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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Juin > Seyni Malan Faty - « Notre campagne vise à avoir la carte de couverture (…)

Seyni Malan Faty - « Notre campagne vise à avoir la carte de couverture réelle de tous les opérateurs »

lundi 25 juin 2012

Qualité de service

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) lance, à partir d’aujourd’hui, une campagne nationale sur la qualité des réseaux fixes, mobiles et Internet. Selon Seyni Malan Faty, chef de la Division de la connectivité et du trafic à la Direction des réseaux et services à l’Artp, l’objectif est de disposer d’une carte de couverture réelle de tous les opérateurs, de mesurer les dysfonctionnements du réseau, d’avoir une idée sur la qualité du service auditif, etc.

L’Artp lance, à partir de ce lundi, une campagne nationale sur la qualité du réseau téléphonique fixe, mobile et Internet ? Quel est l’objet d’une telle opération et pourquoi maintenant ?

La campagne a été choisie par rapport à deux aspects. Nous avons constaté que depuis le début de l’année 2012, il y avait beaucoup de remontées avec des incidents de qualité de services, des dysfonctionnements qui ont été notés. Il y avait beaucoup de plaintes de consommateurs.

Avec le nouveau code des télécommunications, beaucoup de consommateurs ont la possibilité de contacter directement l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour remonter les problèmes qui peuvent survenir sur les réseaux.

Ensuite, nous avons eu l’objectif de notre nouveau directeur général, Thierno Alassane Sall, qui a mis l’accent sur l’amélioration de la qualité de service des réseaux de téléphonie mobile, fixe, surtout internet, au Sénégal.

Suite à cela, il nous a demandé d’élaborer un plan d’action entre juin et décembre 2012 afin d’améliorer, de manière significative, la qualité des réseaux, pour le bénéfice des consommateurs, qu’ils soient professionnels ou résidentiels, usagers normaux.

Des perturbations sont souvent notées sur le réseau de téléphonie mobile au Sénégal ? Que fait l’Artp pour mettre fin à cette situation ?

La qualité de service fait partie des missions de l’Artp inscrites dans le code des télécommunications. L’Artp suit la qualité des services depuis son existence. Et c’est pour cela, en 2007, que nous avons mis en place, en concertation avec les opérateurs, des indicateurs de qualité de services qui sont suivis mensuellement. Ils sont au nombre de 15.

Mensuellement, les opérateurs nous envoient ces indicateurs pour que nous les analysions. Et lorsque nous voyons qu’il y a des problèmes, nous le leur disons. Aussi, en 2004, nous avions organisé des campagnes de mesure de la qualité de services sur le plan national.

L’objectif est, au plan national, de mesurer, d’avoir une meilleure perception de la qualité de service. Après, nous faisons des restitutions. La dernière campagne que nous avions faite remonte à 2009.

Nous comptons, grâce à cette présente campagne, avoir la carte de couverture réelle de tous les opérateurs, avoir les zones où il y a des coupures, des dysfonctionnements et aussi mesurer la qualité de service auditif car on peut communiquer et avoir des problèmes de coupures, de perception. L’autre action, c’est de vérifier l’acheminement des numéros d’urgence.

Aujourd’hui, il est important, quand je me trouve à Saint-Louis et que je veux appeler la police de cette région, que je n’atteigne pas la police de Mbacké mais celle de Saint-Louis. Il faut donc mesurer les numéros d’urgence.

Toutefois, il faut reconnaître que les opérateurs ont mis la qualité de service au coeur de leur métier. Ils sont là pour offrir des services de qualité. Un réseau avec 100 % de qualité service n’existe pas.

Le réseau file, la technologie évolue, les opérateurs vont toujours avoir ce problème de qualité de service. Nous sommes là pour veiller à ce qu’ils mettent tout en place pour améliorer cette qualité de service.

Est-ce que les opérateurs téléphoniques exécutent, à la lettre, les injonctions de l’Artp ?

Chaque opérateur à un cahier de charge. Dans son cahier de charge, il a des obligations de qualité de service avec des indicateurs qu’il doit atteindre de même que d’autres obligations pour la qualité de service.

Nous vérifions tous les indicateurs et nous regardons ceux mis en place. Et lorsqu’il y a des perturbations dans le réseau, nous leur écrivons pour leur signaler cette perturbation. Nous leur demandons de procéder à certaines actions pour relever assez rapidement les dysfonctionnements ou les incidents qui peuvent survenir.

Aujourd’hui, nous avons la collaboration des opérateurs. Nous avons décidé de travailler plus en synergie et d’être encore plus ferme car nous avons vu que les réseaux ne respectaient pas trop les indicateurs des qualités de service.

Jusqu’où l’Artp peut-elle aller dans les sanctions à infliger à un opérateur fautif ?

Les sanctions inscrites dans le code vont de la mise en demeure jusqu’à une sanction financière. Dans le plan d’action, il est prévu d’avoir une concertation avec les opérateurs, de revoir les indicateurs qui avaient été élaborés en 2007 et même avant.

A partir de janvier 2013, nous allons nous entendre sur l’historique, les sanctions et les manquements qui peuvent survenir. Nous leur dirons les seuils que chaque opérateur devrait respecter et, en cas de non-respect, la procédure que l’Artp va mettre en place.

Est-ce que les capacités des réseaux de nos opérateurs sont en mesure de prendre en charge la demande qui gonfle lors de grands événements ou à l’occasion de promotion sur le crédit téléphonique ?

Il y a eu des manquements avant. Il y avait des années où, lors des Gamous, des Magals, nous avions subi des problèmes de qualité de services. Mais depuis que nous avons travaillé avec les opérateurs, nous avons vu qu’ils investissent dans les équipements, ils font tout pour gérer la capacité.

Par exemple, quand je prends le Magal, il y a deux millions de Sénégalais qui se retrouvent dans une zone réduite, ce qui fait que lorsque nous laissons les équipements actuels, ils ne peuvent pas prendre en charge les appels.

Nous voyons que les opérateurs investissent beaucoup pour prendre en charge le nombre d’abonnés, les appels qui sont émis durant les jours des événements, lors de ces grands événements religieux ou d’autres événements que nous accueillons tels que l’Oci en 2008.

Il y a des zones reculées qui ne sont couvertes par aucun réseau téléphonique. Que fait l’Artp pour remédier à cela ?

Il y a une action technique et nous essayons de vérifier si ces zones sont couvertes ou pas, en faisant des audits de qualité de service. Comme en 2009, nous nous sommes rendus compte que dans le Sénégal oriental, vers Kédougou, il y a une zone où vraiment il n’y avait pas de réseau.

Nous demandons aux opérateurs que ces zones soient couvertes parce qu’ils ont des obligations de couverture inscrites dans leur cahier de charges. Mais il y a aussi d’autres actions comme le service universel. Le service universel est là pour combler un déficit que les opérateurs n’ont pas pu combler.

Le service universel est là pour voir si tout le pays est couvert et voir si l’ensemble des Sénégalais ont accès au même service. Dans ce service universel, il y a également un programme de son développement et dont l’objectif est que tout les pays soient couverts et que chaque Sénégalais ait accès au même service, au même tarif et au même moment.

Le service universel est un autre projet qui est important pour le directeur général de l’Artp. Nous avons un fonds de développement du service universel en collaboration avec l’Etat et le ministère qui assure ce programme. L’Artp est administrateur du fonds de service universel.

Même si le Sénégal figure en bonne place en Afrique, l’accès à Internet est relativement hors de portée pour les couches démunies et le monde rural. Y-a-t-il une politique de vulgarisation et d’accessibilité à Internet ?

Il y a aujourd’hui une politique pour développer internet. C’est pour cela que l’Artp pousse les opérateurs à investir. Vous avez un câble sous marin qui est administré par la Sonatel.

En novembre-décembre, nous aurons un autre câble sous-marin et dans lequel Sonatel et Expresso sont actionnaires. Ceci va permettre de diversifier les possibilités d’accès au réseau mondial.

Nous avons aussi des programmes dans le service universel pour développer internet qui est un peu cher. Sur le plan international, le Sénégal est en train de pousser auprès des opérateurs internationaux à qui appartient le réseau internet global pour que les prix diminuent.

Quand les prix sont chers à l’extérieur, ils se répercutent à l’intérieur. Nous sommes en train de pousser pour développer les contenus locaux en langue locale car pour développer l’internet, il faut que les gens puissent avoir de l’intérêt à l’utiliser. Nous avons aussi Adie (Agence de l’informatique de l’Etat) qui fait tout pour développer l’internet au Sénégal.

A l’Artp, nous avons un programme pour développer le large bande avec la fibre optique. Nous cherchons à avoir un point d’échange pour que le trafic internet puisse être échangé. Nous avons, par exemple, des partenaires comme Google.

Vous avez l’internet sans fil et l’internet Adsl. Aujourd’hui, nous avons remarqué que les gens commencent à utiliser de plus en plus l’internet avec leur téléphone mobile.

Suite à l’octroi par l’Etat de fréquence 3G à Expresso et à Sonatel depuis l’année dernière, les gens peuvent aujourd’hui surfer avec leur téléphone mobile. Il ne reste donc plus qu’à développer des contenus pour que les gens aient un intérêt à surfer.

A quand un quatrième opérateur au Sénégal ?

C’est une décision de l’Etat. Nous jouons juste un rôle de conseiller. Par exemple, l’Etat nous demandera s’il est opportun pour que le Sénégal ait un quatrième opérateur.

Ainsi, l’Artp fera une étude technique et donnera un conseil à l’Etat sur la nécessité d’un quatrième opérateur. Il faut se demander s’il y a de la place sur les fréquences, si le marché a besoin d’un quatrième opérateur

Avez-vous mesuré l’impact, auprès des consommateurs, de l’abrogation récente du texte sur la taxation des appels entrants ?

Il est un peu trop tôt (pour faire une évaluation). Le texte a été abrogé le 15 mai dernier, cela ne fait pas encore un mois. Il faut du temps pour que les gens se réhabituent à la nouvelle situation mais nous espérons que les prix vont diminuer. Les prix au départ du Sénégal vers certaines destinations ont déjà diminué.

Les opérateurs ont réagi favorablement à l’abrogation. Maintenant, il faut voir si les prix des pays étrangers vers le Sénégal vont aussi diminuer. Après, il faut évaluer si le trafic va augmenter.

En fait, ce sera une analyse avant et après abrogation. L’impact va être au niveau du volume de trafic qui, normalement, devrait augmenter. Cela veut dire que le Sénégalais devrait recommencer à appeler plus souvent.

Le volume devrait augmenter normalement avec l’abrogation.

Entretien réalisé par Maguette Guèye Diédhiou

(Source : Le Soleil, 25 juin 2012)

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