OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2020 > Silence, on data-gouverne… La « guerre de Toi » ne devrait pas avoir lieu

Silence, on data-gouverne… La « guerre de Toi » ne devrait pas avoir lieu

lundi 27 avril 2020

Point de vue

La guerre de Troie n’aura pas lieu… cette célèbre pièce de théâtre de Jean Giraudoux s’était voulue un signal, un avertissement, relatif aux dérives et aux écarts avant-coureurs de la Seconde guerre mondiale en préparation. Comme souvent, dans l’histoire de l’Humanité, le droit était en cours de manipulation pour justifier des fins prédatrices, commerciales et politiciennes, pas toujours porteuses d’intentions consciemment louables.

Aujourd’hui, il ne s’agit ni d’Hélène, ni d’Hector, ni de Pâris, ni de Priam… Il s’agit de notre « soi », de votre « toi », projetés dans un espace à effets biométrisés multiples dont nous perdons le contrôle petit à petit, à coup d’algorithmes créateurs d’opacité pour certains d’entre eux, et destructeurs d’éthique pour d’autres. La protection des données, stricto sensu à caractère personnel, est, de plus en plus, un combat du passé. Au nom de l’efficience et de la rationalisation de gestions diverses, on nous convainc de la légitimité de collectes de données tous azimuts.

Silence, on collecte…

En fait, c’est probablement la compréhension du concept de vie privée qui est dévoyée, ou, a minima, qui n’est plus communément partagée. Certains vont jusqu’à soutenir que la vie privée n’a plus de sens… qu’il s’agit d’une notion liée à la révolution industrielle, dépassée en cette époque de digitalisation croissante.

Nous n’avons rien à cacher, répète-t-on à qui veut bien l’entendre. Il semble que nous ne soyons plus vraiment en mesure de bien appréhender les conséquences, sur notre vie tout court, qu’elle soit privée ou non, d’une digitalisation technicienne, techniciste et techno-centrée. Il ne s’agit bien évidemment pas de remettre en cause les bénéfices du principe de la digitalisation et de l’apport des nouvelles technologies, mais plutôt d’alerter sur les modalités de leurs déploiements pas toujours bien réfléchies. Il ne s’agit pas de refuser de monter dans la voiture, bien au contraire, mais de s’entendre sur le code de la route. Faut-il rouler à 120 km à l’heure dans les ruelles de nos villages intimes ? Nous ne pouvons qu’être heureux, en cette période de COVID-19, de bénéficier d’un certain nombre de services numériques. Il faut juste veiller à bien organiser les modalités de déploiement de la digitalisation et éviter qu’elles ne soient qu’une simple affaire de techniciens raffolant de la gestion de bases de données jumelées à quelques smartphones.

Ces modalités de déploiement doivent être sujets à une démarche citoyenne, contrôlée par des outils démocratiques modernes, adoptant des positions favorisant le progrès et le respect des droits humains.

Le progrès n’est pas que technique. Il doit se traduire par le respect de l’autre et par la mise en place de gouvernance construite sur autre chose que l’intrusion systématique dans la vie intime des personnes et, loin de certaines pratiques basées sur la peur et la colère, pouvant ouvrir la voie à certains mécanismes fascisants.

Nous sommes tous en « avatarisation » avancée. Devons-nous gérer nos identités ou celles de nos avatars ? Certes, les objectifs de développement durable préconisés par les Nations unies, en particulier l’ODD 16.9, prônent une identité légale pour tout citoyen du monde, mais n’imposent nullement que cette identité légale se traduise par une identité numérique unique exprimée par un identifiant unique et public. Un tel raccourci est intellectuellement faux et peut constituer une erreur de gouvernance stratégiquement coûteuse.

D’autant plus que les finalités de rationalisation des gestions quotidiennes souhaitées et souhaitables peuvent être atteintes autrement. Il est tout à fait possible de disposer d’identités numériques sectorielles permettant de préserver la vie privée, de réduire et contrôler les méfaits des visions à 360° élargies, et de réglementer les algorithmes de profilage en vue de les « humaniser ». Il s’agit aussi d’éviter de stocker aux mêmes endroits les données d’usage et les données d’authentification.

Silence, on calcule…

Pas partout. Par exemple, la Constitution du Portugal, en date du 2 avril 1976, indique dans son article 35 qu’il est interdit d’attribuer aux citoyens un numéro national unique… Une identité légale unique n’est pas synonyme d’une identité digitale unique. Le numérique n’est pas qu’une question technique, il devient un outil de reconfiguration des équilibres du quotidien, institutionnels, voire constitutionnels. Quel est le rôle des démocraties digitalisées dans la production de politiques publiques ? Celles-ci resteront-elles du ressort des gouvernances nationales ou seront-elles portées par des entités internationales détentrices d’algorithmes de profilage aussi performants que inatteignables ?

Silence, on data-gouverne…

Pourrons-nous aspirer à être encore des citoyens porteurs et producteurs d’idées ? Ou simplement des avatars producteurs de données brutes ?

Il devient ainsi important de se poser les bonnes questions.

Où va-t-on ? Il n’y a pas d’idées préconçues a priori. Il faut juste s’entendre sur les méthodologies d’acceptation des évolutions en cours. A-t-on encore le droit d’en parler, ou faut-il se résigner au diktat du fait accompli et de la situation de non-retour ? Nous engageons des choix techniques qui ne prennent pas le recul suffisant sur les impacts sociétaux induits.

Nous devrions mettre en place des comités d’éthique pour accompagner les choix de digitalisation. Avec un peu de lucidité, un peu d’échanges et un peu de débats, la « guerre de Toi » ne devrait pas avoir lieu.

Omar Seghrouchni [1]

(Source : CIO Mag, 27 avril 2020)


[1] Président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) au Maroc. Natif de Rabat (Maroc), Omar Seghrouchni a exercé près de 32 ans en France dans les domaines de l’organisation et des systèmes d’information. Spécialiste de la gouvernance des transformations, il a été nommé en novembre 2018, président de la CNDP au Maroc. Il préside depuis 2019 la CDAI (Commission du Droit d’Accès à l’Information). Au-delà de la protection des données à caractère personnel, il travaille pour celle du citoyen au sein de l’écosystème numérique.

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4644/5801 Régulation des télécoms
  • 350/5801 Télécentres/Cybercentres
  • 3514/5801 Economie numérique
  • 1767/5801 Politique nationale
  • 5801/5801 Fintech
  • 522/5801 Noms de domaine
  • 2030/5801 Produits et services
  • 1474/5801 Faits divers/Contentieux
  • 751/5801 Nouveau site web
  • 5288/5801 Infrastructures
  • 1930/5801 TIC pour l’éducation
  • 189/5801 Recherche
  • 244/5801 Projet
  • 3932/5801 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1994/5801 Sonatel/Orange
  • 1614/5801 Licences de télécommunications
  • 277/5801 Sudatel/Expresso
  • 1018/5801 Régulation des médias
  • 1300/5801 Applications
  • 1057/5801 Mouvements sociaux
  • 1672/5801 Données personnelles
  • 130/5801 Big Data/Données ouvertes
  • 598/5801 Mouvement consumériste
  • 363/5801 Médias
  • 650/5801 Appels internationaux entrants
  • 1874/5801 Formation
  • 96/5801 Logiciel libre
  • 2253/5801 Politiques africaines
  • 1152/5801 Fiscalité
  • 167/5801 Art et culture
  • 585/5801 Genre
  • 1799/5801 Point de vue
  • 1273/5801 Commerce électronique
  • 1572/5801 Manifestation
  • 327/5801 Presse en ligne
  • 127/5801 Piratage
  • 209/5801 Téléservices
  • 942/5801 Biométrie/Identité numérique
  • 307/5801 Environnement/Santé
  • 346/5801 Législation/Réglementation
  • 357/5801 Gouvernance
  • 1844/5801 Portrait/Entretien
  • 145/5801 Radio
  • 748/5801 TIC pour la santé
  • 286/5801 Propriété intellectuelle
  • 58/5801 Langues/Localisation
  • 1107/5801 Médias/Réseaux sociaux
  • 2245/5801 Téléphonie
  • 192/5801 Désengagement de l’Etat
  • 1025/5801 Internet
  • 114/5801 Collectivités locales
  • 414/5801 Dédouanement électronique
  • 1231/5801 Usages et comportements
  • 1036/5801 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 554/5801 Audiovisuel
  • 3418/5801 Transformation digitale
  • 388/5801 Affaire Global Voice
  • 156/5801 Géomatique/Géolocalisation
  • 396/5801 Service universel
  • 675/5801 Sentel/Tigo
  • 176/5801 Vie politique
  • 1554/5801 Distinction/Nomination
  • 35/5801 Handicapés
  • 770/5801 Enseignement à distance
  • 697/5801 Contenus numériques
  • 594/5801 Gestion de l’ARTP
  • 180/5801 Radios communautaires
  • 1958/5801 Qualité de service
  • 445/5801 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5801 SMSI
  • 477/5801 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2898/5801 Innovation/Entreprenariat
  • 1356/5801 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 51/5801 Internet des objets
  • 172/5801 Free Sénégal
  • 616/5801 Intelligence artificielle
  • 204/5801 Editorial
  • 4/5801 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5801 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous