Rwanda : retrait de la 3G en 2027, suivi d’une sortie progressive de la 2G
mercredi 29 juillet 2026
La modernisation des réseaux mobiles entre dans une nouvelle phase au Rwanda. Après avoir étudié les conditions techniques et économiques d’un retrait des anciennes technologies, les autorités ont fixé un premier calendrier de mise en œuvre.
Le Rwanda va progressivement retirer les réseaux mobiles 3G et 2G de son paysage télécom. Le ministère des Technologies de l’information et de la Communication et de l’Innovation a annoncé, le lundi 27 juillet, la désactivation nationale de la 3G le 30 juin 2027, avant le retrait de la 2G, dont le calendrier sera fixé en fonction de l’état de préparation du marché.
La décision vise à libérer des capacités actuellement mobilisées par ces deux générations de réseaux afin de permettre aux opérateurs de concentrer leurs investissements sur l’extension et le renforcement de la 4G et, à terme, de la 5G. Des opérations pilotes de mise hors service de la 3G couvriront l’année 2026, parallèlement à la poursuite de l’extension de la couverture 4G et au suivi de la qualité des services.
Cette transition est préparée depuis plusieurs années. En novembre 2024, le gouvernement rwandais et l’Allemagne ont lancé une initiative visant à évaluer les conditions techniques et économiques d’un retrait progressif des réseaux 2G et 3G. L’étude devait notamment examiner l’état de préparation des infrastructures, les conséquences du maintien des anciennes technologies, les conditions de migration des utilisateurs et les éventuels effets sur la couverture, les prix et la concurrence.
Les opérateurs ont également commencé à anticiper cette évolution. En décembre 2024, Airtel Rwanda avait annoncé son intention de retirer progressivement la 3G puis la 2G, dans le cadre de la modernisation de son réseau. Le calendrier finalement retenu par les autorités prévoit que la sortie de la 2G reste conditionnée à plusieurs critères.
Les autorités entendent notamment s’assurer de la disponibilité d’une couverture 4G fiable à l’échelle nationale et de la continuité des appels, des SMS, des services d’argent mobile et des communications d’urgence. La migration des services reposant encore sur l’USSD, la 2G ou la 3G fera également partie des conditions à remplir, de même que la disponibilité d’appareils compatibles à des prix abordables et la sensibilisation des utilisateurs.
La transition concerne ainsi les entreprises et les administrations qui utilisent encore des équipements ou des services fonctionnant sur les anciennes générations de réseaux. Le ministère les invite à anticiper le remplacement ou la mise à niveau de leurs systèmes, notamment dans les secteurs de la monnaie mobile, des paiements, des transports, de la santé, de la sécurité publique et des services gouvernementaux. Les équipements de communication entre machines, utilisés notamment dans certains terminaux de paiement, compteurs ou systèmes industriels, figurent également parmi les technologies susceptibles d’être concernées par cette migration.
L’un des principaux défis reste toutefois l’inclusion numérique. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications citées dans le cadre de la préparation de cette transition, les réseaux 2G et 3G couvraient 98,8 % de la population rwandaise en 2024, un niveau comparable à celui de la 4G. La question ne porte donc pas uniquement sur la disponibilité du réseau, mais aussi sur la capacité des populations à accéder aux équipements et aux services permettant de profiter pleinement des technologies plus récentes.
La migration vers la 4G et la 5G devra s’accompagner d’une adaptation progressive des usages et des équipements. Pour les autorités rwandaises, l’enjeu est de réallouer les ressources réseau vers des technologies plus performantes tout en maintenant la continuité des services et en limitant les effets de la transition sur les utilisateurs et les secteurs encore dépendants de la 2G et de la 3G.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 29 juillet 2026)
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