Smartphones, ordinateurs… : le Sénégal s’engage dans un projet d’assemblage local à 134 millions d’euros
lundi 12 octobre 2026
Créer une industrie tech nationale, réduire la dépendance aux importations, former une main-d’œuvre qualifiée : entre ambitions politiques, réalités économiques et concurrence internationale, le pari de l’assemblage local révèle autant d’opportunités que de défis. C’est un enjeu de souveraineté que partagent plusieurs pays africains, dont le Sénégal.
Le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a signé ce 6 octobre une convention de partenariat d’un montant de près de 134,1 millions d’euros avec le Conseil mondial des investissements et des affaires pour l’Afrique et l’entreprise indienne Blue Cloud Softech Solutions. Elle porte sur l’installation d’un complexe d’assemblage d’équipements numériques dans la localité de Diamniadio, près de Dakar. Le démarrage du projet est programmé pour décembre 2026.
L’initiative vise à réduire la dépendance du pays ouest-africain aux importations de terminaux et d’outils numériques, et à créer une base manufacturière dans le secteur des technologies. Selon le directeur de l’Économie numérique et des Partenariats, Roger Thiam, les importations sénégalaises de matériel informatique sont estimées à près de 639 millions d’euros par an.
Les équipements attendus de l’unité d’assemblage comprennent des téléphones mobiles, des ordinateurs portables, des tablettes et, à terme, certains dispositifs destinés aux administrations et aux établissements scolaires. L’objectif est de répondre d’abord à la demande nationale avant de cibler les marchés de la sous-région.
Inclusion numérique
Ce chantier s’inscrit dans le New Deal Technologique, la feuille de route numérique dévoilée en 2025 par les autorités, qui ambitionne de faire du secteur un moteur de croissance, de souveraineté et de création d’emplois qualifiés. Il s’articule également avec l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui place l’industrialisation et la maîtrise des technologies au cœur de la politique économique.
Le marché sénégalais offre un terrain favorable. Le taux de couverture de la téléphonie mobile dépasse largement 100%, selon l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). La couverture 4G avoisine 97%, mais 54% de la population ne dispose pas d’équipements adaptés, alors que la demande en smartphones abordables progresse. Aujourd’hui, la quasi-totalité des appareils vendus dans le pays est importée.
Muriel Edjo
(Source : La Tribune Afrique, 12 octobre 2026)
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