Réseaux sociaux : les restrictions d’âge se multiplient, la Mauritanie rejoint le mouvement
mardi 22 septembre 2026
La protection des mineurs devient un nouvel axe de régulation des réseaux sociaux en Afrique. Plusieurs États cherchent désormais à encadrer leur accès aux plateformes et les pratiques susceptibles de les exposer à certains risques.
La Mauritanie prépare un cadre national destiné à encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, avec un seuil fixé à 16 ans. Adoptée par le Conseil des ministres la semaine dernière, la mesure prévoit également plusieurs restrictions sur le fonctionnement des plateformes.
Le gouvernement prévoit notamment de désactiver les algorithmes de recommandation pour les mineurs, d’arrêter par défaut le défilement infini et la lecture automatique, d’interdire le ciblage publicitaire et de bloquer les messages provenant d’inconnus. Des restrictions sont également envisagées pour les diffusions en direct et l’accès nocturne, ainsi qu’un programme de sensibilisation et un mécanisme de signalement et d’accompagnement des enfants exposés aux risques numériques.
Une première série de mesures existe déjà en Afrique
Au Gabon, une ordonnance adoptée en février 2026 a fixé la majorité numérique à 16 ans et interdit la création de comptes sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques aux moins de 16 ans, avec certaines exceptions pour les services éducatifs, culturels ou scientifiques. Les plateformes devront également mettre en œuvre, dans un délai de douze mois, des mécanismes techniques de vérification de l’âge lors des nouvelles inscriptions.
D’autres pays africains travaillent encore sur des dispositifs similaires. Le Rwanda prépare une restriction visant les moins de 16 ans, tandis que le Sénégal et le Nigeria étudient respectivement des mécanismes de limitation d’âge, de vérification de l’identité et de responsabilité des plateformes.
Un cadre continental pour protéger les enfants en ligne
Cette multiplication des initiatives intervient alors que l’Union africaine a déjà posé un cadre continental pour renforcer la protection des enfants dans l’environnement numérique. En 2024, l’institution a adopté sa Child Online Safety and Empowerment Policy, destinée à aider les États membres à renforcer leurs dispositifs nationaux. Le document ne porte pas uniquement sur l’âge d’accès : il recommande notamment de renforcer les législations, de mieux protéger les données et l’identité des enfants, de responsabiliser les entreprises technologiques, de développer l’éducation numérique et de mettre en place des mécanismes de signalement et de soutien.
Cette orientation répond à une exposition croissante des enfants aux usages numériques et aux risques qui les accompagnent. Une étude du programme Disrupting Harm, menée dans 13 pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, a ainsi révélé que jusqu’à 20 % des 12-17 ans interrogés avaient subi une forme d’abus sexuel en ligne au cours des douze mois précédant l’enquête. Ce chiffre ne constitue toutefois pas une moyenne pour l’ensemble de l’Afrique, les résultats variant selon les pays étudiés.
Pour la Mauritanie, le cadre annoncé reste à traduire dans les dispositifs juridiques et techniques qui permettront son application. Une commission réunissant plusieurs ministères ainsi que les organismes chargés de l’état civil et de la protection des données est chargée de préparer les modalités de mise en œuvre du contrôle de l’âge et des autres mesures prévues.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 22 septembre 2026)
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