Solaire : 45 millions $ de l’IFC pour alimenter des sites télécoms dans 3 pays africains
mardi 24 mars 2026
L’un des principaux défis des opérateurs télécoms africains reste l’approvisionnement énergétique nécessaire au fonctionnement des sites. Alors que les réseaux électriques sont souvent insuffisants ou instables, les opérateurs se tournent vers les énergies renouvelables.
La Société financière internationale (IFC) a annoncé, le lundi 23 mars, un investissement de 45 millions de dollars destiné à l’alimentation de sites télécoms par énergie solaire en Éthiopie, au Liberia et en Sierra Leone. L’initiative doit renforcer la fiabilité des réseaux télécoms dans ces pays où l’adoption des services est encore limitée.
Le financement est accordé à IPT PowerTech, une société spécialisée dans les services énergétiques pour les télécommunications (T-ESCO). L’investissement soutiendra la modernisation, l’exploitation et la maintenance de 2235 sites télécoms à travers les trois pays. Près de 90 % de ces sites sont implantés dans des zones non raccordées au réseau électrique national ou caractérisées par une alimentation instable.
Avec l’installation de nouveaux systèmes solaires et de batteries pour alimenter ces infrastructures, l’IFC estime que les réseaux mobiles en Éthiopie, au Liberia et en Sierra Leone devraient connaître moins de pannes et réduire leur dépendance aux générateurs diesel. L’optimisation du mix énergétique pourrait réduire les coûts d’électricité des opérateurs de 30 % au Liberia, 26 % en Sierra Leone et 52 % en Éthiopie.
Cette initiative intervient dans un contexte où les opérateurs africains restent fortement exposés aux défis énergétiques, selon la GSMA. Ces défis incluent les coupures de courant, le faible accès au réseau électrique, les coûts élevés de l’énergie et les difficultés d’accès aux sources renouvelables. À cela s’ajoute une forte dépendance au diesel, qui entraîne des coûts importants et des contraintes opérationnelles pour les opérateurs. L’organisation recommande ainsi un recours accru aux énergies renouvelables pour atténuer ces contraintes.
L’IFC explique qu’en améliorant la qualité et la stabilité de l’électricité alimentant les infrastructures télécoms, cette initiative renforcera la couverture mobile et permettra aux ménages, écoles, centres de santé et petites entreprises de bénéficier de services numériques plus fiables. L’institution y associe également une baisse potentielle des coûts des services, susceptible de favoriser leur adoption et leur usage.
Selon DataReportal, la Sierra Leone comptait 8,94 millions d’abonnements à la téléphonie mobile et 1,85 million d’utilisateurs d’Internet pour une population de 8,86 millions. Au Liberia, on recensait 5,54 millions d’abonnements mobiles et 1,73 million d’internautes sur une population de 5,76 millions. En Éthiopie, le nombre d’abonnements mobiles atteignait 93,2 millions, contre 29,5 millions d’utilisateurs d’Internet pour une population estimée à 136 millions.
Ces chiffres doivent toutefois être nuancés, certaines personnes disposant de plusieurs cartes SIM comptabilisées comme autant d’abonnements. À titre indicatif, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que les taux de pénétration de la téléphonie mobile s’élevaient à 50,3 % en Sierra Leone, 54,8 % au Liberia et 52,7 % en Éthiopie en 2024. Pour l’Internet, ces taux sont de 25,1 %, 32,2 % et 21,99 %, respectivement.
Il convient néanmoins de rappeler qu’une amélioration de la disponibilité du réseau ne se traduit pas automatiquement par une adoption accrue des services télécoms. D’autres facteurs entrent en jeu, notamment la possession de terminaux, l’accès à l’électricité pour les recharger, l’accessibilité financière des offres et les compétences numériques. Par ailleurs, les zones non couvertes par les réseaux restent, par définition, exclues de ces avancées.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 24 mars 2026)
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