Sierra Leone : après Orange, Africell lance une carte prépayée adossée au mobile money
jeudi 28 mai 2026
La demande pour les moyens de paiement numériques s’accélère en Afrique. Les opérateurs télécoms cherchent à se positionner sur ce segment, dans le cadre de la diversification de leurs activités.
En Sierra Leone, l’opérateur télécoms Africell a lancé en début de semaine une carte prépayée adossée à son service de mobile money. L’entreprise suit ainsi l’exemple de son concurrent Orange, qui a déjà introduit une solution similaire dans un environnement de demande croissante de solutions de paiement numériques.
Dénommée « Afrimoney Prepaid Visa Card », la carte a été lancée en partenariat avec Visa et Ecobank. Elle permet aux utilisateurs d’effectuer des transactions numériques nationales et internationales directement à partir de leur portefeuille Afrimoney, sans nécessiter obligatoirement un compte bancaire traditionnel.
Selon David Moinina Sengeh, ministre en chef de la Sierra Leone, cette solution pourrait particulièrement profiter aux petits commerçants, aux jeunes entrepreneurs, aux opérateurs de transport, aux étudiants et aux familles vivant dans des zones reculées, qui étaient jusque‑là confrontés à des difficultés d’accès aux systèmes de paiement internationaux.
Une réponse à la montée des usages numériques
L’avènement de cette solution, à l’instar de celle lancée par Orange en mars dernier, s’inscrit dans un environnement de transformation numérique marqué par des besoins croissants en matière de paiements numériques. Avec la montée des usages d’Internet et des services digitaux, les consommateurs recherchent des moyens de paiement plus simples et accessibles, capables de fonctionner au‑delà des frontières nationales.
Les utilisateurs ont notamment besoin d’effectuer des achats sur des plateformes internationales de commerce électronique comme Alibaba, Amazon ou Jumia, aussi bien pour des besoins personnels que professionnels. Pour de nombreux petits commerçants et entrepreneurs, ces plateformes représentent des canaux d’approvisionnement importants pour des produits et équipements parfois indisponibles localement.
De plus en plus de personnes souhaitent souscrire à des plateformes de divertissement comme Spotify, Netflix ou Prime Video. D’autres cherchent à accéder à des formations en ligne via des plateformes comme Coursera ou Udemy. Certains utilisateurs ont également besoin de services numériques variés comme iCloud ou ChatGPT. L’accès à ces services demeure souvent limité dans plusieurs pays africains en raison du faible taux de bancarisation et des difficultés d’accès aux moyens de paiement internationaux traditionnels.
Le mobile money comme alternative aux cartes classiques
La question de la difficulté de rechargement des cartes de paiement traditionnelles peut également jouer en faveur des solutions proposées par les opérateurs télécoms. Dans plusieurs cas, les cartes bancaires classiques nécessitent des démarches contraignantes, ainsi qu’un accès régulier à un compte bancaire formel, ce qui n’est pas toujours évident pour une large partie de la population.
À l’inverse, les solutions adossées au mobile money offrent une plus grande flexibilité. Les utilisateurs peuvent recharger leurs cartes directement à partir de leur portefeuille mobile, en s’appuyant sur des réseaux d’agents largement déployés, y compris dans les zones rurales. Cette proximité avec les services financiers de proximité réduit les barrières d’accès et facilite l’inclusion financière, notamment pour les populations éloignées du système bancaire classique.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 28 mai 2026)
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