Sénégal : associer les TIC aux savoirs endogènes pour mieux protéger les forêts
mardi 11 août 2026
Face à la dégradation des terres et au recul du couvert forestier, le Sénégal explore l’utilisation des technologies numériques pour mieux valoriser les connaissances locales en matière de préservation de l’environnement. Cette approche a été défendue dimanche 9 août par un membre du gouvernement.
Au Sénégal, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Bacary Sarr, a plaidé dimanche 9 août à Passy, dans le département de Foundiougne, pour l’intégration des nouvelles technologies dans la valorisation des savoirs endogènes afin de mieux protéger l’environnement. Il présidait les activités de la 43e édition de la Journée nationale de l’arbre.
« Les enjeux liés à la préservation de l’environnement sont technologiques. En les connectant aux savoirs endogènes des communautés qui disposent de pratiques de préservation de l’environnement, on pourra mieux préserver l’environnement », a-t-il déclaré.
Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte environnemental marqué par une importante dégradation des terres. Selon un rapport publié en 2024 par la Cour des comptes du Sénégal, 34 % des terres du pays sont dégradées, soit environ 6,86 millions d’hectares, sous l’effet conjugué de la déforestation, de la salinisation des sols, de l’érosion et des feux de brousse.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Sénégal a perdu en moyenne 15 500 hectares de forêt par an au cours de la dernière décennie, d’après son rapport sur l’évaluation des ressources forestières mondiales publié en octobre 2025. Par ailleurs, le Sénégal prévoit de lancer en 2026 un nanosatellite de type CubeSat, baptisé Gaindesat-1B, destiné notamment à la collecte de données environnementales et à l’imagerie.
Cette approche rejoint des travaux menés au niveau international sur l’utilisation des technologies pour valoriser les connaissances locales en matière de protection de l’environnement. Des experts mandatés par les Nations unies ont indiqué en avril 2026 que l’intelligence artificielle, combinée aux savoirs autochtones, pouvait contribuer à prévoir les impacts climatiques, à surveiller la biodiversité et à détecter la déforestation grâce à l’imagerie satellitaire.
Une étude publiée en 2025 sur Oxford Academic consacrée à la numérisation des savoirs environnementaux africains souligne également l’importance d’associer les communautés à la conception de ces outils afin d’éviter l’appropriation de leurs connaissances par des acteurs extérieurs.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 11 août 2026)
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