Services en ligne : l’essor d’un marché attractif pour une jeunesse en quête d’opportunités
lundi 24 août 2026
Les services en ligne s’imposent de plus en plus comme une source de revenus pour de nombreux jeunes diplômés en attente d’un emploi régulier ou en quête d’une activité complémentaire.
Sur les plateformes de discussion instantanée parmi les plus populaires et accessibles comme WhatsApp, Instagram et TikTok, de jeunes entrepreneurs proposent de plus en plus des services de restauration, de soins esthétiques, de lessive, de nettoyage de mobilier ou même des tontines, système d’épargne ou de solidarité de groupe bien ancré dans l’économie informelle au Sénégal.
À Touba, cité religieuse située au centre du Sénégal, dans le quartier dit Mbaar Ya, Mouminatou, 27 ans, titulaire d’un diplôme en économie et gestion, s’est lancée dans la pâtisserie, sans toutefois s’éloigner totalement du monde des chiffres.
“J’ai commencé avec un petit capital. Je préparais des gâteaux sur commande pour mes proches, puis j’ai commencé à publier mes produits sur WhatsApp”, explique-t-elle.
Par la force des choses, ce petit commerce essentiellement en ligne représente désormais sa principale source de revenus, indique-t-elle.
Dans la même ville, Serigne Dane s’est aussi lancé dans la vente de vêtements de seconde main, communément appelés friperie.
Loin de Colobane, considéré comme le plus grand marché de vêtements de seconde main à Dakar, c’est sur les réseaux sociaux que ce jeune homme de 24 ans expose ses articles pour des ventes en direct et échange avec ses clients en ligne.
“Je n’avais pas suffisamment de moyens pour louer une boutique. C’est là que je me suis résolu à présenter mes articles en ligne”, confie-t-il.
Au-delà de la vente de produits, les services de livraison constituent également une source de revenus pour des jeunes qui naviguent dans l’univers digital.
À Dakar, M. Diba, 29 ans, effectue quotidiennement des livraisons à moto. Ce résident de Gouy-Sor, dans la commune de Ouakam, transporte notamment des repas, des colis et des marchandises pour des particuliers et des commerces.
Il affirme coordonner l’essentiel de son activité à travers WhatsApp, grâce notamment au compte professionnel qu’il a créé, cette plateforme lui permettant d’échanger avec ses clients et d’organiser ses courses au cours de la journée.
Contraintes et risques d’arnaque
Contrairement à certains jeunes qui considèrent ces activités comme une occupation provisoire, en attendant mieux, Diba, lui, souhaite en faire son activité principale et envisage même d’élargir ses services.
Il reste que l’utilisation des réseaux sociaux comme support à l’auto-emploi reste confrontée à de nombreuses difficultés, liées notamment au coût de la connexion, à l’irrégularité des commandes et à la nécessité de trouver une clientèle, puis de la fidéliser.
À ces contraintes, s’ajoute le risque de fraude et d’arnaque en ligne, évoqué par plusieurs vendeurs, revendeurs et prestataires de services.
Awa Guèye, une ménagère qui pratique le commerce en ligne à l’occasion, dit en avoir fait une amère expérience en livrant des produits, notamment des poissons fumés, des escargots séchés et des fruits secs, d’une valeur de 35.000 francs CFA à une cliente. Cette dernière, après réception de la marchandise, a tout bonnement annulé le transfert et bloqué la vendeuse sur ses différentes plateformes.
Les fraudes peuvent également être commises par de faux vendeurs qui proposent en ligne des produits inexistants. C’est l’expérience évoqué par Gnagna qui affirme avoir versé de l’argent à une femme qui organisait des tontines alimentaires à raison de 1.000 francs CFA par jour et par participante en vue de récupérer, à la fin du mois, un panier alimentaire.
“Après plusieurs mois de versement sans collecte de notre mise, la gestionnaire de la tontine a pris la fuite, nous laissant toutes en perte”, raconte-t-elle.
Ces dernières années, plusieurs cas de fraude et d’arnaque de ce genre via les plateformes numériques ont été recensés au Sénégal, donnant lieu à des interpellations par la Division de la cybercriminalité.
L’Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal (OSIRIS) signalait récemment une enquête de la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité qui a permis de démanteler un réseau présumé d’escroquerie opérant à travers un compte TikTok et qui a fait quelque 121 victimes, pour un préjudice cumulé estimé à près de 5 millions de francs CFA.
(Source : APS, 24 août 2026)
OSIRIS