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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Mai 2018 > Security Day 2018 : la souveraineté des Etats africains à l’honneur

Security Day 2018 : la souveraineté des Etats africains à l’honneur

mardi 15 mai 2018

Cybersécurité/Cybercriminalité

L’édition 2018 des journées dédiées à la cybersécurité, les Security Days, a ouvert lundi dans la capitale sénégalaise. La leçon inaugurale a été prononcée par l’administrateur général de Gainde 2000. Ibrahima Nour Eddine Diagne (photo) est longuement revenu sur les menaces qui pèsent à l’heure actuelle sur la sécurité des citoyens et des Etats. Et étant donné que les cybercriminels ignorent les frontières physiques si chères aux nations, le président de l’African Performance Institute (API) a plaidé une fois de plus pour une coopération plus poussée entre les différents pays. Ce qui est déjà au coeur de l’initiative Security Day qui met notamment en avant les partages d’expérience pour que les différents acteurs puissent s’enrichir et s’inspirer mutuellement.

Un atelier de haute facture sur les enquêtes de terrain

Comme pour coller au thème, la Commissaire Aissatou Fall, chef du service des enquêtes judiciaires de la division spéciale de cybersécurité à la Police nationale sénégalaise, a présenté comme obstacle aux enquêtes de terrain, le fait que des millions de données d’Africains sont stockées sur le Cloud d’entreprises, voire des géants du Net occidentaux, et que dès lors il devient difficile, voire quasi-impossible d’accéder à ces informations dans le cadre des investigations menées par les forces de défense et de sécurité. D’où, pour la Commissaire de police, la nécessité de collaborer mais surtout d’adopter des conventions qui existent déjà et qui feraient avancer la lutte à l’instar de la convention de Budapest au niveau international.

Et que dire des « cyber-guerres » ?

La notion de cyber-guerre a aussi été évoquée au cours du dernier panel de la journée par le commandant Adou Aziz Fall. Chef de la division informatique de la direction des transmissions et de l’informatique des armées, ce haut gradé qui relève une très large utilisation du vocable explique qu’il sied mal dans un contexte où les attaques cybercriminelles contre des Etats et attribuées à d’autres Etats deviennent compliquées à démontrer. « Dans le domaine du cyberespace, il y a ce que l’on appelle la non-répudiation, le fait de pouvoir imputer un acte à quelqu’un de façon certaine », déclare le Commandant Fall qui conclut que le seul fait que ce soit problématique prouve à suffisance qu’il n’est pas aisé de parlé de cyber-guerre. D’où sa préférence pour la notion de cyber-conflictualités.

Un programme ambitieux pour la dernière journée

La seconde journée des travaux va essentiellement porter sur 25 ans de révolution technologique avec une présentation annoncée de Bruno Hamon, fondateur et PDF de MIRCA, des retours d’expérience sur la coordination de la cybersécurité en Afrique avec le cas de la plateforme de lutte de la Côte d’Ivoire, le cyber-terrorisme avec l’exemple de l’Organisation des Gendarmeries Africaines. Aussi, l’école de cybersécurité que le Sénégal s’apprête à mettre en place devrait faire l’objet d’une présentation tout comme les spécificités de l’approche francophone de la question. Il faut signaler que l’édition de cette année est présidée par le ministère de la communication, des télécommunications, des postes et de l’économie numérique.

(Source : CIO Mag, 15 mai 2018)

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