Sénégal : le projet d’adressage numérique national entre dans une nouvelle phase
lundi 10 août 2026
À mesure que les services publics et les activités économiques se numérisent, la disponibilité de données d’adressage fiables devient stratégique. Le Sénégal entend structurer un référentiel national susceptible d’être utilisé par les administrations et les acteurs privés.
Le Sénégal engage une nouvelle phase de son projet d’Adressage Numérique National (ANN), plusieurs années après son lancement initial. Le dispositif vise à constituer un référentiel national d’adresses unique, géoréférencé et partagé, destiné à améliorer l’identification et la localisation des bâtiments, des habitations et des activités sur l’ensemble du territoire. Le ministère des Télécommunications et du Numérique a engagé cette nouvelle phase avec un atelier de relance organisé début août 2026 à Dakar.
Dès 2023, le projet avait été présenté comme un chantier destiné à remédier aux limites de l’adressage physique au Sénégal. À l’époque, le ministère chargé du numérique indiquait que l’initiative « Un Sénégalais, une adresse » devait permettre de localiser avec précision les bâtiments, les habitations et les commerces. Le projet avait été initié en 2021 et associait notamment les administrations chargées du numérique, des collectivités territoriales et de l’aménagement du territoire.
Un référentiel pour plusieurs usages
La relance actuelle élargit la portée du projet. Selon les orientations retenues, l’ANN servira de référence géographique commune aux administrations et aux acteurs économiques, avec des applications envisagées dans la gestion des services publics, le commerce électronique, la fiscalité, la gestion foncière, les services postaux et logistiques ainsi que les interventions d’urgence.
Le dispositif repose notamment sur l’association d’une adresse à une localisation géographique précise. Pour les services de secours, un référentiel géoréférencé facilite l’identification des lieux d’intervention. Dans le commerce et la logistique, il facilite également la localisation des clients, des entreprises et des points de livraison.
Une nouvelle phase après plusieurs années de préparation
L’atelier organisé début août marque surtout une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet. Il a réuni les administrations centrales, les collectivités territoriales, le secteur privé, le monde universitaire, la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers. Les travaux ont notamment porté sur la gouvernance du dispositif, la répartition des responsabilités et les mécanismes de suivi.
Le gouvernement prévoit la finalisation de la phase pilote dans un délai d’un an, avant une extension progressive du dispositif à l’échelle nationale. L’enjeu porte ainsi désormais sur le passage de la conception à la mise en œuvre opérationnelle d’un référentiel appelé à être utilisé par plusieurs administrations et acteurs économiques.
Le projet s’inscrit également dans le New Deal technologique et de l’Agenda Sénégal 2050, qui placent les infrastructures publiques numériques interopérables et souveraines au cœur de la transformation numérique du pays. L’adressage numérique constitue dans cette architecture une infrastructure transversale, à la croisée des services publics, de la fiscalité, du foncier, de la logistique et du commerce électronique.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 10 août 2026)
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