Sonatel : Brelotte Ba dévoile les leviers de la transformation digitale en Afrique de l’Ouest
mardi 27 octobre 2026
Invité de Vincent Touraine dans l’émission « Paroles d’entreprises » sur BFM Business, le directeur général de Sonatel, Brelotte Ba, a exposé les principaux leviers de performance du groupe de télécommunications. Entre investissements dans les réseaux, amélioration de l’expérience client, accompagnement du New Deal Technologique et formation aux métiers du numérique, le dirigeant réaffirme les ambitions du groupe en Afrique de l’Ouest.
Quels sont les ressorts de la performance de Sonatel sur le marché ouest-africain des télécommunications ? À cette question de Vincent Touraine, Brelotte Ba met en avant trois piliers : l’investissement, la connaissance des marchés et l’attention portée à l’expérience des utilisateurs.
« D’abord, l’investissement, qui permet de disposer de réseaux robustes pour une large couverture. C’est également la connaissance des marchés et une attention particulière portée à l’expérience des utilisateurs », explique le directeur général de Sonatel.
Le dirigeant insiste également sur l’ancrage territorial du groupe, présent dans cinq pays. Selon lui, cette implantation contribue à la création de près de 200 000 emplois indirects et permet à l’entreprise de maintenir une forte présence, notamment dans les zones rurales.
« C’est vraiment le socle de notre performance durable et ce qui permet la confiance de nos clients et de nos actionnaires », affirme-t-il, précisant que Sonatel représente 20 % de la capitalisation boursière de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan.
Pour Brelotte Ba, une transformation digitale réussie ne saurait se limiter au déploiement des infrastructures. Elle doit également transformer les usages et produire des effets concrets sur la société.
Le groupe adopte ainsi une approche différenciée selon les besoins du grand public, des entreprises et des administrations publiques.
Pour les particuliers, l’objectif est de faciliter l’accès à la connectivité et de simplifier l’utilisation des services numériques, notamment grâce aux interfaces vocales. Pour les entreprises, Sonatel entend renforcer le déploiement de solutions de collaboration adaptées à leurs activités.
Au Sénégal, le groupe inscrit également son action dans le cadre du New Deal Technologique, la stratégie nationale destinée à accélérer la transformation numérique du pays.
« Pour l’État, dans le cadre du Sénégal, c’est un projet d’État qui vise à accélérer la transformation digitale tout en permettant l’émergence de champions. Nous prenons toute notre part, notamment en permettant le paiement des taxes par mobile », souligne le directeur général.
Au-delà de ses activités commerciales, Sonatel entend investir dans le développement du capital humain. Si la Fondation Sonatel est notamment connue pour ses interventions dans l’éducation et la santé, le groupe veut également renforcer son engagement dans la formation aux compétences numériques. « Quand on opère dans nos pays, on se rend compte que le facteur humain est le premier critère de succès », estime Brelotte Ba.
Cette orientation se traduit, selon lui, par la nécessité de développer les compétences internes, de former les jeunes aux métiers de l’intelligence artificielle et du développement d’applications, mais aussi d’accompagner les start-up. Le directeur général de la Sonatel considère en effet que la disponibilité de compétences locales constitue un levier essentiel pour tirer pleinement profit des opportunités offertes par la transformation numérique.
L’année 2026 constitue également une échéance particulière pour le Sénégal, qui accueille pour la première fois en Afrique les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Dans ce contexte, Sonatel entend contribuer à la réussite de l’événement à travers ses infrastructures et son expertise technologique. « Notre rôle, c’est d’abord d’apporter la connectivité. Pour cela, nous bénéficions de l’expertise du groupe Orange, qui a été le partenaire technologique des Jeux olympiques de Paris 2024 », explique Brelotte Ba.
L’engagement du groupe va toutefois au-delà de la connectivité. Le dirigeant annonce également l’organisation de hackathons et la formation de 1 000 volontaires aux compétences numériques, entre autres domaines. Cette mobilisation s’inscrit dans la dynamique des JOJ Dakar 2026, avec l’ambition de faire de cet événement une vitrine du savoir-faire numérique africain.
Malgré les progrès réalisés dans le déploiement des réseaux haut débit, Brelotte Ba identifie un défi majeur : le décalage entre la disponibilité de la couverture numérique et l’utilisation effective des services par les populations. « Dans nos pays, près de la moitié de la population couverte par des réseaux haut débit ne les utilise pas », indique-t-il.
Pour le patron de Sonatel, cette situation montre que l’accès aux infrastructures ne suffit pas. Il faut également renforcer les compétences numériques, accompagner les utilisateurs et favoriser l’appropriation des services disponibles. « Nous allons continuer à investir, à apporter la connectivité. Nous devons aussi nous attaquer à un défi de taille, qui est le gap d’usage. Le développement des compétences numériques et l’accompagnement des usages sont souvent des facteurs clés de succès », conclut Brelotte Ba.
À travers cette stratégie, Sonatel entend poursuivre ses investissements dans les réseaux tout en faisant de l’inclusion numérique, de la formation et de l’innovation des axes majeurs de son développement en Afrique de l’Ouest.
(Source : Dakar Actu, 27 octobre 2026)
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