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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Décembre > Retour sur Thierno Ousmane Sy avant 2000 : TOS, Azimut et la spiritualité !

Retour sur Thierno Ousmane Sy avant 2000 : TOS, Azimut et la spiritualité !

vendredi 28 décembre 2012

Faits divers/Contentieux

En fouillant dans son vécu pré-alternance, on finit par se rendre compte que Thierno Ousmane Sy a travesti les faits en faisant face aux enquêteurs de la Brigade de recherche et au procureur de la République.
Ils sont nombreux aujourd’hui les pontes de l’ancien régime fouillés dans le cadre de la traque des biens mal acquis mais qui crient haut et fort s’être réalisés bien avant l’avènement de l’Alternance. Naturellement, Thierno Ousmane Sy, l’ancien Conseiller en technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) du président Abdoulaye Wade, embouche la même trompète. Pour sa défense, TOS affirme à la moindre occasion avoir été dans les affaires bien avant 2000. De quelles affaires s’agissait-il ?

Aux détours de recherches sur le passé affairiste de M. Sy, La Gazette est tombée sur l’identité d’un de ses partenaires post-alternance. Insa Diop, pour ne pas le nommer, a d’après des sources, fait la connaissance de Thierno Ousmane Ousmane Sy en 1995. Cela s’est fait par l’entremise de Arona Sy, le petit frère de TOS et du sieur Demba Diack, fils du défunt Abdoulaye Diack et frangin de Iba Diack avec qui Thierno Ousmane Sy a partagé la première année en Maths Sup à Louis Legrand en France. C’est dans cet établissement qu’il fera également la connaissance de son ami et non moins complice dans l’histoire de Sudatel, Kéba Keinde. Une amitié qui le poussa à collaborer avec Keinde en produisant l’album musical du groupe « Saf » en 1994 sous la signature de Papsy.

Quelques un de ses condisciples à Maths Sup renseignent que TOS n’a pas fini ses études à Louis Legrand. Il a, selon ces derniers, migré, au bout d’un an, aux Etats unis où il est resté trois années avant d’effectuer un rapide « come back » en France. Puis, il rentre au Sénégal, pour dit-il, « vivre pleinement sa spiritualité ». Thierno Ousmane, à en croire un de ses amis du quartier Sacré Cœur 2, était, depuis son retour, tout le temps entre quatre murs, chapelet en mains. Ce fut ainsi, renseignent nos sources, tout au long de la période 1994-1995. Aussi, nos interlocuteurs expliquent-ils que durant son séjour au pays de l’oncle Sam, TOS se faisait passer, le plus clair du temps, pour un marabout. Il recevait même des gens pour qui il faisait des prières. Comme quoi, « l’homme d’affaires d’avant alternance » était doublé d’un « charlatan ».

Tos, dans un trou financier en 1995

Pour en revenir à sa rencontre de 1995 avec le sieur Insa Diop qui était propriétaire de Azimut, une entreprise individuelle, TOS réussit à convaincre son interlocuteur de l’intégrer dans son affaire en changeant le statut juridique pour en faire une Société anonyme à responsabilités limités (SARL). Par la même occasion, il fait comprendre à son associé que Oumy Mbaye, la fille de Djily Mbaye qu’il a épousée un an plus tard (1996), allait apporter les fonds nécessaires pour l’envol de la boite. Ainsi 33% des parts lui ont été affectées, 33% à Oumy Mbaye et 34% à Insa Diop. Ils décident ensemble d’ouvrir un compte bancaire au nom de Azimut à la Société générale de banques au Sénégal (SGBS) sous la supervision d’un fondé de pouvoir du nom de Ibrahima Guèye. L’expérience de Azimut n’a malheureusement pas été concluante pour le trio qui rencontre énormément de difficultés. Car Thierno Ousmane Sy ne s’est pas acquitté de ses engagements selon lesquelles de l’argent allait être injecté dans le business pour le booster. La parade servie à son associé est que « la manne avait été investie dans le pétrole avec des partenaires nigérians et que l’affaire avait foiré ». Du coup Thierno Ousmane disait se retrouver dans « un trou financier » l’empêchant de mener à bon terme ses projets. Un fait qui vient contredire les affirmations faites dans le journal « L’observateur » par le « M. NTIC de Wade » qui déclare : « J’ai commencé dans le secteur privé en 1990 alors que j’étais étudiant. J’ai eu mes premiers contrats de consultant informatique avec Fnac Wmd. A partir de 1993-1994, j’ai réuni les fonds provenant d’abord de celle qui deviendra ma première épouse et de l’apport de mon père. Avec ces fonds et des partenaires privés, personnes morales ou physiques, je me suis lancé dans des opérations privées avec des partenaires, notamment dans les médias, dans l’immobilier, dans le conseil, dans le trading, etc ».

Il est par ailleurs à signaler que Azimut était domiciliée à la villa 13 bis de la Patte d’Oie Builders et immatriculée chez le notaire Me Moustapha Ndiaye où la copie de l’enregistrement des statuts existe toujours puisque le Conseil d’administration ne s’est jamais réuni pour dissoudre l’entité. Sans considérer le fait que pour rentrer dans ses droits le sieur Diop avait remis le dossier à Me Makhtar Diop associé aux avocats Youm et Guèye pour ester en justice contre TOS. A l’époque, Thierno Ousmane Sy vivait dans un appartement au 6e étage de l’immeuble Fayçal. Lieu qu’il transformera en bureaux après 2000 pour y orchestrer toutes ses manœuvres. Il en confie d’ailleurs la gestion à son frère Arona qui en devient le directeur général.

Des sources indiquent aussi que les deux enfants Sy (Thierno Ousmane Sy et Arona) ont connu une expérience infructueuse avec la mise en place de la société Horia-Import-Export en 1997. Dans cette affaire d’élevage de poussins initiée en 1997 à l’avenue Bourguiba, ils se sont naturellement plantés car affirmaient-il « une aide attendue d’amis a fait défaut ». A partir de 2000, avec la prise du pouvoir par les libéraux dont le père Cheikh Tidiane est un baron, TOS décide d’user de sa position de pouvoir pour se faire de l’argent plus facilement. La première affaire fut la réservation du nom de domaine de la Sonatel. Une affaire pour laquelle dit-il « Idrissa l’a roulé ». Du coup, il décide de se rapprocher de Karim Wade, certainement plus facile à manipuler.

Création de sociétés écrans depuis 2000

Les frères Sy, des gorgorlous avant 2000, même si TOS roulait avec une vieille Rolls Royce qui, selon des confidences, ne lui appartenait pas, sont subitement à la base de la création de plusieurs sociétés qui brassent des milliards. D’abord Horimex dont la dénomination est dérivée de l’entreprise Horia Import Export voit le jour en 2000. Celle-ci se révèle au public avec l’histoire de surfacturations dans le marché des cartes d’identité numérisées. En réalité, Horimex servait de société intermédiaire, comme c’est le cas dans l’affaire Sudatel, qui paye des commissions à des courtiers et sociétés Off Shore. D’autres entreprises telles Sigma technologies, Genesis, Omega Consulting, Expertice… verront le jour entre 2000 et 2005 sous le contrôle de Thierno Ousmane et de son frère Arona Sy.

Aujourd’hui, douze ans après l’Alternance, le listing des biens des Sy est impressionnant. Si on en croit, TOS qui se confiait aux enquêteurs de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), sa fortune est faite de : deux biens immobiliers au Sénégal, trois aux Etats unis. Son parc automobile est riche de 6 véhicules dont une Rolls Royce, une Mercedes 600, une Bmw 300, une CLS300 et une Touareg. Ses comptes bancaires sont au nombre de quatre dont deux au Sénégal et deux autres ouvertes dans des banques américaines.

Alioune Badara Coulibaly

(Source : La Gazette, 28 décembre 2012)

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