges de données ne cessent de croître.
Dans ce contexte, les infrastructures internationales deviennent un levier stratégique. Les câbles sous‑marins augmentent les capacités de transmission entre l’Afrique et le reste du monde, les réseaux terrestres renforcent l’intégration numérique régionale, tandis que le satellite permet d’étendre la connectivité aux zones où les infrastructures classiques restent difficiles à déployer. Pour Orange, cette architecture constitue le socle technique sur lequel repose désormais le développement de ses services numériques, qu’il s’agisse des solutions financières, du cloud, des plateformes digitales ou des futurs usages liés à l’intelligence artificielle.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 15 juillet 2026)
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