OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Septembre 2026 > Sénégal ID Day 2026 : identité numérique, le Sénégal à l’heure des choix

Sénégal ID Day 2026 : identité numérique, le Sénégal à l’heure des choix

vendredi 18 septembre 2026

Biométrie/Identité numérique

Le Sénégal dispose déjà de plusieurs briques nécessaires à la construction d’une identité numérique, mais doit désormais réussir à les faire dialoguer. Gouvernance, interopérabilité, fiabilité de l’état civil, protection des données personnelles, biométrie et identifiant unique ont été au cœur de la première édition du Sénégal ID Day, organisée le 16 septembre 2026 à l’Hôtel Sokhamon de Dakar par Synapsys Conseils SA et Oumou Group. Placée sous le thème « Mon identité, mon ombre. Jamais séparés ! », la rencontre a réuni acteurs publics, entreprises, experts et professionnels du numérique autour de deux questions centrales : où en est le Sénégal en matière d’identité et quel modèle doit-il désormais construire ?

Seyni Malan Fati : l’identité comme porte d’entrée vers les services

Conseiller technique au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et Ambassadeur principal ID4Africa pour le Sénégal, Seyni Malan Fati a ramené le débat à une réalité quotidienne : lorsqu’un citoyen se présente devant une administration, le système est-il capable de le reconnaître ou doit-il, à chaque nouveau service, recommencer à prouver qui il est ? Il a rappelé que le New Deal Technologique inscrit l’identité numérique parmi les chantiers de transformation du pays, avec des applications concrètes pour l’administration financière : sécurisation des paiements publics, simplification des démarches fiscales, accès aux services financiers ou meilleur ciblage des ressources. Il a cependant appelé à distinguer identification et éligibilité : vérifier qui est une personne ne permet pas automatiquement de déterminer son droit à une subvention. De même, l’interopérabilité ne signifie pas ouvrir toutes les bases à toutes les administrations, mais permettre à chaque service d’obtenir uniquement les informations nécessaires à sa mission. Seyni Malan Fati a également insisté sur l’inclusion, la souveraineté, la maîtrise des données, des clés de sécurité et des compétences, avant d’appeler le Sénégal à se positionner pour accueillir ID4Africa en 2028.

Fatou Seck : construire une identité numérique au service de l’humain

Pour Fatou Seck, Directrice générale d’Oumou Group, l’identité dépasse largement le document, le numéro ou la donnée. Elle permet au citoyen d’être reconnu, d’exercer ses droits et d’accéder aux services publics comme aux opportunités économiques. Avec la numérisation croissante des usages, une identité fiable et sécurisée devient ainsi un élément essentiel de confiance entre citoyens, administrations et entreprises, mais aussi un instrument de lutte contre la fraude. La dirigeante d’Oumou Group a surtout défendu une technologie mise au service de l’humain : identification, authentification, biométrie et interopérabilité doivent être pensées en fonction des réalités africaines et des besoins des populations. L’ambition, selon elle, est de construire une identité numérique souveraine, sécurisée et inclusive. Elle souhaite également voir le Sénégal ID Day devenir un espace durable de construction collective entre pouvoirs publics, secteur privé, experts et régulateurs.

Zack Diop : « L’identité est une relation de confiance »

Le Directeur général de Synapsys Conseils SA, Zack Diop, a proposé de regarder l’identité à partir de ce qu’elle permet dans la vie quotidienne. Elle accompagne la personne lorsqu’elle naît, va à l’école, se soigne, travaille, ouvre un compte ou accède à un service numérique. Lorsqu’elle fonctionne, elle devient presque invisible ; lorsqu’elle fait défaut, l’accès à un droit, à un service ou à une transaction peut immédiatement se compliquer. « L’identité n’est pas seulement un document. Elle est une relation de confiance », a-t-il résumé. Avec le numérique, cette confiance engage désormais la technologie, mais également la protection des données, la lutte contre la fraude, l’accès aux services et la souveraineté. Zack Diop a ainsi placé les travaux autour de trois interrogations : où en sommes-nous, quel modèle d’identité voulons-nous construire pour le Sénégal et quelles réponses pouvons-nous déjà mettre en mouvement ? Pour lui, aucune institution et aucune technologie ne peuvent répondre seules à ces enjeux : le point de convergence doit rester la personne.

État civil : l’interconnexion avance, la qualité des données reste un défi

Le premier panel, modéré par le journaliste Ousmane Gueye, a réuni Djiby Konaté, Conseiller technique du Directeur général de l’Agence nationale de l’État civil et ancien Directeur des systèmes d’information ; Mouhamed Diop, Secrétaire permanent de la Commission de Protection des Données Personnelles ; le Commissaire Aly Kande du ministère de l’Intérieur ; et Bassirou Cissé, Directeur de la conformité chez Wave. Les discussions ont montré que le Sénégal ne part pas de zéro : la phase d’interconnexion entre les centres d’état civil et différentes institutions est déjà très avancée. Mais cette évolution fait apparaître un autre enjeu, celui de la qualité des données. Une erreur d’orthographe ou une différence de graphie dans un acte peut empêcher le rapprochement automatique entre deux bases. Numériser une information erronée ne la corrige pas et peut même conduire à reproduire l’erreur dans plusieurs systèmes. La biométrie a également été abordée, notamment l’identification faciale pour prévenir certaines fraudes ou certains détournements, avec la nécessité d’un encadrement rigoureux compte tenu de la sensibilité de ces données.

Wave : vérifier l’identité sans ouvrir toutes les données

Bassirou Cissé a apporté une précision sur la situation de Wave : l’entreprise ne dispose pas encore du registre de la Direction de l’Automatisation des Fichiers, même si le processus permettant les vérifications nécessaires est en cours. Au-delà du cas particulier de Wave, son intervention a posé une question plus large pour l’ensemble de l’écosystème : comment permettre à une banque, une fintech, un opérateur ou une administration de vérifier l’identité d’une personne sans lui donner accès à plus d’informations que nécessaire ? L’interopérabilité devra donc être accompagnée de règles précises sur les finalités, les habilitations, la protection des données et la traçabilité des accès. L’enjeu n’est pas seulement de faire communiquer les bases, mais de déterminer précisément qui peut vérifier quoi et dans quelles conditions.

New Deal : le défi se déplace vers la gouvernance

Le deuxième panel, modéré par Abdoukhadre Diagne, a déplacé le débat du diagnostic vers le modèle à construire. Il a réuni Aïssatou Jeanne Ndiaye, autour des travaux du New Deal ; Seyni Malan Fati ; Amadou Jean Jacques Diop, Directeur général du Crédit Mutuel du Sénégal ; et Seyni Ndiaye Fall, Coordonnateur national du SIMEN. Aïssatou Jeanne Ndiaye a expliqué qu’un important travail avait déjà été réalisé dans le cadre du New Deal Technologique, avec notamment un comité technique impliquant plusieurs acteurs, dont la DAF. Une solution a déjà été adoptée par le ministère et la stratégie définie. Selon elle, la principale question restant à trancher est désormais celle de la gouvernance. L’identité numérique ne doit d’ailleurs pas nécessairement reproduire l’ensemble de l’identité fondationnelle : elle pourrait reposer sur un identifiant unique et une base de référence à laquelle les administrations autorisées viendraient se connecter, plutôt que de multiplier les copies des mêmes données.

Identifiant unique : jusqu’où connecter les données du citoyen ?

Cette perspective a immédiatement soulevé la question des libertés et de la surveillance. Interpellée par le modérateur sur le risque qu’une interconnexion croissante permette de suivre une part toujours plus importante des activités numériques du citoyen, Aïssatou Jeanne Ndiaye a estimé que le principal problème ne résidait pas dans la technologie elle-même, mais dans les choix de gouvernance. Qui peut accéder à quoi ? Pour quelle finalité ? Avec quelle traçabilité et quelles garanties pour le citoyen ? Seyni Malan Fati a, de son côté, évoqué les missions de benchmark réalisées par le ministère et plaidé pour une entité de référence à laquelle les différents systèmes pourraient se connecter. Il recommande un identifiant unique pouvant être décliné selon les usages sectoriels, afin d’éviter de remplacer les silos actuels par de nouveaux silos numériques. Il a également reconnu l’existence probable d’un manque à gagner économique lié à l’absence d’un système national cohérent d’identification, tout en précisant qu’aucune étude disponible ne permet encore de le chiffrer.

Éducation : quatre millions d’identifiants et le défi du changement

L’expérience présentée par Seyni Ndiaye Fall montre que l’administration sénégalaise dispose déjà de systèmes sectoriels importants. Le ministère de l’Éducation nationale utilise ainsi sa propre plateforme pour gérer environ quatre millions d’élèves et d’enseignants. Cette expérience montre à la fois ce qui est techniquement possible et les difficultés qui demeurent lorsque le numérique rencontre les réalités administratives. Selon lui, les procédures et les modes de fonctionnement ne suivent pas toujours au même rythme que la technologie, tandis que la résistance au changement constitue un autre obstacle. Construire une identité numérique nationale ne consistera donc pas uniquement à connecter des plateformes : il faudra également transformer les pratiques et accompagner les administrations dans l’adoption de nouveaux processus.

Secteur financier : pouvoir vérifier l’identité à la source

Pour Amadou Jean Jacques Diop, les besoins du secteur financier sont déjà très concrets. Les banques doivent pouvoir vérifier la fiabilité de l’identité d’un client lors de l’ouverture d’un compte, d’un retrait ou de certaines opérations sensibles. Le Directeur général du Crédit Mutuel du Sénégal a cité l’exemple du Kenya, où des mécanismes permettent au secteur financier de vérifier certaines informations auprès de bases publiques afin de mieux lutter contre la fraude. Une meilleure interconnexion pourrait également résoudre des situations courantes : des documents expirés peuvent bloquer l’accès à des services, tandis que l’absence de rapprochement entre certaines bases peut conduire à maintenir des paiements au bénéfice de personnes décédées. Pour lui, il faut avancer progressivement plutôt que d’attendre un dispositif parfait : « Le mieux est l’ennemi du bien. »

Forum des solutions : cinq acteurs confrontent les réponses technologiques

Le Forum des solutions a réuni, dans un même temps, Oumou Group, ATOS, CEIN, Sonatel-Orange et Synapsys Conseils SA. Les présentations ont permis d’aborder différentes réponses autour de l’identification, de l’enrôlement, de l’authentification, de la biométrie, de la sécurisation des parcours numériques et de l’interopérabilité. Elles ont surtout permis de confronter les réflexions institutionnelles aux possibilités offertes par les technologies disponibles. L’enjeu n’est plus uniquement de délivrer un document d’identité, mais de permettre à une personne de prouver de manière fiable qui elle est au moment où elle souhaite accéder à un service, tout en évitant la multiplication des copies et des échanges inutiles de données personnelles. Les technologies existent donc déjà en partie ; le défi est désormais de les inscrire dans une architecture nationale cohérente, gouvernée et sécurisée.

Mouhamet Mahi Sy : passer de la réflexion à l’action

Dans son mot de clôture, Mouhamet Mahi Sy, d’Oumou Group, a insisté sur la nécessité de transformer les échanges en décisions. Après une journée consacrée à écouter, questionner, confronter des expériences et croiser des regards, il a estimé que les acteurs pouvaient avoir des approches différentes de l’identité tout en partageant une même responsabilité : regarder lucidement la situation, choisir un cap et donner une suite à la réflexion. « Un diagnostic n’a de valeur que s’il éclaire une décision. Une vision n’a de portée que si elle ouvre un chemin. Et une solution ne vaut que par l’impact qu’elle produit », a-t-il rappelé. Pour lui, la mobilisation enregistrée montre également que l’identité n’est plus un sujet réservé aux spécialistes. L’ambition est désormais d’inscrire le Sénégal ID Day dans la durée et d’en faire un rendez-vous annuel permettant de mesurer les progrès, d’interroger les choix et de faire émerger de nouvelles avancées. « Nous avons ouvert une conversation. À nous maintenant de lui donner une suite. » Une formule qui résume le principal enseignement de cette première édition : le Sénégal dispose déjà de briques, d’expériences et de solutions ; il lui reste désormais à choisir le modèle, la gouvernance et les garanties qui permettront de les réunir autour du citoyen.

(Source : Le Techobservateur, 18 septembre 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 8978/10685 Régulation des télécoms
  • 530/10685 Télécentres/Cybercentres
  • 6853/10685 Economie numérique
  • 3205/10685 Politique nationale
  • 10685/10685 Fintech
  • 999/10685 Noms de domaine
  • 3603/10685 Produits et services
  • 2676/10685 Faits divers/Contentieux
  • 1230/10685 Nouveau site web
  • 10539/10685 Infrastructures
  • 3233/10685 TIC pour l’éducation
  • 303/10685 Recherche
  • 363/10685 Projet
  • 6981/10685 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 3196/10685 Sonatel/Orange
  • 2866/10685 Licences de télécommunications
  • 430/10685 Sudatel/Expresso
  • 1772/10685 Régulation des médias
  • 2189/10685 Applications
  • 2072/10685 Mouvements sociaux
  • 3106/10685 Données personnelles
  • 285/10685 Big Data/Données ouvertes
  • 1050/10685 Mouvement consumériste
  • 599/10685 Médias
  • 1014/10685 Appels internationaux entrants
  • 3160/10685 Formation
  • 182/10685 Logiciel libre
  • 4362/10685 Politiques africaines
  • 2114/10685 Fiscalité
  • 259/10685 Art et culture
  • 990/10685 Genre
  • 2950/10685 Point de vue
  • 1901/10685 Commerce électronique
  • 2528/10685 Manifestation
  • 483/10685 Presse en ligne
  • 189/10685 Piratage
  • 313/10685 Téléservices
  • 1984/10685 Biométrie/Identité numérique
  • 573/10685 Environnement/Santé
  • 713/10685 Législation/Réglementation
  • 697/10685 Gouvernance
  • 3830/10685 Portrait/Entretien
  • 217/10685 Radio
  • 1549/10685 TIC pour la santé
  • 421/10685 Propriété intellectuelle
  • 88/10685 Langues/Localisation
  • 2100/10685 Médias/Réseaux sociaux
  • 4252/10685 Téléphonie
  • 288/10685 Désengagement de l’Etat
  • 2297/10685 Internet
  • 171/10685 Collectivités locales
  • 743/10685 Dédouanement électronique
  • 2092/10685 Usages et comportements
  • 1683/10685 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 840/10685 Audiovisuel
  • 7030/10685 Transformation digitale
  • 584/10685 Affaire Global Voice
  • 277/10685 Géomatique/Géolocalisation
  • 633/10685 Service universel
  • 1041/10685 Sentel/Tigo
  • 262/10685 Vie politique
  • 2861/10685 Distinction/Nomination
  • 51/10685 Handicapés
  • 1440/10685 Enseignement à distance
  • 1492/10685 Contenus numériques
  • 880/10685 Gestion de l’ARTP
  • 267/10685 Radios communautaires
  • 3759/10685 Qualité de service
  • 832/10685 Privatisation/Libéralisation
  • 198/10685 SMSI
  • 886/10685 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 5259/10685 Innovation/Entreprenariat
  • 3237/10685 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/10685 Internet des objets
  • 301/10685 Free Sénégal
  • 2069/10685 Intelligence artificielle
  • 294/10685 Editorial
  • 15/10685 Gaming/Jeux vidéos
  • 40/10685 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous