Seychelles : un cloud souverain et deux datacenters pour soutenir la transformation numérique
vendredi 30 octobre 2026
Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cette ambition repose sur la disponibilité d’infrastructures robustes, entre autres facteurs.
Les Seychelles prévoient de mettre en place un cloud souverain et deux centres de données (datacenters) pour renforcer leurs infrastructures numériques. Ces installations s’inscrivent selon les autorités dans les efforts de transformation numérique, ainsi que de renforcement de la souveraineté dans le domaine des TIC.
Le projet figure parmi les initiatives de la Stratégie nationale pour le numérique et l’intelligence artificielle 2026-2031, adoptée le mercredi 28 octobre par le Conseil des ministres, et rendue publique le lendemain. Ce cadre quinquennal définit les grandes orientations du pays en matière de développement des services publics numériques, d’amélioration de la connectivité Internet, de renforcement des compétences numériques et de cybersécurité. Il prévoit également de promouvoir l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’administration et l’économie.
Le projet de cloud gouvernemental et de datacenters sera déployé en deux phases. La première portera sur la mise en place de l’infrastructure de base du cloud et du premier centre de données. La seconde prévoit la construction d’un deuxième centre de données, géographiquement séparé du premier, ainsi que l’extension des capacités d’hébergement et de calcul pour les applications d’intelligence artificielle. Cette organisation doit permettre de renforcer la disponibilité des services publics numériques et de limiter les interruptions en cas de panne sur l’un des sites.
L’infrastructure permettra aux administrations publiques d’héberger et de gérer leurs systèmes informatiques et leurs données directement sur le territoire national. Le gouvernement entend ainsi réduire sa dépendance aux infrastructures commerciales et aux centres d’hébergement situés à l’étranger, tout en renforçant la sécurité et la résilience de ses services numériques. Le projet doit aussi fournir des capacités locales de cloud et de calcul pour accompagner le développement des usages de l’intelligence artificielle dans le pays.
L’annonce du projet intervient dans un contexte où les administrations seychelloises ne disposent pas encore d’une infrastructure cloud commune pour héberger leurs données et leurs applications. Une analyse de Data Landscapers publiée en septembre 2026 portant sur 24 organismes publics révèle que 9 d’entre eux utilisent au moins partiellement des services cloud américains. L’étude relève également le recours à plusieurs fournisseurs étrangers pour l’hébergement des services numériques publics. Cette dispersion rend plus complexe la mutualisation des ressources informatiques et renforce la dépendance à des infrastructures extérieures.
Plusieurs éléments restent à préciser concernant la réalisation de ces infrastructures. Le gouvernement n’a pas encore communiqué de calendrier détaillé, de budget spécifique ni d’informations sur les entreprises chargées de leur construction et de leur exploitation. Les modalités de financement, de maintenance et de gestion du cloud souverain restent également à clarifier. Par ailleurs, même si l’hébergement local doit réduire la dépendance aux infrastructures étrangères, le pays pourrait continuer à recourir à des fournisseurs internationaux pour les équipements, les logiciels et certaines technologies nécessaires au fonctionnement des datacenters.
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 30 octobre 2026)
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