Satellites : la Tanzanie se rapproche du Ghana pour renforcer la régulation
jeudi 18 juin 2026
L’intérêt des consommateurs et des autorités africaines pour les technologies satellitaires visant à réduire la fracture numérique en Afrique n’a cessé de croître au cours des dernières années. La question de la régulation désormais s’impose comme un enjeu central.
La Tanzanie veut s’inspirer du Ghana pour renforcer la régulation du secteur spatial et s’aligner sur des standards internationaux de gouvernance des technologies satellitaires, alors que les communications par satellite prennent une place croissante dans les stratégies de connectivité et de transformation numérique sur le continent africain.
Cette orientation a été au cœur d’une visite de benchmarking effectuée par la Tanzania Communications Regulatory Authority (TCRA) auprès de son homologue ghanéenne, la National Communications Authority (NCA), la semaine passée. L’objectif est de tirer des enseignements de l’approche réglementaire du Ghana en matière de services satellitaires, afin de consolider le cadre juridique et technique tanzanien face aux technologies de communications spatiales.
Selon la délégation tanzanienne, cette démarche doit permettre d’améliorer la régulation des services satellitaires et d’accompagner la montée en puissance des nouvelles générations de constellations en orbite basse (LEO) et moyenne (MEO), qui redéfinissent progressivement l’écosystème mondial des télécommunications.
Cette volonté de renforcement réglementaire intervient dans un contexte de forte accélération de l’intérêt pour les solutions satellitaires en Afrique, porté par l’arrivée et l’expansion d’acteurs comme Starlink, déjà présent dans une trentaine de pays du continent. L’opérateur, qui a sollicité des autorisations en Tanzanie depuis 2024, espère lancer ses services dans le pays cette année.
Pour le moment, Starlink fournit des services d’Internet par satellites via des terminaux dédiés. La société prévoit de fournir des services à ses consommateurs directement depuis les satellites. Au-delà des offres directes aux consommateurs, les opérateurs satellitaires s’inscrivent de plus en plus dans des logiques de partenariats avec les opérateurs télécoms, qui utilisent ces infrastructures pour renforcer la couverture de leurs réseaux, notamment pour le backhauling ou les solutions « Direct-to-Cell ».
Dans ce cadre, Airtel Africa, présent en Tanzanie, a conclu deux accords avec Starlink. Le groupe collabore également avec Eutelsat, à travers la constellation en orbite basse OneWeb. De son côté, Vodacom, autre acteur majeur du marché tanzanien, a signé un accord avec Amazon pour exploiter son réseau une fois celui-ci opérationnel. L’opérateur dispose également d’un partenariat avec Starlink.
Il convient toutefois de rappeler que l’avènement de Starlink sur le continent a soulevé plusieurs préoccupations sur différents marchés. Celles-ci incluent la protection des données personnelles, la concurrence, la conformité réglementaire, l’actionnariat local, la protection des consommateurs, l’intégrité des réseaux ainsi que la responsabilité opérationnelle des opérateurs. Le non-respect ou l’insuffisante prise en compte de certaines de ces exigences a d’ailleurs conduit à bloquer, pour le moment, l’entrée de l’entreprise sur des marchés, comme la Namibie et l’Afrique du Sud.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 18 juin 2026)
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