Sierra Leone : vers une feuille de route contre la fraude liée au mobile money
mercredi 19 août 2026
Le développement des services financiers numériques en Afrique contribue à élargir l’accès aux paiements électroniques. Il expose toutefois davantage les utilisateurs aux risques de fraude.
Le gouvernement sierra-léonais prépare une feuille de route pour lutter contre la fraude liée au mobile money, selon un communiqué du ministère de la Communication, des Technologies et de l’Innovation publié mardi 18 août. Elle doit servir de cadre pour coordonner les actions des différents acteurs et renforcer la protection des utilisateurs, alors que le mobile money occupe une place croissante dans les transactions financières du pays.
Un atelier consultatif national de deux jours est organisé les 18 et 19 août. Les échanges portent sur les mécanismes de prévention et de réponse aux fraudes ciblant les services financiers mobiles. L’initiative réunit la Banque de Sierra Leone, l’Autorité nationale des communications, les opérateurs télécoms et de mobile money, les services chargés de la cybersécurité, les organismes publics, le secteur privé et la société civile.
L’usurpation d’identité au cœur des arnaques
Cette initiative intervient après que le Parlement a appelé, plus tôt ce mois-ci, les autorités et les opérateurs télécoms à renforcer la lutte contre la fraude financière numérique, qui touche de nombreux utilisateurs dans le pays, notamment via le réseau d’Orange. Les députés ont demandé au gouvernement de présenter des mesures concrètes pour protéger les consommateurs et restaurer leur confiance dans les services financiers numériques.
Répondant à ces préoccupations, la ministre de la Communication, de l’Innovation et de la Technologie, Salima Bah, a reconnu que les crimes financiers liés au numérique deviennent de plus en plus sophistiqués et répandus. Selon la ministre, les criminels utilisent désormais de faux comptes WhatsApp, des profils de réseaux sociaux clonés et des techniques d’usurpation d’identité pour tromper les citoyens. Dans de nombreux cas, les fraudeurs se font passer pour des ministres, des députés, de hauts responsables publics, des chefs d’entreprise ou des proches en difficulté afin de demander de l’argent à leurs victimes.
Elle a expliqué que les arnaques les plus courantes comprennent les faux agents du service client, les fausses opportunités d’investissement, les liens d’hameçonnage, les fausses offres d’emploi, les demandes de transfert d’argent via mobile money et les messages affirmant qu’un membre de la famille a besoin d’une aide financière urgente.
La protection des consommateurs constitue ainsi un défi croissant pour les autorités et les opérateurs à mesure que les paiements numériques se développent. La Sierra Leone mise principalement sur la sensibilisation du public, le renforcement des mécanismes de protection et une meilleure coordination entre les différents acteurs pour limiter les risques. Reste à savoir si ces mesures permettront de suivre l’évolution des techniques de fraude et de préserver durablement la confiance des utilisateurs dans les services financiers numériques.
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 19 août 2026)
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