Sénégal : le coût des services mobiles en baisse pour le 4e trimestre consécutif
jeudi 21 mai 2026
Avec l’accélération de la transformation numérique, la demande et l’usage des services télécoms connaissent une forte croissance en Afrique. Cette dynamique reste toutefois conditionnée par plusieurs facteurs, dont le coût d’accès aux services.
Au Sénégal, le coût global des services mobiles a baissé de 10,9 % au premier trimestre 2026 par rapport au quatrième trimestre 2025, selon les sources officielles. Il s’agit du quatrième trimestre consécutif de recul des prix sur le marché sénégalais des télécommunications mobiles.
Ces données sont issues de la « Note trimestrielle de l’indice des prix des services mobiles (IPSM) » publiée conjointement par l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes et l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. L’indice, base 100 en 2023, mesure l’évolution des prix des services de téléphonie mobile sur le marché national. Il est calculé à partir des tarifs pratiqués par les opérateurs pour les principales offres de communication, notamment la voix, les données mobiles et les SMS.
Selon la note, la baisse du quatrième trimestre 2025 au premier trimestre 2026 est portée par les baisses de prix enregistrées chez l’ensemble des opérateurs de réseaux mobiles, notamment Orange avec une baisse de 17,2 %, Expresso avec 3,5 % et Yas avec 1,8 %. En revanche, les prix de l’opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO) Promobile ont enregistré une hausse de 3,4 % sur la période étudiée, même si son impact sur l’évolution globale du marché reste marginal.
Selon l’ARTP et l’ANSD, la baisse des prix des services mobiles est principalement tirée par les offres destinées aux profils à forte consommation de données. À l’inverse, les profils à forte consommation de voix ont enregistré des hausses tarifaires au cours du trimestre, mais celles-ci demeurent moins importantes que les diminutions observées sur les offres data.
Un potentiel levier à l’adoption et l’usage des services
Cette tendance baissière intervient dans un contexte africain marqué par des plaintes récurrentes des consommateurs sur le niveau élevé des tarifs des services de télécommunications. Dans de nombreux marchés du continent, le coût des services mobiles est en effet régulièrement cité comme l’un des principaux freins à l’adoption et à une utilisation plus intensive de l’Internet mobile, en particulier pour les populations à faible revenu.
Selon l’Union internationale des télécommunications, le panier combiné mobile incluant la voix et une faible consommation de données, soit 70 minutes d’appels, 50 SMS et 1 Go d’Internet, représentait 2,57 % du revenu national brut par habitant au Sénégal en 2025. Si ce niveau reste inférieur à la moyenne africaine estimée à 4 %, il demeure au-dessus du seuil d’abordabilité fixé à 2 % par l’organisation internationale. Pour l’Internet mobile seul, ce ratio atteint 4,68 %, contre 5,32 % en moyenne en Afrique.
Cependant, une amélioration des tarifs ne suffit pas à lever l’ensemble des contraintes à l’adoption des services télécoms et, plus largement, des services numériques. D’autres facteurs entrent en jeu, notamment les disparités de couverture réseau, les problèmes de qualité de service, ainsi que les écarts dans l’accessibilité des terminaux compatibles. Selon la Banque mondiale, 60,84 % de la population sénégalaise âgée de plus de 15 ans possédait un smartphone.
Pour rappel, le Sénégal comptait 23,38 millions d’abonnés à l’Internet mobile pour un taux de pénétration de 125,78 % à fin décembre 2025, selon les données de l’ARTP. Ces chiffres doivent être lus avec prudence, dans la mesure où les régulateurs comptabilisent généralement chaque carte SIM comme un abonné, alors qu’un même utilisateur peut en détenir plusieurs. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime ainsi que 60,1 % des Sénégalais utilisaient Internet en 2024.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 21 mai 2026)
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