Sierra Leone : vers une reprise en main du domaine Internet national .sl
mercredi 4 novembre 2026
Le domaine .sl a été enregistré pour la première fois en 1997, avec l’opérateur historique Sierratel comme gestionnaire. Depuis 2007, les services d’enregistrement sont assurés par un opérateur privé.
La Sierra Leone engage une procédure pour rapatrier la gestion de son extension Internet nationale (.sl), actuellement hébergée à l’étranger. Le gouvernement veut transférer l’infrastructure technique sur son territoire et mettre en place un cadre de gouvernance national, dans le cadre de sa stratégie de transformation numérique.
Le ministère de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation a annoncé, mardi 3 novembre, la création d’un groupe de travail chargé d’encadrer le processus de rapatriement et de redélégation du domaine .sl. Cette décision fait suite à une première consultation technique avec les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs d’accès à Internet et les responsables d’universités.
Un processus en deux étapes
Le projet porte sur le registre .sl, une base de données qui recense les noms de domaine enregistrés sous cette extension et permet de les associer aux serveurs hébergeant les sites et services correspondants. Selon le ministère, cette infrastructure est actuellement hébergée hors du pays. Plus de 2 500 adresses en .sl en dépendent, parmi lesquelles les sites Internet et les services de messagerie électronique d’institutions et d’entreprises sierra-léonaises.
Le processus comporte deux opérations distinctes. La première consiste à rapatrier le registre sur une infrastructure hébergée en Sierra Leone. La seconde relève de la redélégation, une procédure officielle auprès de l’Internet Assigned Numbers Authority (IANA), l’organisme chargé de coordonner les noms de domaine de premier niveau, afin de faire reconnaître la nouvelle organisation de la gestion de l’extension nationale.
Le groupe de travail doit contribuer à définir les modalités de gouvernance du registre sous gestion nationale. Sa composition et son mandat seront présentés lors d’une consultation nationale élargie, en prélude à la demande de redélégation auprès de l’IANA.
Un enjeu de souveraineté et de sécurité numériques
En rapatriant cette infrastructure, la Sierra Leone cherche à exercer un contrôle national sur un élément essentiel de son espace Internet. Le registre permet en effet d’assurer le fonctionnement des adresses en .sl utilisées par les administrations, les entreprises et les autres organisations du pays. Son hébergement à l’étranger implique que cette infrastructure technique se trouve hors de la juridiction nationale.
Le ministère prévoit aussi de renforcer la sécurité du registre pour mieux protéger les utilisateurs contre les risques de manipulation des noms de domaine et de redirection vers des sites frauduleux. Une meilleure maîtrise du registre et le renforcement de ses mécanismes de protection doivent contribuer à limiter les risques de détournement ou de falsification des adresses Internet.
La démarche sierra-léonaise rejoint les préoccupations de plusieurs pays africains concernant le contrôle de leurs infrastructures numériques. Dans son étude sur l’industrie des noms de domaine en Afrique, publiée en mai 2024, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) relève que les autorités nationales considèrent généralement leur extension Internet comme un élément de leur identité nationale. Elles cherchent ainsi à en assurer la supervision pour préserver la souveraineté de leurs données.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofins, 4 novembre 2026)
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