Services télécoms par satellite : l’Algérie ouvre la porte à de nouveaux acteurs
vendredi 10 avril 2026
Algérie Télécom Satellite (ATS) et l’opérateur télécoms Djezzy sont les seules sociétés autorisées à fournir des services par satellite en Algérie depuis la cessation des activités de Divona Algérie en 2019. Toutes deux sont détenues par l’État.
Les autorités algériennes ont décidé d’ouvrir le marché des communications par satellite à la concurrence. L’entrée de nouveaux acteurs sur un segment jusque‑là assuré par des entités publiques vise à réduire la fracture numérique et à assurer une couverture plus étendue sur l’ensemble du territoire national.
Dans ce cadre, l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) a lancé, jeudi 9 avril, un appel à concurrence pour l’octroi de deux licences. Elles portent sur l’établissement et l’exploitation de réseaux de communications électroniques ouverts au public via des satellites en orbite non géostationnaire (NGSO).
« Cette étape représente un jalon important dans le renforcement de l’infrastructure numérique en Algérie, en complément des infrastructures existantes. Elle vise à étendre l’accès à l’Internet à haut débit à l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones difficiles d’accès. À travers cette initiative, nous cherchons à soutenir la transformation numérique et à élargir la couverture », a déclaré le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki.
Selon un communiqué du ministère, l’initiative vise également à diversifier l’offre de services de communications électroniques, à stimuler la concurrence sur le marché, à garantir un accès équitable à Internet. À cela s’ajoute le développement de solutions d’Internet des objets (IoT), notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie minière et des transports.
Actuellement, les entreprises publiques Algérie Télécom Satellite (ATS) et Djezzy sont les seules sociétés autorisées à fournir des services par satellite en Algérie, depuis la cessation des activités de Divona Algérie en 2019. L’opérateur de téléphonie mobile Djezzy dispose d’une licence VSAT, qui lui permet d’établir et d’exploiter des réseaux de communications électroniques par satellite afin de connecter des sites isolés et de proposer des services de connectivité, principalement destinés aux entreprises.
De son côté, ATS détient à la fois une licence VSAT et une licence GMPCS. Cela lui permet non seulement de fournir des services de connectivité par satellite fixe, mais également des services de communications mobiles satellitaires.
Quels acteurs sont visés par l’appel à concurrence ?
Selon l’ARPCE, l’appel à la concurrence est destiné aux titulaires de licences d’établissement et d’exploitation de réseaux de communications électroniques ouverts au public par satellite de type VSAT en Algérie. Il concerne également les opérateurs disposant de constellations satellitaires en orbite non géostationnaire (NGSO) à couverture mondiale. Cela ouvre potentiellement le marché aux fournisseurs de services en orbite basse (LEO), en pleine expansion sur le continent.
Cet appel ouvre par exemple la voie à Starlink, actuellement principal fournisseur d’accès à Internet satellitaire grand public en Afrique. L’entreprise dispose d’une constellation en cours de déploiement de plusieurs milliers de satellites en orbite basse et revendique une couverture mondiale, y compris en Afrique. Sur le continent, elle a déjà lancé ses services dans une trentaine de pays, principalement en Afrique subsaharienne. En Algérie, comme dans la plupart des pays d’Afrique du Nord, « la date de service est inconnue pour le moment ».
« Starlink permet les appels vidéo, les jeux en ligne, le streaming et d’autres activités à haut débit de données qui n’étaient historiquement pas possibles avec l’Internet par satellite. Starlink est particulièrement adapté aux zones où la connectivité est peu fiable ou totalement inexistante. À travers le monde, des populations utilisent Starlink pour accéder à l’éducation, aux services de santé et même à des moyens de communication en cas de catastrophes naturelles », indique l’entreprise sur son site web.
Le groupe français Eutelsat, à travers sa constellation OneWeb, est également présent sur le marché africain et propose des solutions de connectivité à haut débit et à faible latence. Son réseau est composé de plus de 600 satellites répartis sur 12 plans orbitaux synchronisés, à une altitude d’environ 1200 km au‑dessus de la Terre. L’entreprise s’adresse principalement aux fournisseurs d’accès à Internet et aux opérateurs télécoms, qui revendent ensuite ces services aux abonnés finaux.
De son côté, Amazon prépare le lancement de son projet Amazon Leo (anciennement Project Kuiper) et son entrée sur le marché africain de l’Internet par satellite, avec un modèle économique proche de celui de Starlink. Le groupe s’est déjà rapproché des autorités dans plusieurs pays, dont le Kenya, le Liberia, l’Afrique du Sud et le Nigeria, où il a obtenu ses premières licences. La commercialisation est prévue pour 2026.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 10 avril 2026)
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