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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Octobre 2017 > Secteur des télécommunications : Le diagnostic de la SONATEL

Secteur des télécommunications : Le diagnostic de la SONATEL

lundi 2 octobre 2017

Manifestation

Le non-respect de la réglementation en vigueur et la coexistence de textes déphasés par rapport à l’environnement des télécoms, la question des taxes et l’émergence de nouveaux acteurs qui provoquent des bouleversements dans l’économie numérique, sont autant de réalités qui influent sur la santé du secteur des télécoms. Le diagnostic a été fait, ce samedi, lors d’un forum organisé par l’Amicale des cadres de SONATEL.

A l’initiative de l’Amicale des cadres de SONATEL (ACSON), un forum d’échanges et de partage s’est tenu, ce samedi, sur le secteur des télécoms, autour du thème : ‘’Numérique et environnement des télécoms pour un Sénégal émergent.’’ La rencontre a permis d’identifier les goulots qui étranglent le secteur et les leviers sur lesquels il faudra appuyer pour augmenter la contribution du secteur à l’économie du pays. D’autant que, selon le président de l’ACSON Demba Diarra Mbodji, leur option est d’apporter un nouveau souffle au secteur, en mettant en place de nouveaux relais ou sources de croissance au secteur, afin de porter la contribution numérique au PIB à 10 %, à l’horizon 2025.

Ainsi, l’option retenue est d’accélérer la diffusion du numérique dans les secteurs prioritaires identifiés dans le PSE pour, d’une part, favoriser l’accès aux services sociaux de base, d’autre part, accroitre sensiblement la productivité en se focalisant sur l’usage accru du numérique dans l’agriculture, l’élevage, la pêche et le commerce.

Mais, fait remarquer Demba Diarra Mbodji, le véritable relais du secteur du numérique vient de la volonté de l’Etat de promouvoir l’investissement et le financement du développement des contenus locaux et des services numériques par des efforts soutenus d’appui aux PME locales du numérique. A ce propos, il estime que des efforts sont consentis, surtout avec la création récente du ministère de la Communication, des Postes et Télécommunications et de l’Economie numérique. Mais ils risquent d’être vains, si l’instabilité institutionnelle perdure dans le choix des dirigeants. ‘’Malgré les avancées notées, d’autres écueils doivent être levés, si on veut aboutir à l’émergence du secteur. Je voudrais citer la création d’un conseil national du numérique, instance consultative de haut niveau regroupant l’ensemble des parties prenantes qui doivent être activées, afin de mieux asseoir une concertation qui fait souvent défaut sur les sujets majeurs’’, dit-il.

Griefs

Par contre, le président de l’ACSON souligne que le décalage entre l’environnement du secteur et les textes législatifs et réglementaires doit être amélioré. Demba Diarra Mbodji regrette aussi ‘’le niveau élevé des redevances sur les fréquences dont le modèle de facturation n’est pas cohérent par rapport au développement du très haut débit’’. Idem pour l’’absence de politiques sectorielles y compris sur les services universels. L’autre grief concerne ‘’le non-respect de la réglementation en vigueur et la coexistence de textes déphasés par rapport à l’environnement du télécom’’.
Le directeur général de SONATEL n’est pas en reste. Alioune Ndiaye dénonce qu’aujourd’hui, ‘’le secteur des télécoms supporte une taxe qui s’empile sur les taxes de droit commun - une taxe de 9 % - qui sont des taxes spécifiques au secteur’’. A son avis, si le Sénégal veut que les ressources soient consacrées aux numériques, pour les besoins des autres secteurs prioritaires, il faut faire en sorte que ces ressources soient orientées vers le développement du numérique. Il fait savoir que la SONATEL, à elle seule, verse 100 milliards de francs CFA de cotisation pour le service universel. Pour lui, ce montant aurait pu servir à desservir les zones blanches non rentables.
En sus d’une législation qu’il trouve souvent inadaptée, qui engendre des obligations qui impactent le développement des opérateurs, Demba Diarra Mbodji s’émeut de l’émergence de nouveaux acteurs qui provoquent des bouleversements dans l’économie numérique, avec des conséquences graves sur l’emploi, le revenu des opérateurs et les recettes fiscales de l’Etat. ‘’Il est temps, à l’image de l’Union européenne, d’approfondir la réflexion sur les questions et de légiférer pour une concurrence saine et loyale dans l’intérêt de toutes les parties prenantes’’, dit-il.

D’ailleurs, au sortir de cette rencontre, l’ACSON compte mettre sur la table des solutions opérationnelles pour assurer la pérennité du secteur et répondre aux fortes attentes des parties prenantes. La réalisation de la vision du Sénégal numérique permettra, selon le président de l’ACSON, d’impulser la croissance économique au Sénégal, de généraliser l’usage du numérique, d’améliorer le climat des affaires et de générer un volume important d’emplois directs et indirects. Pour cela, l’ACSON réclame une institution stable. ‘’Ces orientations stratégiques d’innovations, de financements et de facilitations doivent être accompagnées par des réformes permettant de lever les contraintes, en vue de rationaliser les activités économiques du secteur et accroitre son rôle de locomotive dans la transformation structurelle de l’économie et de la croissance. Le groupe SONATEL se veut être le partenaire privilégié de l’Etat dans le développement de l’économie numérique’’, déclare-t-il.

Accès aux tarifs

Avec le Plan Sénégal numérique 2025, le secteur des télécoms doit apporter 300 milliards de francs CFA sur le PIB, soit 10 %, à cet horizon. Actuellement, il est à 3,3 %. Le directeur général de la SONATEL, Alioune Ndiaye, constate, à ce propos, qu’en termes de déploiement d’infrastructures, le Sénégal n’est pas en retard. Ainsi, ils comptent accélérer le plan de déploiement pour que les populations aient accès à la 4G. Près de 83 % de la population bénéficie déjà d’une couverture par le réseau 3G SONATEL, tandis que plus de 60 % sont des usagers couverts par le très haut débit.
Toutefois, Alioune Ndiaye constate un problème d’accès aux tarifs des clients, malgré la baisse de 20 %, en février dernier.

Aïda Diène

(Source : Enquête, 2 octobre 2017)

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