OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Avril 2024 > Sénégal : le travail journalistique face au défi de l’accès à des sources (…)

Sénégal : le travail journalistique face au défi de l’accès à des sources d’information ouvertes

jeudi 4 avril 2024

Big Data/Données ouvertes

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu un pilier fondamental de la démocratie et de la transparence, le Sénégal se trouve confronté à un défi de taille : la disponibilité de sources d’information ouvertes et accessibles à tous.

Une source d’information ouverte fait référence à des données, des documents ou des informations qui sont disponibles au public sans restrictions significatives. Ces sources sont généralement accessibles en ligne et peuvent être consultées, utilisées et partagées par quiconque sans nécessiter d’autorisation spéciale ou de paiement.

Les sources d’information ouverte contribuent à promouvoir la transparence, la participation citoyenne et la collaboration dans divers domaines tels que la gouvernance, la recherche, le journalisme, et bien d’autres.

Au Sénégal, malgré les avancées significatives en matière de gouvernance et de liberté d’expression, de nombreux citoyens se heurtent encore à des difficultés lorsqu’il s’agit d’obtenir des informations cruciales sur les affaires publiques, les politiques gouvernementales et les décisions prises au niveau national.

L’une des principales barrières à l’accès à l’information réside dans le manque de transparence des institutions publiques et des organes gouvernementaux. Les rapports officiels, les données statistiques et les documents administratifs demeurent souvent inaccessibles au grand public. Même les documents qui semblent les plus anodins, comme la liste des inscrits à une élection, sont inaccessibles. Lors de la présidentielle du 24 mars 2024, la page web de la Direction Générale des Élections, ainsi que celle de la Commission Électorale Nationale Autonome n’étaient pas actualisées. Les seules informations disponibles étaient le fruit d’un travail citoyen réalisé par la plateforme SenegalVote. Cela entrave la capacité des citoyens, mais surtout des journalistes à participer pleinement à la vie démocratique du pays.

Le journaliste d’investigation Moussa Ngom explique qu’« il n’y a pas encore une grande connaissance du potentiel que ces sources d’info peuvent présenter en termes de facilitation d’enquête et ces sources ouvertes, pour celles les plus cruciales, ne sont pas souvent aussi riches car celles relevant de l’Etat sont souvent rendues difficiles d’accès. Cela s’explique par une culture de la confidentialité au sein de l’administration et des organismes publics. Il s’y ajoute le défaut de loi pour faciliter un accès universel aux informations d’intérêt public »,

Moussa Ngom en veut pour preuve le fait que dans plusieurs secteurs, pour l’acquisition de données essentielles à la compréhension du sujet sur lequel le journaliste travaille, celui-ci doit se tourner vers les institutions publiques qui, elles, mettent en place un ensemble d’obstacles rendant lent ou impossible l’accès à ces informations.

Plus nuancé, Alexandre Gubert Lette, journaliste et consultant en communication, estime que Dakar a fait des progrès ces dernières années avec l’avènement d’initiatives visant à accroître la transparence et l’accès à l’information publique dans certains secteurs. « L’exemple le plus illustratif est visible dans le secteur extractif avec les rapports de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) qui contiennent énormément de données ouvertes sur les entreprises minières et les ressources minières exploitées au Sénégal », relève-t-il.

Malgré cela, note M. Lette, les journalistes sénégalais font souvent face à des difficultés pour accéder à certaines ressources en raison du manque de transparence de certaines institutions gouvernementales, du manque d’accès à l’information financière et budgétaire, ainsi que de la réticence des responsables à partager des données sensibles.

S’agissant de la nature des obstacles, M. Ngom, fondateur et coordonnateur du média en ligne La Maison Des Reporters, et M. Lette s’accordent sur le fait que celle-ci peut être d’ordre juridique (manque ou défaut d’application de textes contraignant à la fourniture d’informations publiques), politique (manque de volonté) et social (culture du secret).

« Les principaux obstacles à la disponibilité de sources d’information ouvertes au Sénégal incluent le manque de volonté politique pour promouvoir la transparence, le manque de ressources et de capacités pour collecter, traiter et diffuser les données de manière accessible, ainsi que des contraintes culturelles et sociales qui peuvent limiter la divulgation d’informations », affirme Alexandre Gubert Lette, également entrepreneur social et coordonnateur des programmes à Teranga Lab.

Un véritable frein au travail journalistique

La disponibilité de sources ouvertes est cruciale pour faciliter tout travail journalistique. Son absence, « crée des barrières pour accéder aux informations de base les plus sûres sur lesquelles le journaliste se fondera ensuite pour articuler ses productions. La perception de la réalité est donc faussée dès le départ et certains sujets ne peuvent être réalisés sans accès à ces informations », souligne M. Ngom.

Alexandre Gubert Lette note également que ces difficultés affectent la qualité et la diversité de l’information disponible au Sénégal en limitant l’accès des journalistes à des sources fiables et vérifiables, en restreignant la capacité des médias à enquêter, et en réduisant la transparence et la reddition de comptes dans le secteur public.

Parallèlement, le manque de sensibilisation et de formation sur le droit à l’information constitue un autre obstacle majeur. De nombreux Sénégalais ne sont pas conscients de leurs droits en matière d’accès à l’information, et ceux qui le sont se heurtent parfois à des procédures complexes et bureaucratiques pour obtenir des renseignements.

Face à cette réalité, les organisations de presse et la société civile plaident pour l’adoption de mesures concrètes visant à garantir la transparence et l’ouverture des données au Sénégal. Ils appellent notamment à la mise en place de lois robustes sur l’accès à l’information, à la création de portails en ligne permettant de consulter facilement les données publiques et à la promotion d’une culture de transparence au sein des institutions gouvernementales.

« Des organisations comme Article 19 ont mené à plusieurs reprises des campagnes de plaidoyer dans ce sens notamment pour la loi sur l’accès à l’information. Il y a aussi l’Open Government Partnership dont le Sénégal est signataire », rappelle le promoteur de La Maison Des Reporters.

Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye pourrait alléger certaines procédures « en adoptant une législation contraignante et en la faisant respecter par ses agents », estime Moussa Ngom.

Pour le coordonnateur de Teranga Lab, Alexandre Gubert Lette, le gouvernement sénégalais peut contribuer à la promotion de l’ouverture des sources d’information en adoptant et en mettant en œuvre des lois efficaces sur l’accès à l’information, en investissant dans des infrastructures de données ouvertes et en soutenant la formation et le développement des compétences pour les journalistes et les acteurs de la société civile travaillant sur les questions d’information et de transparence.

Dans un contexte marqué par les avancées technologiques et la montée en puissance des médias sociaux, il est impératif que le Sénégal s’engage résolument sur la voie de la transparence et de l’ouverture de l’information. Cela non seulement renforcera la confiance des citoyens dans leurs institutions, mais aussi favorisera un environnement propice au développement économique, social et politique du pays.

Abdourahmane Diallo

(Source : Dubawa, 4 avril 2024)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4621/5344 Régulation des télécoms
  • 353/5344 Télécentres/Cybercentres
  • 3531/5344 Economie numérique
  • 1878/5344 Politique nationale
  • 5125/5344 Fintech
  • 527/5344 Noms de domaine
  • 2203/5344 Produits et services
  • 1533/5344 Faits divers/Contentieux
  • 755/5344 Nouveau site web
  • 5344/5344 Infrastructures
  • 1877/5344 TIC pour l’éducation
  • 192/5344 Recherche
  • 244/5344 Projet
  • 3638/5344 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1925/5344 Sonatel/Orange
  • 1639/5344 Licences de télécommunications
  • 286/5344 Sudatel/Expresso
  • 1111/5344 Régulation des médias
  • 1313/5344 Applications
  • 1088/5344 Mouvements sociaux
  • 1740/5344 Données personnelles
  • 148/5344 Big Data/Données ouvertes
  • 610/5344 Mouvement consumériste
  • 365/5344 Médias
  • 650/5344 Appels internationaux entrants
  • 1706/5344 Formation
  • 98/5344 Logiciel libre
  • 2256/5344 Politiques africaines
  • 1047/5344 Fiscalité
  • 171/5344 Art et culture
  • 605/5344 Genre
  • 1937/5344 Point de vue
  • 1098/5344 Commerce électronique
  • 1549/5344 Manifestation
  • 324/5344 Presse en ligne
  • 127/5344 Piratage
  • 214/5344 Téléservices
  • 1015/5344 Biométrie/Identité numérique
  • 318/5344 Environnement/Santé
  • 361/5344 Législation/Réglementation
  • 363/5344 Gouvernance
  • 1877/5344 Portrait/Entretien
  • 150/5344 Radio
  • 798/5344 TIC pour la santé
  • 284/5344 Propriété intellectuelle
  • 58/5344 Langues/Localisation
  • 1136/5344 Médias/Réseaux sociaux
  • 2065/5344 Téléphonie
  • 194/5344 Désengagement de l’Etat
  • 1168/5344 Internet
  • 114/5344 Collectivités locales
  • 438/5344 Dédouanement électronique
  • 1211/5344 Usages et comportements
  • 1039/5344 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 567/5344 Audiovisuel
  • 3598/5344 Transformation digitale
  • 388/5344 Affaire Global Voice
  • 215/5344 Géomatique/Géolocalisation
  • 343/5344 Service universel
  • 665/5344 Sentel/Tigo
  • 179/5344 Vie politique
  • 1651/5344 Distinction/Nomination
  • 34/5344 Handicapés
  • 732/5344 Enseignement à distance
  • 738/5344 Contenus numériques
  • 587/5344 Gestion de l’ARTP
  • 180/5344 Radios communautaires
  • 1928/5344 Qualité de service
  • 470/5344 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5344 SMSI
  • 493/5344 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2794/5344 Innovation/Entreprenariat
  • 1380/5344 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5344 Internet des objets
  • 171/5344 Free Sénégal
  • 942/5344 Intelligence artificielle
  • 194/5344 Editorial
  • 14/5344 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5344 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous