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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Décembre 2017 > Serge Adjovi : « Aujourd’hui, deux agences fonctionnent en parallèle pour (…)

Serge Adjovi : « Aujourd’hui, deux agences fonctionnent en parallèle pour plus d’efficacité dans le numérique »

lundi 4 décembre 2017

Politiques africaines

Le Directeur de l’Agence du numérique explique à TIC Mag les implications de la transformation de l’Unité d’exécution du Conseil du numérique en Agence du développement du numérique, ses nouvelles missions et donne son avis sur l’implication du président Patrice Talon dans le développement du numérique.

TIC Mag : Au terme du Conseil des ministres du 08 novembre 2017, il a été créé deux nouvelles entités en charge du numérique. L’Agence pour le développement du numérique (ADN) et l’Agence des services et des systèmes d’information (ASSI). Qu’est ce qui change précisément avec la création de l’ADN, car l’Unité d’exécution du Conseil du numérique s’appelait aussi l’Agence du numérique ?

Serge ADJOVI : Il y a un an est né le Conseil du numérique, une entité présidée par le chef de l’Etat. Ce Conseil du numérique réunit un certain nombre de personnalités béninoises, mais aussi étrangères autour du Chef de l’Etat. Ils discutent d’un certain nombre de sujet qui permet l’orientation et la décision du Chef de l’Etat sur des orientations en matière de développement du numérique et en matière d’orientation stratégique pour le développement du numérique dans le pays. Ce Conseil du numérique s’est doté d’une Unité d’exécution qui s’appelle l’Unité d’exécution du Conseil du numérique dont je suis le directeur. C’est cette Unité d’exécution qui existe déjà depuis 18 mois qui est transformé en Agence pour le développement du numérique (ADN). L’Unité d’exécution était une Unité rattachée à la Présidence de la République. Aujourd’hui, l’Agence a son autonomie de gestion et est naturellement toujours sous tutelle de la Présidence de la République.

Ce qui change c’est qu’en même temps que l’ADN est créée, une autre agence qui existait, l’Agence béninoise des TIC (Abetic) voit ses missions renforcées et devient l’Agence des services et systèmes d’informations (ASSI). Cette agence aux côtés de l’ADN est plus particulièrement chargée de veiller à l’exécution de la stratégie en ce qui concerne la gestion des données. En particulier, de tout ce qui concerne la mise en place des services de l’administration, d’un portail pour les e-services vers les citoyens et les e-services vers les entreprises.

Avant, l’Unité du Conseil du numérique s’occupait du volet télécoms et développement des services d’e-gouvernement en plus du processus de dématérialisation de l’Etat. Aujourd’hui, il y a deux agences qui fonctionnent en parallèle pour un souci de plus d’efficacité, de focus et aussi pour aller vite.

TIC Mag : Le communiqué du Conseil des ministres indique que les membres du Conseil d’administration du numérique ont été désigné. Qui sont-ils, ces membres du CA ?

S.A. : Le Conseil des ministres ne précisait pas effectivement qui sont les membres de ce conseil d’administration. Je pense qu’on y retrouvera bien entendu des membres de la Présidence de la République et des représentants du ministère de l’Economie numérique entre autres. Comme vous, à ce stade, je n’ai pas connaissance des personnes qui font partie de ce conseil d’administration.

TIC Mag : Combien de rencontres du Conseil du numérique le président Patrice Talon a lui-même déjà présidées ?

S.A. : Effectivement, le Conseil du numérique est présidé par le président Patrice Talon et nous avons déjà tenu plusieurs réunions.

TIC Mag : Comment jugez-vous l’implication personnelle du président Patrice Talon dans le développement du numérique au Bénin ?

S.A. : Le président Patrice Talon est très impliqué. Le fait qu’il préside personnellement le Conseil du numérique en est une preuve. Au-delà de cela, il est impliqué dans le suivi et s’assure que les projets avancent, que les orientations qu’il donne sont suivies de près. Il est extrêmement présent ! Le projet RAVIP (Recensement administratif à vocation d’identification de la population) par exemple qui a récemment été lancé par le président et qui aboutira entre autres à l’établissement de cartes d’identité électroniques est très suivi par le président. Car ce projet va être la base de plusieurs e-services auprès des populations. Naturellement, l’impact sur les populations est très important.

A ce titre-là, le président Patrice Talon est naturellement aux commandes de ce projet et de bien d’autres. On l’a vu dans plusieurs pays, lorsque l’exécutif au plus haut niveau montre l’exemple et est réellement impliqué dans le développement du numérique, alors, les choses avancent. C’est presque une condition nécessaire pour que les choses avancent, parce que le numérique transforme la vie des gens. On voit comment le mobile a transformé la vie de nombreux Africains. Si on ne fait rien, on subit. Par contre, si on décide de prendre ce développement numérique à bras le corps, on réussit. Certains pays avec un exécutif complètement impliqué dans le numérique l’ont fait. Le Bénin est en train de le faire.

TIC Mag : Après cette réorganisation, quelles sont les missions que l’ADN va s’employer à mettre en œuvre dès maintenant ?

S.A. : On peut séparer les principales missions en deux catégories : la première, s’assurer que l’infrastructure haut débit et très haut débit existe à travers l’ensemble du pays. C’est donc de réaliser, au-delà des dorsales et de backbone, la capillarité et la connectivité pour les entreprises, les administrations et les particuliers à travers le pays. C’est la première mission. Donc, la mise en place d’infrastructures importantes.

Je l’explique toujours en disant, c’est bien beau de vouloir mettre des e-services à la disposition des citoyens, mais ce n’est pas seulement le citoyen à Cotonou qui doit pouvoir en bénéficier, c’est le citoyen sur l’ensemble du territoire.

La deuxième mission est celle du développement du numérique, du développement des start-ups, de la création d’un écosystème numérique fort qui fait qu’il y ait non seulement la création des services numériques au niveau du gouvernement, mais que les entreprises privées génèrent ces e-services pour les populations. L’idée c’est d’organiser et de booster un écosystème du numérique qui existe déjà et qui ne demande qu’à se développer.

TIC Mag : Vous avez organisé il y a quelques mois une compétition pour identifier les meilleurs jeunes disposant des capacités dans le secteur de la cybersécurité. Quelle suite aujourd’hui pour ces jeunes que vous avez dénichés ?

S.A. : Le HackerLab que nous avons lancé l’année dernière c’est effectivement pour identifier les personnes qui ont des compétences réelles en matière de cybersécurité ou en matière de hacking. Nous comptons faire de cet événement un événement annuel. Actuellement, nous avons promis un certain nombre de choses aux lauréats de ce HackerLab que nous sommes en train de délivrer : des stages dans des entreprises bien connues pour leurs actions en matière de cybersécurité, la mise en place des plateformes numériques pour collaborer avec d’autres experts de la cybersécurité et d’autres sociétés.

Nous facilitons également la participation des start-ups à des événements sous-régionaux. Récemment, nous avons envoyé trois jeunes innovateurs dans des secteurs différents pour une rencontre sous-régionale à Abidjan en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pas les seuls à le faire. Le ministère de l’Economie numérique et de la Communication joue également son rôle. Là récemment, nous avons amené trois start-ups à Busan en Corée du Sud pour qu’ils présentent leurs innovations, se faire connaître et rencontrer d’autres start-ups. Des grandes entreprises du numérique au Bénin participent également à l’éclosion de ces start-ups.

TIC Mag : Dans le plan eNNOV Bénin 2021, l’ambition du Bénin est d’être un pôle d’excellence sous-régional dans les services numériques. Quand vous évaluez l’évolution des projets en cours, à quel horizon cette ambition pourrait-elle se concrétiser ?

S.A. : L’ambition de faire du Bénin la plateforme des services numériques de l’Afrique de l’Ouest est un processus. Ce n’est pas quelque chose qui s’arrêtera à une certaine date. L’ensemble des pays de la sous-région se sont engagés dans un développement numérique important. Chacun travaille à son ryhtme. Nous avons plusieurs projets sur lesquels nous travaillons pour les rendre effectifs rapidement pour qu’en 2021 nous ayons transformé le visage numérique du Bénin et nous aurons une place de choix au niveau des nations considérées comme des nations numériques. C’est ça que cela veut dire. Nous aurons défini de nouvelles infrastructures télécoms et de données, nous aurons défini de nouveaux services et nous seront à même de les promouvoir au Bénin et pourquoi pas à l’extérieur du Bénin. Tout cela est un processus et je pense qu’il faut pouvoir attendre en 2021 pour voir ce qui a été fait, si le visage numérique du Bénin aura changé. Moi, je dis qu’il aura changé considérablement.

Propos recueillis par Beaugas-Orain DJOYUM

(Source : TIC Mag, 4 décembre 2017)

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