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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2003 > Mars > Seminaire sur les technologies reseaux : Comment briser la fracture numérique

Seminaire sur les technologies reseaux : Comment briser la fracture numérique

jeudi 27 mars 2003

Formation

Les « technologies réseaux », tel est le thème d’un séminaire organisé par Cisco Systems depuis mardi au Novotel Dakar. Depuis mercredi et jusqu’à cet après-midi, diverses communications, allant de l’architecture des réseaux locaux à la téléphonie Internet (voix sur IP) en passant par les questions de productivité, les techniques vidéo, les réseaux sans fil, etc., sont au menu des communications de ce séminaire présenté comme « une mise à jour technologique ».

L’ouverture, mardi, a été l’occasion pour Ousmane Sy, conseiller informatique du président de la république, d’expliciter certaines idées de Me Abdoulaye Wade sur les TIC, et pour Tidiane Seck, directeur général de la DIE (Direction informatique de l’Etat) d’évoquer les enjeux de la communication.

Selon son conseiller informatique, le président de la République croit en une sorte de caractère cyclique de l’histoire, appliqué aux nouvelles technologies. Se fondant sur le commerce triangulaire des siècles passés, qui reliait l’Afrique (et notamment le Sénégal), l’Europe et l’Amérique, Wade constate dans les infrastructures actuelles des télécommunications une topologie impliquant les mêmes continents et les mêmes centres commerciaux, à la seule différence que « les marchandises d’hier ont été remplacées par les câbles sous-marins et que les pirates des mers ont été remplacées par les hackers » (pirates informatiques)…

Le Sénégal détient donc, selon M. Sy qui fait état de la conception de Me Wade, « une position stratégique non revendiquée qu’il peut transformer en une position stratégique revendiquée ». C’est pourquoi « les nouvelles technologies sont un agent de développement. Si nous arrivons à capitaliser un certain nombre de choses, nous pouvons recréer ce hub technologique de manière profitable ».

La modernisation de l’administration, point central de toute activité dans les pays en développement, devra passer par l’implémentation des grands projets, notamment via le Nepad. C’est ainsi que les tendances pourront être inversées. Il s’agit, selon M. Sy, de faire bouger l’administration de sa position centrale, en lui permettant notamment d’évoluer de la « philosophie de l’automatisation à la philosophie de l’information », car si aujourd’hui « l’Etat peut accéder à la donnée, [par contre] l’information n’est pas produite ».

Autre thème abordé par M. Sy : la formation. Si l’administration va être modernisée par la DIE, le grand public, lui, va profiter de l’expertise de l’Agence de régulation des télécommunications (ART). De ce point de vue, il s’agit, entre autres, de réfléchir « sur la manière d’impliquer les 12.000 télécentres du Sénégal dans l’accès du citoyen à l’information ».

Où trouver les moyens de ces politiques avec « l’épée de Damoclès » qu’est le fossé numérique ? Le président de la république, selon Ousmane Sy, fait la différence entre « Bridging the Digital Divide » (mettre un pont pour enrayer la fracture numérique) et « Closing the Digital Divide » (mettre fin à la fracture numérique) et opte pour le second terme. Son idée étant qu’un pont ne résorbera jamais le gap croissant alors que la « solidarité numérique » qu’il prône est susceptible d’atteindre ce but.

Le concept de la solidarité numérique, explique, M. Sy, fondé sur une philosophie « win-win » où tout le monde gagne, fonctionne introduit une péréquation qui va rediriger des fonds (prélevés par exemple sur des ventes de matériels) vers les zones les plus défavorisées (pays en développement), mais aussi vers les zones moins riches des pays développés.

A la suite du conseiller informatique du chef de l’Etat, Tidiane Seck, directeur général de la DIE, en présentant les enjeux de la communication, a mis en exergue la « très grande disparité sur les télécommunications en Afrique », non seulement entre les pays mais aussi entre les villes et les campagnes. Il a aussi souligné le manque d’interconnexion entre les pays africains qui, affirme-t-il, « sont tous reliés au reste du monde à travers des connexions individuelles », en dépit de quelques timides tentatives en ce sens, notamment entre le Sénégal et la Mauritanie, ou le Sénégal et le Mali ou la Gambie.

« Au plan africain, note également M. Seck, un des premiers défis, c’est [la mise en place de] l’Afrinic », c’est-à-dire la structure africaine d’adressage IP, dans un contexte où « tous les continents, sauf l’Afrique, ont un organisme de distribution des adresses IP ».

Une question sur laquelle les Africains, dit M. Seck, planchent sans succès depuis 1995, même si, reconnaît-il, un groupe de personnes est en train d’y travailler. Le directeur informatique de l’Etat espère une implication du NEPAD et des gouvernements dans le processus. Quant à l’intranet gouvernemental, sa réalisation demeure l’un des objectifs de la DIE, dans le cadre de la modernisation de l’Etat, rappelle M. Seck. Cet intranet, « qui doit servir le citoyen », fera la convergence entre la voix, les données et les images.

C’est la première rencontre du genre que l’on doit à la célèbre multinationale. Celle-ci emploie 37.000 personnes et a un chiffre d’affaires de 19 milliards de dollars ainsi que des réserves de 21 milliards de dollars. Sa présence en Afrique s’affine de plus en plus et son bureau de Dakar entend communiquer sur ses produits. Et si cette société s’est d’abord fait une place dans l’e-économie grâce à ses routeurs, son directeur pour l’Afrique subsaharienne, M. Didier Lecluse, a tenu à souligner que les routeurs ne constituent guère que 20 % du chiffre d’affaires de Cisco qui est « un fournisseur complet de services Internet ».

ALAIN JUST COLY

(ource : Le Soleil 27 mars 2003)

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