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Sénégal : le gouvernement mise sur Starlink pour connecter un million de personnes

jeudi 5 février 2026

Politique nationale

Les autorités sénégalaises ambitionnent de généraliser l’accès à Internet dans le cadre de leur stratégie nationale de transformation numérique. Pour atteindre cet objectif, l’exécutif mise sur la technologie satellitaire, alors qu’environ 40 % de la population n’utilise pas encore Internet.

Le gouvernement sénégalais entend s’appuyer sur Starlink, qui vient d’annoncer le lancement de ses activités commerciales au Sénégal, pour offrir une connexion gratuite à un million de personnes d’ici juin 2026. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), citant un communiqué du ministère de la Communication et de l’Économie numérique, les autorités ont négocié l’acquisition de 5000 terminaux de la société américaine à un tarif préférentiel.

Pour l’exécutif, l’arrivée de Starlink constitue une avancée stratégique majeure vers l’accès universel à Internet. Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, la technologie doit permettre de réduire significativement les zones blanches en complétant ou en prolongeant la couverture des réseaux terrestres, notamment dans les régions difficiles d’accès.

Les secteurs ciblés incluent en priorité les zones blanches à travers des solutions de Wi-Fi communautaire, l’éducation, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les collectivités territoriales, les zones frontalières ainsi que le plan Diomaye pour la Casamance. L’initiative devrait permettre de réduire significativement les coûts de connectivité pour ces acteurs, tout en leur offrant un accès à une connexion très haut débit, fiable et performante.

Cette démarche s’inscrit dans l’objectif du gouvernement de démocratiser l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales et isolées où le déploiement des réseaux terrestres reste un défi économique et technique. L’exécutif a notamment fait de la technologie satellitaire un levier stratégique dans la réalisation de cette ambition, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique, avec l’intégration des TIC dans tous les secteurs d’activité pour accélérer le développement socio-économique.

Pourtant, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient déjà la quasi-totalité du territoire sénégalais en 2023. Mais une étude menée en 2025 dans le cadre du Projet d’accélération de l’économie numérique au Sénégal (PAENS) nuance ce constat : 24 % des localités ne disposent d’aucun réseau, soit près de 18 858 habitants, 37 % connaissent des pertes fréquentes de signal, seulement 52 % bénéficient d’une couverture 4G, tandis que certaines zones restent limitées à la 2G.

Les résultats de l’étude montrent que ces insuffisances affectent également les infrastructures sociales, notamment les écoles et les centres de santé situés dans les zones reculées, freinant l’accès aux services essentiels. En matière d’usage, DataReportal estime le taux de pénétration d’Internet au Sénégal à 60,6 % à fin 2025.

L’initiative soulève cependant plusieurs interrogations, notamment sur sa capacité à se généraliser à l’ensemble du territoire et sur son impact réel sur l’adoption de l’Internet par les populations. Même si des obstacles comme le coût ou la couverture réseau sont atténués, d’autres facteurs peuvent limiter l’utilisation. Il s’agit notamment de la possession d’appareils compatibles avec le Wi-Fi, les compétences numériques des utilisateurs, la disponibilité de contenus pertinents, ainsi que les questions de sécurité, d’éthique et de normes sociales.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 4 février 2026)

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